Mort de l’acteur juif Yaphet Kotto à l’âge de 81 ans
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Mort de l’acteur juif Yaphet Kotto à l’âge de 81 ans

La star de "Vivre et laisser mourir", qui avait joué dans "Alien" et qui avait incarné Idi Amin dans un film sur l'opération Entebbe, disait que le judaïsme avait guidé sa vie

Capture d'écran d'une vidéo de l'acteur Yaphet Kotto, à gauche, à côté de Roger Moore dans le film "Vivre et laisser mourir". (Capture d'écran : YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo de l'acteur Yaphet Kotto, à gauche, à côté de Roger Moore dans le film "Vivre et laisser mourir". (Capture d'écran : YouTube)

LOS ANGELES — L’acteur américain Yaphet Kotto, qui était devenu célèbre après avoir affronté James Bond dans « Vivre et laisser mourir » et un passager clandestin extraterrestre dans « Alien », est mort, a confié son agent à l’AFP. Il était âgé de 81 ans.

Dans une déclaration publiée lundi sur Facebook, son épouse, Sinahon Thessa, a décrit feu son mari comme ayant été une « légende ».

« Tu as joué les méchants dans certains de tes films mais pour moi et pour un grand nombre d’autres personnes, tu es un vrai héros », a-t-elle écrit.

L’agent de l’acteur, Ryan Goldhar, a confirmé son décès dans un courriel adressé à l’AFP. Il n’a pas précisé la cause de sa mort.

« Je n’ai pas encore réalisé son décès et j’ai la conviction qu’il manquera à beaucoup de gens », a-t-il dit.

Kotto avait fait ses débuts d’acteur professionnel dans une mise en scène de « Othello » de Shakespeare, à Harlem, en 1960, dont tous les comédiens étaient afro-américains.

Kotto avait été applaudi après avoir campé le premier personnage noir que James Bond avait été amené à affronter dans le cadre de la célèbre saga, dans « Vivre et laisser mourir », en 1973 – où il avait interprété le docteur Kananga, un dictateur.

Il avait été nommé aux Emmys pour son rôle d’Idi Amin, l’homme fort de l’Ouganda, dans le film télévisé « Raid on Entebbe » qui était consacré à l’opération menée par l’armée israélienne en 1976 pour sauver des dizaines d’Israéliens qui se trouvaient à bord d’un avion qui avait été détourné par des terroristes palestiniens.

Il avait ensuite lutté contre un ennemi xénomorphe en prêtant ses traits à l’ingénieur Dennis Parker, dans « Alien », le film d’horreur et de science-fiction tourné par Ridley Scott et sorti en 1979, et il avait combattu aux côtés d’Arnold Schwarzenegger dans le thriller dystopique « Running man », en 1987.

A l’apogée de sa carrière, il avait refusé le rôle du Capitaine Picard dans « Star Trek: The Next Generation » — une décision qu’il avait ensuite dit regretter.

Plus tard, Kotto avait joué le Lieutenant Al Giardello dans la série télévisée « Homicide: Life on the Street. »

Il avait fait une réapparition dans la franchise « Alien » en 2014, en prêtant sa voix à son personnage de Parker dans le jeu-vidéo d’horreur « Alien: Isolation. »

Marié à trois reprises, père de six enfants, Kotto affirmait avoir des liens avec la reine Elizabeth II — il avait nommé sa biographie écrite en 1997 « La royauté » en hommage à sa lignée royale.

Kotto était né à New York en 1939 d’un père camerounais qui s’était installé aux Etats-Unis et d’une mère infirmière dans l’armée américaine.

Le rabbin Joel Braude, à gauche, porte un toast pendant le mariage de l’acteur Yaphet Kotto, à droite, et de Tessie Sinahon à Baltimore, dans le Maryland, le 12 juillet 1998. (Crédit : John Gillis/AP)

Selon le site internet ManishTana qui est dirigé par le rabbin orthodoxe Shais Rishon, Avraham Kotto, le père de l’acteur, Juif pratiquant qui parlait l’hébreu, avait immigré aux Etats-Unis dans les années 1920. Kotto aurait déclaré dans le passé que les ancêtres de son père étaient des Juifs africains qui étaient originaires des territoires qui forment aujourd’hui Israël et qui étaient partis vers le Cameroun, via l’Egypte. Il avait aussi indiqué que sa mère, Gladys Marie, qui était soldate dans l’armée américaine, s’était convertie au judaïsme avant son mariage.

Dans un entretien, il avait évoqué son enfance à New York et l’antisémitisme qu’il avait dû affronter en tant que Juif religieux portant la kippa.

Dans une interview accordée en 2019 au site internet InsideHook, Kotto avait confié que le judaïsme avait été une force qui avait guidé toute son existence.

Son père qui, avait-il raconté, était un prince du Cameroun, « a instillé le judaïsme en moi ».

« J’ouvre encore tous les livres que je suis amené à lire de la dernière page vers la couverture », avait-il déclaré, se référant à l’écriture en hébreu qui se lit de droite à gauche.

« Tout ce que défend la religion, d’un point de vue africain, il m’a laissé ces choses en moi », avait continué Kotto, évoquant son père. « Si le judaïsme n’avait pas été là, j’aurais probablement sombré dans la haine, ou dans la violence, ou dans la drogue, ou dans l’alcool. J’ai échappé à tout cela grâce au judaïsme ».

Toutefois, il avait dit ne jamais prier parce que « à la minute où vous lui demandez de l’aide, Il vous rebute. A la minute où vous commencez à supplier, c’est là que les problèmes commencent ».

Kotto avait expliqué que dans le passé, quand il se rendait dans une nouvelle ville, il se mettait toujours en quête d’une synagogue « mais les rabbins veulent pouvoir apprendre à vous connaître et ainsi de suite, et ils veulent constamment que vous déménagiez dans leur communauté, là où ils se trouvent. J’ai donc arrêté maintenant de chercher une synagogue quand je pars de chez moi ».

S’il n’avait pas été acteur, avait-il spéculé, il aurait été probablement rabbin – soulignant que sa foi lui avait fait connaître la réussite et le bonheur dans sa vie.

« J’ai toujours nourri cette foi. Je l’ai encore », avait-il dit, soulignant qu’il croyait dans la vie éternelle qui « ressemble beaucoup à ce monde. On ne peut pas dire lequel est différent parce qu’ils sont semblables – mais l’un d’entre eux est plus brillant ».

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