Mort d’un journaliste : « Il utilisait un drone au-dessus des soldats » – Liberman
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Mort d’un journaliste : « Il utilisait un drone au-dessus des soldats » – Liberman

"Ils parlent des droits de l'homme, mais ils veulent vraiment détruire l'État juif. Nous ne les laisserons pas faire," a déclaré le Premier ministre

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu visitent la Division Cisjordanie de Tsahal, près de l'implantation israélienne de Beit El, le 10 janvier 2017. (Hadas Parush/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu visitent la Division Cisjordanie de Tsahal, près de l'implantation israélienne de Beit El, le 10 janvier 2017. (Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Avigdor Liberman ont salué samedi les actions des forces de sécurité lors des violentes manifestations dans la bande de Gaza vendredi, que Liberman a qualifié de « marche terroriste ».

Le ministre de la Défense a également indiqué qu’un photo-journaliste palestinien tué lors des affrontements de vendredi avait mis sa vie en danger en manœuvrant un drone au-dessus des soldats israéliens.

Netanyahu a déclaré que les Palestiniens « parlent des droits de l’homme, mais ils veulent vraiment détruire l’État juif. Nous ne les laisserons pas faire. »

Liberman a souligné que la fête de Pessah a été « l’une des plus tranquilles et des plus sûres que nous ayons connues ces dernières années. Notre préparation à la frontière de Gaza a fait ses preuves. »

Il a dit que les Israéliens étaient redevables à des « milliers » de militaires, de policiers et de membres de l’agence de sécurité Shin Bet « qui ont travaillé très dur et ont contrecarré toute tentative de nous défier ».

Quelque 20 000 Gazaouis ont participé vendredi à la deuxième « Marche du retour » soutenue par le Hamas à la frontière de Gaza. L’armée a déclaré que les manifestants ont brûlé des pneus et lancé des bombes, des cocktails Molotov et des pierres sur les soldats israéliens.

Plusieurs tentatives ont été faites pour franchir la clôture de la frontière. Les soldats ont répondu avec des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et, dans certains cas, des tirs réels. Les Palestiniens ont déclaré que neuf Gazaouis ont été tués et plus de 1 000 ont été blessés lors des affrontements.

Les manifestations se sont largement apaisées samedi, mais trois Palestiniens ont été blessés par les forces israéliennes lors d’un petit affrontement à l’est de la ville de Gaza dans l’après-midi, l’un d’entre eux sérieusement, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Netanyahu a indiqué avoir salué « les soldats de Tsahal qui nous protègent… de ceux qui prétendent parler des droits de l’homme, tout en tenant un drapeau nazi. Voici la vérité nue. Ils parlent des droits de l’homme, mais ils veulent vraiment détruire l’État juif. Nous ne les laisserons pas faire. Nous resterons forts. Nous assurerons la sécurité de notre pays. »

Des photos prises à Gaza vendredi ont montré le symbole nazi parmi les drapeaux palestiniens de certains manifestants.

Des drapeaux palestiniens et une croix gammée sont visibles au milieu de la fumée noire des manifestations à Gaza, le 6 avril 2018 (Unité du porte-parole de Tsahal).

Liberman a qualifié la manifestation de « marche terroriste ». Il a déclaré que le Hamas avait « envoyé des terroristes déguisés en civils pour contester notre souveraineté et que le monde la présente comme une manifestation pacifique ».

Il a fustigé l’ “hypocrisie” du monde, notant que des dizaines de civils avaient été tués lors des dernières frappes aériennes du régime en Syrie, « mais le secrétaire général de l’ONU n’a pas demandé la création d’un comité d’enquête, le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas réuni, la Ligue arabe l’a ignorée, et la BBC n’a rien vu ou entendu de tout cela ».

Des Palestiniens courent pour se protéger des bombes lacrymogènes à la frontière Israël-Gaza lors d’une manifestation, à l’est de la ville de Gaza dans la bande de Gaza, le 6 avril 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD JAMBON)

La BBC a fait un reportage sur les dernières frappes aériennes mortelles.

Au sujet du photographe palestinien Yasser Murtaja, qui a été tué alors qu’il couvrait les manifestations, Liberman a déclaré : « Je ne sais pas qui est ou n’est pas photographe. Quiconque utilise des drones au-dessus des soldats de Tsahal doit comprendre qu’il se met en danger. »

Des journalistes palestiniens arborent un portrait du journaliste Yasser Murtaja, lors de ses funérailles dans la ville de Gaza le 7 avril 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD JAMBON)

Murtaja était connu pour utiliser des drones pour prendre des photos, et la radio israélienne, citant des sources anonymes à Gaza, a indiqué qu’il le faisait lorsqu’il a été abattu vendredi. Plusieurs journalistes palestiniens ont rejeté cette affirmation auprès de Reuters.

Liberman a ajouté : « Nous avons vu des dizaines de cas où des terroristes du Hamas ont utilisé des ambulances, se sont déguisés en membres du Croissant-Rouge et se sont déguisés en journalistes. Nous ne voulons prendre aucun risque. »

Avi Gabbay, chef de l’Union sioniste de l’opposition, a également soutenu le comportement de l’armée, affirmant que « les soldats israéliens ont fait preuve de détermination, de discernement et de dissuasion face aux provocations du Hamas ».

