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Meyer Habib alerte sur les propos antisémites de journalistes de France 24

"Le gouvernement garde le silence sur l’antisémitisme niché au cœur du service public", a lancé le député, interpellant la ministre de la Culture quant à son manque de réaction

Le député français apparenté "Les Républicains" Meyer Habib à l'Assemblée nationale, à Paris, le 28 novembre 2022. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)
Le député français apparenté "Les Républicains" Meyer Habib à l'Assemblée nationale, à Paris, le 28 novembre 2022. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

La semaine dernière, à l’Assemblée nationale, à Paris, Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger, a interpellé le gouvernement au sujet des insultes antisémites et de la propagande anti-Israël de journalistes arabophones de la chaîne France 24.

« Le gouvernement garde le silence sur l’antisémitisme niché au cœur du service public », a lancé le député, interpellant la ministre française de la Culture Rima Abdul Malak quant à son manque de réaction.

« ‘Levez-vous monsieur Hitler, levez-vous ! Il y a des personnes qui ont besoin d’être brûlées !’ ; ‘Il incombe à chaque Palestinien de tuer un Juif et l’affaire est close’ : […] ce sont les tweets de journalistes de la chaîne arabophone publique France 24 appelant à la haine des Juifs et d’Israël ! Pourquoi aucune réaction du gouvernement face à ces propos néo-nazis financés par les impôts des Français sur le service public ?! », a interrogé Meyer Habib.

La ministre a répondu par des mimiques d’agacement.

« Trois des quatre journalistes mis en cause sont toujours en poste et rémunérés par les impôts des Français. Aucune réaction de votre part face à ces propos néonazis », s’est-il insurgé. « Notre démocratie mérite mieux que le reducto ad hitlerum théorisé après-guerre par les staliniens. Et repris dimanche par Mélenchon et ses propos mensongers et scandaleux sur le président du Crif, alors que nous commémorions la Rafle du Vel’ d’Hiv’. La bête immonde a de vrais fantassins dans l’espace politique et médiatique, mais en attaquant Cnews et Europe 1, le gouvernement se trompe de tanière ! », a-t-il poursuivi. « Madame la ministre, pourquoi cette hémiplégie intellectuelle ? Votre croisade moralisatrice masque mal votre complaisance vis à vis du nouvel antisémitisme qu’est la diabolisation d’Israël », a-t-il lancé, exhortant la ministre à « mettre le même zèle contre les journalistes antisémites de France 24 que celui déployé contre Vincent Bolloré ! ».

Sa question à l’assemblée n’a pas reçu de réponse.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a salué l’intervention du député ce mardi dans un communiqué.

« Le fait que la ministre ait paru agacée et n’ait pas jugé nécessaire de répondre à ces propos soulève des interrogations quant à son engagement pour la lutte contre la haine et l’extrémisme », a écrit le BNVCA. « Il est essentiel que les responsables politiques condamnent fermement de tels discours et prennent des mesures concrètes pour promouvoir la tolérance et lutter contre le racisme et l’antisémitisme et que ce terreau de haine ne constitue pas un sujet de convoitise politique. »

En mars dernier, France 24 avait prononcé un « rappel à l’ordre » à l’encontre de trois journalistes arabophones mis en cause pour des messages hostiles à Israël, selon un communiqué d’abord diffusé en interne puis mis en ligne sur le site de la chaîne.

La chaine s’était également séparée d’une journaliste freelance arabophone travaillant pour elle au Liban et accusée d’avoir publié par le passé des messages antisémites sur les réseaux sociaux – ceux cités par Meyer Habib à l’Assemblée.

France 24, qui dépend de France Médias Monde, structure publique chargée de l’audiovisuel extérieur de la France, avait assuré vouloir déposer plainte contre cette journaliste, Joëlle Maroun, qui n’était pas une de ses salariés mais était employée par une société de production externe.

Ces décisions avaient été prises à l’issue d’une enquête interne sur le cas de ces quatre journalistes arabophones, Joëlle Maroun, Laila Odeh (correspondante à Jérusalem), Dina Abi Saab (correspondante à Genève) et Sharif Bibi.

France 24 avait annoncé leur suspension « par mesure conservatoire » en attendant les résultats de cet audit.

Ces quatre journalistes avaient auparavant fait l’objet de mises en cause par l’ONG américaine CAMERA, reprises par le Centre Simon Wiesenthal, pour d’anciennes publications sur les réseaux sociaux.

Outre ceux de Joëlle Maroun, les autres messages exhumés par l’ONG et signés par les trois autres journalistes prenaient parti contre Israël dans le conflit israélo-palestinien.

