Rechercher

Mort du critique et militant palestinien Nizar Banat: 14 accusés libérés sous caution

Arguant de la propagation du coronavirus dans la prison dans laquelle ils sont détenus, le procureur des forces de sécurité palestiniennes a demandé de les libérer sous caution

Maryam Banat, 67 ans, mère de l'opposant à l’Autorité palestinienne, Nizar Banat, brandit une affiche avec sa photo lors d’un rassemblement pour protester contre sa mort aux mains des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 3 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)
Maryam Banat, 67 ans, mère de l'opposant à l’Autorité palestinienne, Nizar Banat, brandit une affiche avec sa photo lors d’un rassemblement pour protester contre sa mort aux mains des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 3 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Quatorze membres des forces de sécurité palestiniennes, accusés d’être responsables de la mort en juin 2021 de Nizar Banat, militant et critique du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, ont été libérés sous caution, a indiqué mercredi à l’AFP un haut responsable sécuritaire palestinien.

Selon cette source qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, ces 14 personnes avaient demandé mardi à être libérées sous caution, ce que le procureur a accepté, à condition qu’ils assistent aux audiences de leur procès.

Arguant de la propagation du coronavirus dans la prison dans laquelle ils sont détenus en Cisjordanie, le procureur des forces de sécurité palestiniennes Abdelnasser Jarrar a demandé de les libérer jusqu’au 2 juillet, les plaçant sous la responsabilité des forces de sécurité pour lesquelles ils travaillent.

Cette libération doit leur permettre de « surveiller leur état de santé et passer les examens nécessaires », a affirmé le procureur mardi dans une lettre adressée au directeur du renseignement sécuritaire, consultée par l’AFP.

Mercredi, son épouse Jihan a qualifié la libération des accusés d' »une injustice claire ». « Nous avons dit plus d’une fois que l’assassin ne pouvait pas être juge. Si l’Autorité palestinienne s’inquiète de la propagation du coronavirus, pourquoi ne libère-t-elle pas tous les autres prisonniers détenus dans d’autres affaires? », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Militant des droits humains connu pour ses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux critiquant l’Autorité palestinienne de M. Abbas, qu’il accusait de corruption, Nizar Banat, 43 ans, est mort en détention en juin 2021, peu de temps après son arrestation par les forces palestiniennes.

Nizar Banat, un franc-tireur de l’Autorité palestinienne, parle aux journalistes dans la maison familiale, dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie, le 4 mai 2021. (Crédit:AP/Nasser Nasser)

Sa mort avait entraîné des manifestations parfois émaillées de heurts à Ramallah, ville où siège l’Autorité palestinienne, sous les cris de « Abbas dégage » et « Justice pour Nizar ».

Quatorze personnes présentes lors de son arrestation ont été accusées de « coups entraînant la mort, abus de pouvoir et violation des instructions sécuritaires », d’après les services de sécurité palestiniens.

Majd Al-Arouri, directeur de l’Autorité nationale pour l’indépendance de la justice, un organisme indépendant, a émis des doutes mercredi sur la légalité de leur libération, qui aurait nécessité selon lui une décision du tribunal.

« Nous avons constaté ces six derniers mois une procrastination délibérée dans les procédures concernant les personnes accusées du meurtre de Nizar Banat », a-t-il dit à l’AFP.

La famille du militant accuse l’Autorité palestinienne de l’avoir « assassiné », ce que des responsables réfutent.

La Cisjordanie et Israël ont enregistré ces dernières semaines une nouvelle hausse des contaminations au coronavirus, mais le nombre de cas graves reste limité en comparaison aux vagues précédentes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...