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Michaeli décroche un deuxième mandat à la tête du Parti travailliste

La ministre des Transports a recueilli 82 % des voix, devant le secrétaire général du parti. Elle a déclaré, comme Herzl avant elle : « Si vous le voulez, ce n’est pas un rêve »

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

La cheffe du parti travailliste et ministre des Transports Merav Michaeli assiste à une conférence de presse à la nouvelle station Allenby, qui fait partie du système de tramway en développement à Tel Aviv, le 23 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
La cheffe du parti travailliste et ministre des Transports Merav Michaeli assiste à une conférence de presse à la nouvelle station Allenby, qui fait partie du système de tramway en développement à Tel Aviv, le 23 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Merav Michaeli a remporté la primaire du Parti travailliste lundi, première présidente de l’histoire à conserver son siège à l’issue de scrutins successifs depuis que le parti a commencé à organiser des primaires, en 1992.

La présidente du Parti travailliste et ministre des Transports l’a emporté avec 82  des suffrages exprimés, largement devant son unique challenger, le secrétaire général, Eran Hermoni, crédité de 16 % des suffrages. Le pourcentage restant correspond à des votes nuls.

La primaire du Parti travailliste pour le reste de la liste aura lieu le 9 août, en prévision des élections à la Knesset, le 1er novembre.

S’adressant aux journalistes à Tel Aviv lundi, Michaeli a déclaré s’être « battue » pour reconstruire le Parti travailliste à un moment où il risquait de passer sous le seuil requis pour être représenté à la Knesset.

« Il y a un an, le parti travailliste était à 0,3 % dans les sondages. Je me suis battue pour convaincre que le parti était viable, contre tous ceux qui soutenaient le contraire », a expliqué Michaeli, indiquant plus tard aux journalistes qu’« il y avait seulement un an et demi, tout cela semblait impossible ».

« J’ai réussi, nous avons réussi et construit la base. Maintenant, à nous de nous construire le reste de la maison », a-t-elle ajouté.

La chef du parti travailliste et ministre des Transports, Merav Michaeli, vote par téléphone pour les primaires de son parti, à son siège de Tel Aviv, le 18 juillet 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Faisant sien l’aphorisme de Theodore Herzl -« Si vous le voulez, ce n’est pas un rêve » -, Michaeli a déclaré dans son discours, à l’issue de sa victoire que c’était celle « des valeurs ».

« [Le Parti travailliste] n’abandonne pas ses valeurs, le sionisme et notre Israël bien-aimé », a-t-elle rappelé.

Dans une interview accordée lundi au Times of Israel, quelques heures avant la publication des résultats de la primaire, Michaeli affirmait son engagement à lutter contre la hausse du coût de la vie en Israël.

Sa réélection fait suite à une année tumultueuse pour la coalition gouvernementale la plus composite qu’ait connue Israël. Allié fidèle de cette coalition qui comptait dans ses rangs des partis couvrant tout le spectre politique, le Parti travailliste a su être une force stabilisatrice pendant la période de chaos politique, a rappelé Michaeli.

« Nous ne voulions pas de ces élections, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour les éviter. Mais maintenant qu’elles sont là, eh bien nous y allons la tête haute », a conclu Michaeli.

Le parti travailliste a été durant des décennies une force politique de premier plan, avant de reculer au cours des 20 dernières années, dans le sillage de la crise de la gauche, alimentée par l’Intifada qui a suivi les Accords d’Oslo et la stagnation politique.

Le parti travailliste, qui comptait 260 000 membres en 1996, n’en revendique plus aujourd’hui qu’un huitième environ, soit 36 000.

La moitié environ des membres du Parti travailliste autorisés à prendre part au vote ont participé à cette primaire, soit une augmentation de 35 % par rapport au scrutin de 2021, a précisé un porte-parole du parti travailliste.

Le Secrétaire général du parti travailliste, Eran Hermoni. (Courtoisie)

Hermoni a, pour sa part, mené une campagne sur deux grands axes, estimant que le Parti travailliste devait se rapprocher du centre politique et que Michaeli n’avait pas ce qu’il fallait pour ramener le parti aux affaires.

Suite à la victoire de Michaeli, Hermoni a adressé ses félicitations, confiant son espoir que les « graines semées » aideront le Parti travailliste à aller dans la direction qu’il préconise.

« Je suis très fier de la campagne que nous avons menée. Plus de 2 400 membres du parti m’ont exprimé leur confiance et leur attente d’un parti travailliste fort, centriste et social, un grand parti au pouvoir. Les graines que nous avons semées à ce moment-là vont germer et permettre au mouvement travailliste de renouer avec des jours glorieux », a confié Hermoni.

Le Premier ministre Yair Lapid et l’ex-dirigeante du Meretz, Zehava Galon, se sont empressés de féliciter Michaeli. Galon envisagerait un retour en politique, et pourrait annoncer sa candidature à la tête du Meretz dans les prochains jours. Il se dit que Galon aimerait une coalition du Meretz avec le Parti travailliste en vue des prochaines élections, éventualité que Michaeli a jusqu’à présent systématiquement écartée.

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