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Michaeli veut bien siéger avec les haredim, mais exclut toute fusion avec le Meretz

Selon la ministre des Transports, le problème majeur en ce qui concerne la coopération avec les partis ultra-orthodoxes est leur "asservissement" à Netanyahu

La ministre des Transports Merav Michaeli lors d'une réunion de faction du parti Travailliste à la Knesset, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La ministre des Transports Merav Michaeli lors d'une réunion de faction du parti Travailliste à la Knesset, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La leader du parti travailliste Merav Michaeli a déclaré lundi qu’elle n’excluait pas de siéger dans un gouvernement avec les partis ultra-orthodoxes et que son parti ne se présentera pas sur une plateforme unique avec le Meretz, plus modéré.

S’adressant à la Treizième chaîne, Mme Michaeli a été interrogée sur sa position vis-à-vis des des partis ultra-orthodoxes après avoir été aperçue dimanche au mariage de la petite-fille du chef du parti Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, en compagnie d’autres parlementaires.

Mme Michaeli, qui est une fervente partisane des droits laïques, a déclaré qu’elle n’avait aucun problème à coopérer avec les partis haredis, à l’exception du fait qu’ils se sont alliés au chef de l’opposition Benjamin Netanyahu et à son parti, le Likud.

« J’ai beaucoup de respect pour la communauté haredi », a déclaré Mme Michaeli. « Malheureusement, les partis ultra-orthodoxes se sont enchaînés à Netanyahu ces dernières années. »

« Je n’ai jamais disqualifié les partis ultra-orthodoxes ; ce sont eux qui ont disqualifié tout le monde, à l’exception de Netanyahu. Je pense qu’ils le paient très cher, et surtout que leur communauté paie très cher cet asservissement à Netanyahu », a-t-elle déclaré à la Treizième chaîne.

Michaeli a également déclaré qu’elle n’avait pas l’intention de se présenter à nouveau sur une liste commune avec le parti de gauche Meretz, comme ce fut le cas il y a deux ans, même si les récents sondages montrent que les deux partis sont en difficulté, le Meretz risquant de ne pas atteindre le seuil électoral fixé pour intégrer Knesset. (Même si les sondages d’opinion en Israël sont généralement peu fiables, ils ont néanmoins une forte influence sur les politiciens et les électeurs.)

« L’expérience d’une coopération entre le parti Travailliste et le Meretz a déjà échoué. Ça a été un véritable échec », a-t-elle déclaré.

Les deux partis s’étaient présentés ensemble aux élections de mars 2020, remportant sept sièges. Lors des élections de mars 2021, Michaeli a mené le parti travailliste à sept sièges, tandis que Meretz en a remporté six.

Mme Michaeli a déclaré qu’elle souhaitait plutôt construire un parti de « centre-gauche » fort, axé sur les valeurs libérales.

Les commentaires de Mme Michaeli ont été faits au  lendemain de sa présence à un mariage ultra-orthodoxe en compagnie d’autres parlementaires, dont le ministre des Affaires sociales, Meir Cohen, et le président de la Knesset, Mickey Levy, de Yesh Atid, le ministre de la Justice, Gideon Saar, de Tikva Hadasha, le leader du Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, le député Yamina, Idit Silman, et les députés David Bitan et May Golan, du Likud.

Le parti Yahadout HaTorah de Gafni, bien que faisant partie du bloc dirigé par le Likud de Benjamin Netanyahu, est considérée par certains commentateurs politiques comme un parti qui pourrait potentiellement faire pencher la balance lors des élections de novembre.

Gafni avait salué la défection de la députée Idit Silman de la coalition en avril, qui avait déclenché l’effondrement de la coalition, mais avait déclaré que « l’opposition devait faire ses comptes avant de décider qui avait les meilleures chances de former un gouvernement sans passer par des élections ». Bien que Gafni ait par la suite nié que cette déclaration était dirigée contre le leader de l’opposition, Netanyahu, certains y ont vu un signe de la diminution de son soutien à l’ancien Premier ministre.

Pour autant, pas tout le monde n’a été impressionné par la liste des invités de Gafni.

Michaeli, qui a été filmé en train de danser main dans la main avec la mariée, Tamar Brecher, a particulièrement suscité l’indignation du public haredi.

« Pour quelle raison y a-t-il une cloison si la danse des femmes est filmée et partagée pour les yeux de centaines de milliers d’hommes en ligne ? », a demandé le notable journaliste haredi Aryeh Erlich. « Où est donc passée la pudeur du public haredi ? ».

Le journaliste haredi Yishai Cohen a ajouté : « Quel message Gafni envoie-t-il en invitant Michaeli comme invitée d’honneur ? Apparemment, Yahadout HaTorah souffre du syndrome de la femme battue ».

Les députés haredi ont également suggéré que Gafni pourrait avoir à payer un prix politique pour avoir invité Michaeli.

« Personne parmi nous ne va lui parler aujourd’hui », a déclaré un responsable anonyme de Yahadout HaTorah à Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel.

« Le dommage que [Gafni] a causé à Yahadout HaTorah est énorme », a ajouté le fonctionnaire anonyme. « S’il part, cela ne peut que profiter à tout le monde. Il tape sur les nerfs des gens ces derniers temps. »

Le membre du parti Yahadout HaTorah Yitzhak Pindros lors d’un débat dans une commission à la Knesset, le parlement israélien à Jérusalem, le 20 mai 2019. (Crédit :Hadas Parush/Flash90)

Prenant la défense de Gafni, le député Yahadout HaTorah a déclaré : « Oui, nous invitons des collègues politiques à des occasions heureuses et nous n’appelons pas la sécurité si, Dieu nous en préserve, ils se mettent à danser. »

Mais Pindrus a également déclaré que les haredim « n’oublieront jamais et ne pardonneront jamais Michaeli… qu’elle rejoigne la coalition [avec Netanyahu] ou qu’elle quitte carrément la politique ».

Depuis un an, Michaeli a fortement plaidé en faveur des transports publics le jour du Shabbat, ce à quoi les partis haredi s’opposent fermement. Après avoir échoué à introduire des réformes qui permettraient aux bus de fonctionner le jour du Shabbat, Michaeli a récemment essayé de promouvoir une réforme qui permettrait aux autorités locales de faire tourner des services de taxi le jour de repos juif.

Tobias Siegal a contribué à cet article.

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