Moscou-Ankara: S-400 livrés en 2019, centrale nucléaire à 20 MDS de dollars
Rechercher

Moscou-Ankara: S-400 livrés en 2019, centrale nucléaire à 20 MDS de dollars

Cette acquisition a suscité réserves et critiques au sein de l'Otan ; Le premier réacteur de la centrale devrait entrer en fonction en 2023, selon Poutine et Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et le président russe Vladimir Poutine (à droite) se serrent la main lors de la cérémonie du lancement de la construction de la première centrale nucléaire turque, le 3 avril 2018 (PHOTO AFP / ADEM ALTAN)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et le président russe Vladimir Poutine (à droite) se serrent la main lors de la cérémonie du lancement de la construction de la première centrale nucléaire turque, le 3 avril 2018 (PHOTO AFP / ADEM ALTAN)

La livraison de missiles S-400 commandés par la Turquie à la Russie devrait intervenir en juillet 2019, a indiqué un responsable turc, après que le président russe a annoncé l’accélération de la mise en oeuvre de ce contrat.

« Nous avons avancé en juillet 2019 la date de livraison dans le contrat signé avec la Russie pour l’acquisition des S-400 », a écrit tard mardi sur Twitter le sous-secrétaire turc aux Industries de Défense, Ismail Demir.

Le conseiller du Kremlin pour la coopération technique et militaire, Vladimir Kojine, avait indiqué en décembre que la livraison de ces système de défense anti-aérienne à Ankara commencerait « probablement, vers fin 2019 début 2020 ».

Mais le président russe Vladimir Poutine a affirmé mardi à Ankara que son pays allait « accélérer » cette livraison.

« Nous avons discuté la réalisation du contrat pour la livraison des S-400. Et nous avons pris la décision d’accélérer la livraison de ces systèmes de défense », a déclaré le chef de l’Etat russe lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdogan a défendu la décision de son pays d’acquérir ces missiles, qui a suscité réserves et critiques parmi les alliés de la Turquie au sein de l’Otan en raison de son incompatibilité avec les systèmes de défense de l’Alliance.

« A propos des S-400, c’est une décision qui appartient à la Turquie (…) Nous avons conclu un accord au sujet des S-400, nous avons fermé ce dossier, c’est une affaire terminée », a-t-il dit.

M. Erdogan avait annoncé en septembre que Moscou et Ankara avaient signé un contrat pour l’achat de ces systèmes. Cette annonce avait été perçue comme une manifestation de mauvaise humeur de la part du président turc, sur fond de graves tensions avec plusieurs dirigeants européens et les Etats-Unis.

Lancement de la construction d’une centrale nucléaire en Turquie

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont aussi donné mardi le coup d’envoi de la construction par le géant russe Rosatom de la première centrale nucléaire en Turquie, symbole des relations florissantes entre Ankara et Moscou.

« Dieu soit avec vous ! », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Ankara retransmis par visioconférence sur le site du chantier de la centrale nucléaire d’Akkuyu, dans la province de Mersin (sud), où des ouvriers ont immédiatement fait couler du béton.

« Nous assistons à un moment vraiment historique pour notre développement et pour notre coopération énergétique avec la Russie », avait peu avant déclaré le chef de l’Etat turc.

« Il est difficile de surestimer l’importance de ce projet innovant d’ampleur », a déclaré M. Poutine lors de la cérémonie.

La construction de la centrale, estimée à 20 milliards de dollars, fait partie d’un projet de développement porté par M. Erdogan qui vise à faire de la Turquie l’un des 10 pays les plus riches du monde d’ici 2023, année du centenaire de la République turque.

Les quatre réacteurs de la centrale répondront, selon M. Erdogan, à 10 % de la demande en électricité de la Turquie, pays fortement dépendant de l’importation d’hydrocarbures pour satisfaire son appétit énergétique.

Le premier réacteur de la centrale devrait entrer en fonction en 2023, selon Poutine et Erdogan.

Jusqu’à 10 000 ouvriers seront mobilisés, selon l’agence de presse étatique Anadolu, pour ce projet voulu depuis plus de 40 ans par Ankara et qui a suscité de vives critiques de la part des organisations de protection de l’environnement.

Ce chantier, plusieurs fois retardé, avait notamment connu un coup d’arrêt lors d’une grave crise diplomatique provoquée par la destruction par l’aviation turque d’un bombardier russe à la frontière syrienne en novembre 2015.

Mais leurs relations se sont depuis réchauffées et la Turquie et la Russie ont notamment mis de côté leurs différends sur la Syrie, où elles soutiennent des camps opposés, pour coopérer sur ce dossier.

Après l’inauguration de la centrale nucléaire, MM. Erdogan et Poutine s’entretiendront à huis clos au palais présidentiel lors d’une réunion où la Syrie devrait occuper une place importante.

Mercredi, les deux présidents seront rejoints dans la capitale turque par le chef de l’Etat iranien, Hassan Rohani, pour un sommet trilatéral consacré à la Syrie, où Moscou, Ankara et Téhéran se sont imposés comme les maîtres du jeu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...