Miri Regev demande l’ouverture d’une enquête sur un théâtre arabe
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Miri Regev demande l’ouverture d’une enquête sur un théâtre arabe

La définition de "terroriste" oppose la ministre de la Culture et le cinéma Al-Midan de Haïfa ; les querelles s'intensifient

Le théâtre Al-Midan à Haïfa (Crédit : Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0)
Le théâtre Al-Midan à Haïfa (Crédit : Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0)

Le conflit qui oppose Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports et le seul théâtre arabophone d’Israël a franchi une nouvelle étape ce lundi. La ministre a demandé au procureur général d’enquêter sur le président et directeur artistique du théâtre, sur une éventuelle provocation contre les soldats israéliens, selon la Dixième chaîne.

Cette querelle a commencé il y a deux ans, quand le ministère de la Culture a suspendu le financement du théâtre Al-Midan de Haïfa, qui avait produit la pièce « Parralel Time ».

Cette pièce était apparemment inspirée d’un prisonnier israélien Walid Daka, emprisonné à perpétuité pour son implication dans l’enlèvement et le meurtre d’un soldat israélien Moshe Tamam, en 1984.

Dimanche, le directeur artistique du théâtre Amar Khalikha a affirmé sur la Première chaîne que Daka n’était pas un terroriste, mais un détenu pour des raisons de sécurité.

Gila, la mère de Moshe Tamam, enlevé et assassiné par un groupe d'Arabes israéliens en 1984. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Gila, la mère de Moshe Tamam, enlevé et assassiné par un groupe d’Arabes israéliens en 1984. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Lundi, Joseph Atrash, président du conseil du théâtre, a déclaré à la radio israélienne que le meurtre d’un soldat dans le cadre d’une guerre contre l’occupation ne se qualifiait pas d’acte terroriste.

« Le vrai visage du théâtre Al-Midan a été dévoilé », a déclaré Regev à la radio lundi.

« Au regard des propos tenus par les deux décideurs du théâtre Al-Midan, je me suis adressée au procureur général et je lui ai demandé d’ouvrir une enquête pour suspicion de provocation contre l’armée israélienne », a déclaré Regev aux médias israéliens.

Sur sa page Facebook, elle a accusé le théâtre Al-Midan de « continuer à tenir une conduite anti-Israël qui soutient le terrorisme ».

Ce « théâtre de l’absurde » connaîtra sa fin avec l’adoption d’une loi sur « la loyauté culturelle », a-t-elle ajouté. Elle avait déposé ce projet de loi en janvier 2016. Il est censé définir la latitude dont dispose l’État pour suspendre les subventions aux activités qui portent préjudice à l’État et à ses valeurs ».

MK Miri Regev participates in Knesset committee in May. (photo credit: Uri Lenz/FLASH90)
Miri Regev (Crédit photo : Uri Lenz/Flash90)

Joseph Atrash a répondu sur la Dixième chaîne que «la ministre Regev a affirmé durant les 4 derniers mois que le gel du financement du théâtre Al-Midan était une question d’ordre administrative et ne relevait aucunement d’une persécution politique. Aujourd’hui, la ministre Regev a dévoilé le vrai visage de la démocratie israélienne ».

« Nous avons des informations pour vous, ministre Regev », a-t-il poursuivi. « Le théâtre Al-Midan ne fermera pas. »

Vendredi, le théâtre a entamé une grève pour protester contre le ministère de la Culture, qui n’a pas transféré les fonds alloués pour 2016 et les provisions pour 2017, a indiqué le quotidien Haaretz.

Dimanche, les membres du conseil administratif du théâtre Al-Midan ont été entendus par le ministère de la Culture, où ils ont abordé la question des fonds, et affirmé que ce gel était politiquement motivé.

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