Moscou : Issachar n’a pas déposé de demande d’amnistie, ce qui retarde sa sortie
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Moscou : Issachar n’a pas déposé de demande d’amnistie, ce qui retarde sa sortie

La Russie semble avancer en faveur de la libération de l'Israélo-américaine, incarcérée à Moscou pour trafic de drogue depuis avril 2019

L'Israélo-américaine Naama Issachar, emprisonnée pour trafic de drogue, assiste à son audience en appel au tribunal régional de Moscou, le 19 décembre 2019. (Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)
L'Israélo-américaine Naama Issachar, emprisonnée pour trafic de drogue, assiste à son audience en appel au tribunal régional de Moscou, le 19 décembre 2019. (Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)

Le Kremlin a déclaré vendredi que l’Israélo-américaine incarcérée en Russie n’avait pas demandé d’amnistie, ce qui reporte son éventuelle libération.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a fait savoir qu’il était impossible d’accorder à Naama Issachar la grâce présidentielle sans qu’une demande officielle ne soit soumise, a rapporté l’agence de presse Reuters.

« Nous avons des lois en Russie, qui doivent être respectées », a expliqué Peskov selon la chaîne publique israélienne Kan.

Naama Issachar, 27 ans, a été condamnée par un tribunal russe à 7,5 ans de prison après que 9,5 grammes de marijuana ont été trouvés dans ses bagages lors d’une escale dans un aéroport de Moscou en avril.

Elle a nié avoir fait de la contrebande de drogue, en précisant qu’elle n’avait pas cherché à entrer en Russie pendant sa correspondance pour Israël depuis l’Inde et qu’elle n’avait pas eu accès à ses bagages pendant sa brève escale dans l’aéroport moscovite.

Sa mère Yaffa fait campagne pour sa libération depuis son arrestation, et a été invitée à rencontrer Poutine jeudi alors qu’il était en Israël pour assister au Forum mondial de la Shoah à Jérusalem.

Le président russe Vladimir Poutine, (à droite), serre la main de Yaffa Issachar, mère de la ressortissante israélienne Naama Issachar qui est emprisonnée en Russie pour un délit de trafic de drogue, à Jérusalem, le 23 janvier 2020. (Aleksey Nikolskyi, Sputnik Kremlin Pool Photo via AP)

Yaffa Issachar a expliqué son optimisme après la réunion, en déclarant aux médias israéliens : « Poutine m’a dit : ‘Je vais ramener votre fille à la maison’. Vraiment », a-t-elle rapporté. « Attendons de voir, il n’y a pas de date pour la sortie ».

Yaffa Issachar a également rencontré le président Reuven Rivlin et l’a remercié pour ses efforts. Ce dernier a fait savoir au dirigeant russe « qu’en Israël, nous avons le sentiment que chaque enfant est notre propre enfant ».

S’exprimant aux côtés de Netanyahu et de Yaffa Issachar, le dirigeant russe a assuré qu’il avait bien compris la position du Premier ministre en faveur de la grâce de Naama Issachar et qu’il en tenait compte dans sa décision.

Pendant que la mère de cette dernière arborait un sourire, Poutine a évoqué une potentielle amnistie : « je lui ai dit et je le répète maintenant, tout ira bien ».

Il a fait savoir qu’après avoir rencontré Yaffa Issachar, il était clair pour lui que la jeune femme venait d’une « bonne et honorable famille ».

Les médias russes ont rapporté après la réunion que Naama Issachar avait été autorisée à regarder la retransmission de l’entretien depuis sa cellule de prison, en compagnie de Tatyana Moskalkova, la commissaire aux droits humains du gouvernement russe, qui lui rendait visite à ce moment-là.

Interviewée par la suite, Naama a déclaré que la déclaration de Poutine à sa mère selon laquelle « tout ira bien » lui avait donné de l’espoir. « Quand j’ai vu ma mère à la télévision avec des personnes aussi importantes, j’étais excitée. Il a dit que tout irait bien avec ma charmante famille. Je suis toujours là, mais je crois ce qu’il a dit ».

Certains observateurs ont interprété la visite de Moskalkova jeudi comme un signal de l’ouverture du Kremlin à la libération de Naama Issachar. Moskalkova a ensuite annoncé jeudi qu’elle avait réprimandé le directeur de la prison pour avoir refusé à plusieurs reprises d’autoriser les visites de Yaffa Issachar, expliquant que ce refus était illégal.

Poutine était en Israël pour 24 heures, afin de participer au Forum mondial sur la Shoah, qui coïncide avec le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

Naama Issachar est devenue une cause tristement célèbre en Israël, où son arrestation et sa condamnation sont largement considérées comme politiquement motivées. Netanyahu a promis à la famille d’œuvrer à sa libération et a exprimé l’espoir qu’une grâce puisse être obtenue de Poutine.

Les militants qui ont fait pression pour sa libération ont été priés ces derniers jours de suspendre leur campagne de peur de compromettre les négociations délicates avec la Russie.

Selon les médias israéliens, la Russie a demandé à Israël de transférer au Kremlin une partie de la propriété de l’église orthodoxe russe située près de l’église du Saint-Sépulcre dans la Vieille Ville de Jérusalem, en guise de geste de bonne volonté.

La Russie exige depuis plus de dix ans qu’Israël cède ses droits à la Cour d’Alexandre, mais les fonctionnaires du ministère de la Justice, ainsi que deux hauts responsables du Likud qui sont des immigrants de l’ex-Union soviétique, Yuli Edelstein et Zeev Elkin, se sont opposés à cette mesure.

Alexei Burkov, le pirate russe recherché par les Etats-Unis, arrive à une audience du tribunal, à la cour suprême de Jérusalem, le 3 novembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi, un ressortissant russe dont l’extradition d’Israël vers les États-Unis était supposée être liée au sort de Naama Isaachar, a plaidé coupable d’avoir dirigé un site web qui a aidé des personnes à commettre des fraudes de plus de 20 millions de dollars par carte de crédit.

Aleksey Burkov, 29 ans, de Saint-Pétersbourg, en Russie, a plaidé devant un tribunal fédéral de Virginie pour des accusations de fraude et de blanchiment d’argent.

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