CAMERA a ainsi accusé la correspondante de France 24 à Jérusalem, Laila Odeh, qui couvre de longue date l’actualité israélienne et palestinienne, de laisser depuis longtemps « ses sentiments anti-israéliens imprégner ses reportages, ne respectant pas les normes journalistiques fondamentales d’objectivité et d’exactitude ».

« Sœur fière et endeuillée d’un terroriste du Fatah tué lors d’un affrontement avec des soldats de Tsahal près de la ville israélienne de Beit She’an en juin 1970, alors qu’elle n’était qu’une enfant, Odeh exprime son antipathie encore plus ouvertement sur les réseaux sociaux », écrit CAMERA. Dans ses messages, elle a notamment régulièrement glorifié les auteurs d’actes terroristes.

« Parce que je suis une réfugiée palestinienne, j’exige de la Ligue arabe qu’elle m’arme pour que je récupère ma terre qu’Israël a illégalement occupée. Et parce que je suis la sœur d’un martyr, je demande à la Ligue arabe de m’armer pour récupérer le corps de mon frère martyr », a-t-elle notamment posté.

« …Israël se décharge du complexe de son Holocauste sur les Palestiniens, il méprise Hitler tout en étant devenu une version de lui », a-elle écrit dans un autre message.

La journaliste de France 24 Dina Abi-Saab, lors d’un reportage depuis Genève, en Suisse, le 10 juin 2019. (Crédit : France 24)>

La Libanaise Dina Abi-Saab, correspondante de France 24 à Genève depuis février 2016, couvrant les questions liées à l’ONU, y compris les sujets impliquant Israël, s’est elle « réjouie de la résistance palestinienne ».

Elle a ainsi fêté les roquettes tombant sur la population civile israélienne ; a accusé l’immigration juive en Israël (« Palestine ») d’être à l’origine de tous les problèmes au Moyen-Orient ; et, comme Odeh avant elle, elle a glorifié Omar Abu Leila, qui a assassiné un civil juif, en le qualifiant de « martyr ». Elle a aussi comparé le bombardement par l’armée israélienne de tours vides à Gaza – dont les occupants ont été évacués après avoir reçu un préavis de l’armée – aux attaques terroristes du 11 septembre.

« Il se peut qu’à l’avenir je doive m’excuser auprès d’Israël, car à partir de maintenant et jusqu’à la mort, son nom restera Palestine de la rivière à la mer, et les noms des villages et des villes resteront palestiniens, et je n’ai pas cessé d’espérer qu’il [Israël] soit anéanti – ce statut [Facebook] est à garder en lieu sûr », a-t-elle aussi publié.

Un autre individu, Sharif Bibi, a lui aussi été accusé d’antisémitisme – « bien que ses posts reflètent presque les mêmes niveaux de toxicité et de désinformation, ils sont moins nombreux et plus espacés ».

La régie de France 24 en décembre 2006. (Crédit : Luca Conti / Flickr / CC BY 2.0)

Concernant les trois journalistes visés par un « rappel à l’ordre », « certains de leurs messages postés sur les réseaux sociaux apparaissent comme des prises de position incompatibles avec le devoir d’impartialité figurant dans la charte de déontologie du groupe et notamment dans les principes encadrant les comptes personnels », a écrit la chaîne dans son communiqué de mars.

« L’usage personnel des réseaux sociaux doit respecter rigoureusement ce cadre déontologique et il est attendu de ces journalistes qu’ils y adhèrent clairement. Leurs collaborations avec France 24 pourront se poursuivre dans ce cadre », a-t-elle ajouté.

Enfin, « un travail commun sera entrepris par la direction et les sociétés de journalistes » de France Médias Monde, « pour approfondir les principes de la charte qui encadrent l’usage des comptes personnels des collaborateurs sur les réseaux sociaux ».

Au sujet de Joëlle Maroun, France 24 a, « à la suite de l’audit qui a permis d’authentifier les publications, signifié à la société de production qui emploie la journaliste au Liban que la chaîne mettait fin à toute collaboration avec » elle, avait-elle indiqué.

En cause : des « messages intolérables postés sur ses comptes personnels, aux antipodes des valeurs défendues par les antennes de la chaîne internationale et pénalement répréhensibles », selon France 24, qui a des antennes en français, en anglais, en arabe et en espagnol.

Elle assure qu’elle « déposera également plainte » contre la journaliste, « pour le préjudice porté à sa réputation et au professionnalisme de la rédaction ».

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