Le chef de l’Union sioniste Avi Gabbay à Jérusalem, le 19 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).

Mais Gabbay a dit que c’était maintenant aux dirigeants politiques d’Israël d’ “empêcher la prochaine série de violences”.

Vendredi, les Etats-Unis ont bloqué une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU soutenant le droit des Palestiniens à « manifester pacifiquement » et approuvant l’appel du Secrétaire général Antonio Guterres en faveur d’une enquête indépendante sur les manifestations meurtrières à Gaza.

L’Union européenne a déclaré samedi que la mort de manifestants palestiniens le long de la frontière de Gaza « soulève de sérieuses questions sur l’utilisation disproportionnée de la force » par Israël.

L’ambassadeur de la Ligue arabe auprès de l’ONU, Maged Abdelaziz, a déclaré que les ministres arabes discuteraient des options pour poursuivre la question palestinienne lors d’une réunion à Ryad, capitale de l’Arabie saoudite, le 12 avril, avant le sommet des dirigeants arabes qui se tiendra dans le pays le 15 avril.

Après la manifestation de vendredi, l’armée israélienne a déclaré qu’elle avait réussi à contrecarrer les efforts « manipulateurs » du Hamas pour franchir la clôture de la frontière de Gaza et commettre des actes de terrorisme sous le couvert d’une manifestation pacifique.

Tsahal a diffusé des images vidéo de Gazaouis tentant de franchir ou de cibler la clôture sous le couvert d’énormes panaches de fumée noire causés par l’incendie de pneus près de la frontière, et la télévision israélienne a montré des images de ce qui semblait être des adolescents de Gaza roulant des pneus près de la clôture de la frontière.

« Ce que nous voyons, ce sont des troubles violents sous couvert desquels le Hamas tente de commettre des actes de terrorisme », a déclaré le général de division Eyal Zamir, chef du commandement sud de Tsahal, qualifiant la tactique de « manipulation du Hamas ».

« Le Hamas a envoyé des enfants en avant [vers la clôture], les utilisant cyniquement », a déclaré le porte-parole de Tsahal Ronen Manelis, vendredi soir. Manelis a précisé que huit engins explosifs et de nombreux cocktails Molotov ont été lancés, et que les soldats israéliens ont dû faire face à plusieurs tentatives de « franchir la clôture ».

« Il y a eu des tentatives de perpétrer des actes de terrorisme… en utilisant la fumée [des pneus en feu] pour se couvrir », a-t-il dit, mais Tsahal a fait en sorte que la clôture ne soit pas franchie.

« L’armée a fait son travail », a dit Manelis. « La clôture n’a pas été violée et la souveraineté [d’Israël] n’a pas été atteinte. »

Les responsables militaires israéliens ont indiqué que les avertissements de Tsahal aux Gazaouis de rester à l’écart de la clôture, ainsi que sa ferme défense de la frontière lors des manifestations de la semaine dernière, ont eu un effet dissuasif. Beaucoup moins de manifestants se sont approchés de la clôture, ont-ils indiqué.

La chaîne de télévision Hadashot a déclaré que lors des séances de prière près de la frontière pendant la journée, les imams ont dit aux Gazaouis de rester à au moins 300 mètres de la frontière. Les dirigeants du Hamas, qui ont circulé parmi les manifestants, ne se sont pas approchés aussi près de la clôture qu’il y a une semaine.

Les responsables de Tsahal ont déclaré que le Hamas souhaitait obtenir « une image de victoire » de ses membres en franchissant la clôture et/ou en passant en Israël, et que Tsahal avait jusqu’à présent empêché cela. Ils ont déclaré que le Hamas devait maintenant relever le défi de maintenir l’élan des manifestations en cours, et qu’il s’était trompé en assurant aux Gazaouis ces derniers jours que les manifestations seraient pacifiques et qu’ils continueraient à venir aux manifestations.

L’Autorité palestinienne, dans un communiqué publié vendredi soir à Ramallah, a appelé ses envoyés auprès de l’ONU, de la Ligue arabe et de l’UE à travailler immédiatement avec toutes les parties internationales pour « mettre fin à cette brutalité délibérée et à l’assassinat de personnes innocentes et sans défense ».

Un manifestant palestinien agite le drapeau palestinien lors d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes à la frontière entre Gaza et Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 6 avril 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD JAMBON)

L’AP a également renouvelé son appel à fournir une « protection internationale » aux Palestiniens.

La manifestation de vendredi était la deuxième de ce qui, selon le groupe terroriste Hamas au pouvoir à Gaza, constituait plusieurs semaines de manifestations de « Marche du retour » qui, selon les dirigeants du Hamas, visent en fin de compte à la suppression de la frontière et à la libération de la Palestine.

Le Hamas, groupe terroriste islamiste, a pris par la violence le contrôle de Gaza au Fatah de Mahmoud Abbas en 2007, deux ans après qu’Israël a retiré sa présence militaire et civile de la bande de Gaza. Israël et l’Égypte maintiennent un blocus de sécurité à Gaza. Israël affirme que c’est indispensable pour empêcher le Hamas – qui a mené trois guerres contre Israël depuis qu’il s’est emparé de Gaza, a tiré des milliers de roquettes sur Israël et a creusé des dizaines de tunnels d’attaque sous la frontière – d’importer des armes.

Khaled Abu Toameh a contribué à cet article.

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