Mont du Temple : le Fatah appelle à « une journée de la colère »
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Mont du Temple : le Fatah appelle à « une journée de la colère »

Les responsables critiquent les "procédures terroristes" israéliennes dans la Vieille Ville après l'installation de détecteurs de métaux et de caméras. Une nuit d'agitation a fait au moins 15 blessés à Jérusalem-Est

Un Palestinien interpelle les garde-frontières israéliens se tenant à côté des nouveaux détecteurs de métaux à l'entrée principale du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017, après la réouverture de ce site ultra-sensible (Crédit :  AHMAD GHARABLI/AFP PHOTO)
Un Palestinien interpelle les garde-frontières israéliens se tenant à côté des nouveaux détecteurs de métaux à l'entrée principale du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017, après la réouverture de ce site ultra-sensible (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP PHOTO)

Le mouvement du Fatah, avec à sa tête le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a appelé à une « journée de colère » mercredi pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité mises en place depuis dimanche au mont du Temple, quarante-huit heures après un attentat terroriste commis par des Israéliens arabes au cours duquel deux policiers israéliens ont trouvé la mort.

Suite à l’attaque de vendredi, Israël avait fermé l’accès au complexe du mont du Temple pour la première fois depuis des décennies. Le site a été rouvert aux musulmans dimanche et aux non-musulmans lundi.

Dans le cadre des mesures de sécurité prises dans le sillage de l’attentat à l’arme à feu et pour empêcher que ne se répètent de telles attaques, la police a installé des détecteurs de métaux à l’entrée du site qui, selon le chef de la police de Jérusalem Yoram Halevi, étaient nécessaires pour sa réouverture. Les tireurs de vendredi, des habitants de la ville israélienne d’Umm al-Fahm, dans le nord du pays, avaient émergé armés du complexe et ouvert le feu sur des agents des forces de l’ordre stationnés à l’extérieur.

Le Fatah a appelé lundi à des marches dans toute la Cisjordanie vers des points de contrôle israéliens pour protester contre les nouvelles mesures et annoncé que les prières du vendredi – lorsque de nombreux fidèles se rendent au mont du Temple – seraient conduites sur des places publiques. Cette décision a été prise suite à une rencontre entre le secrétaire du Conseil révolutionnaire du Fatah Adnan Ghaith, le membre du comité central du Fatah Jamal Muheisin, et des représentants du Fatah du nord de la Cisjordanie.

Le groupe a estimé que ces décisions avaient été prises pour dénoncer les « procédures terroristes » israéliennes, selon un rapport paru dans Maan.

Les responsables ont appelé au maintien du statu-quo délicat sur le mont du Temple, dénonçant une « attaque féroce et organisée » menée par Israël contre les habitants de Jérusalem-Est.

Des policiers israéliens installent des détecteurs de métaux aux abords de la Porte du Lion, entrée principale du mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem, après que les forces de sécurité ont rouvert ce lieu ultra-sensible qui avait été fermé après une attaque meurtrière la semaine dernière, suscitant la colère. Photo prise le 17 juillet 2017 (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP)
Des policiers israéliens installent des détecteurs de métaux aux abords de la Porte du Lion, entrée principale du mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem, après que les forces de sécurité ont rouvert ce lieu ultra-sensible qui avait été fermé après une attaque meurtrière la semaine dernière, suscitant la colère. Photo prise le 17 juillet 2017 (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP)

L’annonce de cette « journée de la colère » survient dans un contexte agité. Pendant la nuit, des émeutiers palestiniens ont fait face aux forces de l’ordre à Jérusalem-Est et dans la Vieille ville, jetant des pierres et des bombes incendiaires et bloquant les routes. Au moins 15 personnes ont été blessées au cours de ces affrontements, a fait savoir le Croissant rouge palestinien.

Les policiers appelés à la porte des Lions pour disperser les manifestants qui bloquaient une route ont été attaqués à l’aide de pierres et d’autres objets.

Le Croissant rouge a fait savoir à l’agence de presse palestinienne Wafa que cinq manifestants ont été blessés durant les confrontations, notamment le président du parti palestinien d’Initiative nationale Mustafa Barghouti. Le rapport de Wafa établit également que trois personnes ont été blessées après avoir été frappées par la police, qu’une personne a été touchée par une grenade incapacitante et que Barghouti a reçu à la tête une balle recouverte de caoutchouc.

Des affrontements ont également été rapportés dans les quartiers de Silwan et Issawiya à Jérusalem -Est. Les émeutiers ont jeté des pierres et des cocktails molotov aux agents de police qui ont répondu à l’aide de dispositifs anti-émeutes.

L’installation de détecteurs de métaux sur le mont du Temple a également suscité l’indignation des autorités religieuses musulmanes chargées de la gestion du mont du Temple. Les musulmans ont fait leurs prières à l’extérieur des détecteurs de métaux pour protester contre leur présence aux entrées.

Aux côtés d’autres groupes islamiques, le Waqf, administrateur du site, a appelé lundi les musulmans à « rejeter et boycotter toutes les mesures d’agression israélienne, notamment le changement du statu-quo historique avec l’installation de détecteurs de métaux ».

Dans un communiqué, le Waqf a appelé les fidèles à ne pas pénétrer dans la mosquée en franchissant les détecteurs de métaux, ajoutant que « si ces détecteurs de métaux continuent à être imposés, nous appellerons les gens à prier devant les portes de la mosquée et dans les rues de Jérusalem ».

Des fidèles musulmans prient aux abords de la Vieille ville de Jérusalem en protestation contre l'installation de détecteurs de métaux aux entrées du mont du Temple, le 17 juillet 2017 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP PHOTO)
Des fidèles musulmans prient aux abords de la Vieille ville de Jérusalem en protestation contre l’installation de détecteurs de métaux aux entrées du mont du Temple, le 17 juillet 2017 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP PHOTO)

Lundi après-midi, de légers affrontements ont éclaté dans la Vieille ville lorsque la police a ordonné à un groupe de manifestants musulmans de quitter la route qu’ils tentaient de bloquer en faisant la prière. La police a indiqué qu’un adolescent musulman a été arrêté après avoir jeté une bouteille en direction des agents.

Des échauffourées ont également pris place dimanche, mais les forces de l’ordre ont indiqué que malgré cela, des centaines de musulmans s’étaient rendus sur le site.

Les Juifs vénèrent le site, où les deux temples Juifs se dressaient à l’époque biblique, du mont du Temple. C’est le lieu le plus saint du judaïsme et le mur Occidental, mur de soutènement de l’un des temples, reste le lieu le plus sacré de prière pour les Juifs.

Les musulmans considèrent le complexe situé sur le même mont comme le noble sanctuaire, qui accueille la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher. C’est le troisième lieu le plus saint de l’islam après la Mecque et Médine en Arabie saoudite.

Une photo prise le 17 juillet 2017 montre le complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem (Crédit : AFP Photo/Thomas Coex)
Une photo prise le 17 juillet 2017 montre le complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem (Crédit : AFP Photo/Thomas Coex)

Le sort réservé au complexe est une question chargée d’émotion et se trouve au centre du narratif national des Israéliens comme des Palestiniens. Tout changement perçu dans les délicats arrangements pris sur le site sont susceptibles d’attiser les tensions. Sa fermeture, après l’attentat de vendredi, a suscité les condamnations du monde arabe. De nombreux pays n’ont par ailleurs fait aucune référence à l’attentat terroriste qui avait précipité cette fermeture.

Dov Lieber a contribué à cet article

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