« Miriam Adelson, bien plus riche que Sheldon, gère politique et philanthropie »
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« Miriam Adelson, bien plus riche que Sheldon, gère politique et philanthropie »

Le premier don de Sheldon Adelson a été de 1 000 $ en 1984 pour le candidat démocrate au Sénat, John Kerry, avec qui il s'opposera pour l'accord nucléaire iranien 30 ans plus tard

Le président américain Donald Trump remet la Médaille présidentielle de la liberté à Miriam Adelson lors d'une cérémonie dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 16 novembre 2018. (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)
Le président américain Donald Trump remet la Médaille présidentielle de la liberté à Miriam Adelson lors d'une cérémonie dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 16 novembre 2018. (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)

Le Dr Miriam Adelson, l’épouse du mégadonateur et philanthrope Sheldon Adelson, originaire de Tel Aviv, est en fait « beaucoup plus riche » que son mari, a rapporté lundi le Guardian.

Dans un portrait de la série Big Money financée par la Fondation Ford du quotidien britannique, pour lequel Adelson a refusé d’être interviewée, le Guardian note que si Sheldon Adelson figure en 21e position sur la liste des milliardaires du magazine Forbes en 2018 et que Miriam « n’apparaît nulle part », elle contrôle directement 41,6 % des parts – représentant actuellement 17,4 milliards de dollars – dans leur société de casino Las Vegas Sands Corp, contre 10 % pour son propriétaire. Ses actifs financiers globaux, est-il ajouté, « font de Miriam une femme plus riche que certains des hommes les plus riches du monde, dont Rupert Murdoch et Charles Schwab ».

Miriam Adelson, 73 ans, est « le moteur des activités politiques et philanthropiques du couple, qu’il s’agisse de faire pression pour le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem ou de donner 113 millions de dollars pour les élections de mi-mandat de cette année », affirme l’article du Guardian.

« Tout le monde dit que c’est Sheldon, mais en fait c’est Miriam », dit dans des propos rapportés Michael Cherry, juge en chef adjoint de la Cour suprême du Nevada et membre du conseil de la clinique de méthadone de Las Vegas, créée par les Adelson.

L’article rapporte également, citant les archives électorales fédérales, que le premier don politique de Sheldon Adelson a été, ironiquement, une somme de 1 000 dollars, en 1984, pour ce qui s’est avéré être la campagne réussie du candidat démocrate du Massachusetts au Sénat américain, John Kerry.

Le secrétaire d’État américain John Kerry, (à gauche), rencontre le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif au siège des Nations Unies le samedi 26 septembre 2015. (AP/Craig Ruttle)

Adelson, 85 ans, est devenu par la suite le plus grand donateur de la politique américaine pour les républicains et a été le plus grand donateur de la campagne présidentielle de Donald Trump et du Parti républicain en 2016. Il a été l’un des principaux opposants à l’accord que Kerry, en tant que secrétaire d’État du président Barack Obama, a négocié avec l’Iran au sujet de son programme nucléaire malhonnête, a fait des donations l’an dernier aux candidats républicains qui s’y sont opposés et est largement reconnu comme un acteur clé dans la décision de Trump de se retirer de cet accord.

Les premières contributions politiques américaines de Miriam Adelson, à partir de 1991, ont également été versées aux démocrates, rapporte le Guardian. Aujourd’hui, chaque membre couple fait un don équivalent. Le Guardian précise que « l’un des rares indices extérieurs du rôle puissant de Miriam vient des contributions politiques du couple – pour elle et pour lui – faites aux mêmes candidats et causes, en montants identiques ». Par exemple, lorsqu’ils ont « donné 30 millions de dollars au Congressional Leadership Fund, consacré à l’élection des républicains à la Chambre des représentants des États-Unis, en mai dernier, il s’agissait de 15 millions de dollars de sa part à elle, et 15 millions de sa part à lui ».

Sheldon Adelson, directeur général de Las Vegas Sands Corporation et méga donateur républicain, est assis parmi le public avant l’arrivée du président américain Donald Trump pour une cérémonie de remise de la médaille présidentielle de la Liberté dans la salle Est de la Maison Blanche, le 16 novembre 2018 à Washington. La médaille présidentielle de la Liberté a été décernée à Miriam Adelson, l’épouse d’Adelson. (AP Photo/Andrew Harnik)

Miriam Adelson est devenue l’été dernier l’éditrice d’Israel Hayom, le journal le plus lu en Israël, un quotidien gratuit généralement pro-Netanyahu fondé par les Adelson et qui, selon le Guardian, « lui appartient ».

En novembre dernier, le président américain Donald Trump lui a remis la plus haute distinction civile du pays, la Médaille présidentielle de la Liberté. En reconnaissance de son action dans le domaine médical et philanthropique, le président l’a félicitée pour le financement de centres de désintoxication et de projets pro-Israël, dont Birthright-Taglit. « Pour préserver le patrimoine sacré de la foi juive, Miriam et Sheldon ont soutenu des écoles juives, des organisations mémorielles de la Shoah et aidé des Juifs américains à visiter la Terre Sainte », a déclaré Trump pendant une réception dans la salle Est de la Maison Blanche.

« Miriam, qui est médecin, a consacré sa vie à la lutte contre la toxicomanie, quelque chose que nous connaissons tous trop bien », a dit M. Trump dans son discours. Le frère du président, Fred, est mort jeune à cause de son alcoolisme.

L’article du Guardian notait également que « la politique n’est nullement la préoccupation principale des Adelson », citant la fondation, en 1993 à Tel Aviv, d’une clinique de désintoxication, et sept ans plus tard, de celle de Las Vegas où elle a dit elle-même traiter parfois des patients.

« En élevant leurs deux fils à Las Vegas, les Adelson ont également donné environ 100 millions de dollars pour transformer l’école hébraïque de la région en une institution scolaire de la maternelle à la Terminale », dit l’article. Selon le rapport, l’école maintient une politique stricte de non-drogue, exigeant que tous les élèves et les employés subissent des tests de dépistage de drogues inopinés trois ou quatre fois par an. Miriam fait elle-même certains des tests, selon le directeur de la communication de l’école, Matt Boland. « Ceux qui échouent à un test sont conseillés en privé, avec une sensibilisation sur les effets physiques et mentaux de la drogue », dit le rapport.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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