Poutine gracie Naama Issachar
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Poutine gracie Naama Issachar

Avant le voyage de Netanyahu à Moscou, un officiel qui voyage avec le Premier ministre nie qu'Israël ait renoncé à quoi que ce soit pour assurer la liberté de Naama Issachar

Naama Issachar lors d'un procès en appel dans une salle d'audience à Moscou, Russie, le jeudi 19 décembre 2019. (AP/Alexander Zemlianichenko Jr.)
Naama Issachar lors d'un procès en appel dans une salle d'audience à Moscou, Russie, le jeudi 19 décembre 2019. (AP/Alexander Zemlianichenko Jr.)

Le président russe Vladimir Poutine a signé mercredi le décret de grâce de l’Israélo-américaine Naama Issachar, selon des médias russes.

La grâce de Naama Issachar, 26 ans, « prend effet au jour de la signature » du décret, selon un communiqué du Kremlin.

« Guidé par les principes d’humanité, je décrète la grâce de Naama Issachar, née en 1993, condamnée le 11 octobre 2019 par le tribunal municipal de Khimki, la libérant de la poursuite de sa peine d’emprisonnement », indique le décret, cité par le Kremlin.

« C’est un moment que j’attends depuis près d’un an », a dit Yaffa Issachar, la mère de Naama Issachar. « J’ai parcouru un chemin que je ne souhaiterais à personne, maintenant je veux juste étreindre ma fille Naama. » Elle remercie Poutine d’avoir gracié sa fille et Netanyahu pour ses efforts pour la libérer.

« Je remercie mon ami le président Poutine pour avoir gracié Naama Issachar. J’attends notre rencontre demain au cours de laquelle nous discuterons du plan » de paix américain « et des derniersdéveloppements dans la région », a indiqué M. Netanyahu dans un communiqué.

Le président israélien Reuven Rivlin a lui aussi remercié Vladimir Poutine « pour la sagesse et la clémence de sa décision », saluant aussi le « travail important (et) méritoire » de Benjamin Netanyahu.

Un responsable israélien avait déclaré plus tôt mercredi que la Russie allait libérer de prison Naama Issachar, avant la visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Moscou pour des entretiens avec le président russe Vladimir Poutine.

Le bureau du Premier ministre a déclaré mardi que M. Netanyahu se rendrait en Russie depuis Washington pour informer Poutine du plan de paix israélo-palestinien du président américain Donald Trump.

Le responsable israélien avait déclaré que la libération attendue était le résultat d’un geste de bonne volonté de la Russie envers les États-Unis, soulignant qu’Israël n’a rien donné à Moscou en retour.

« Il n’y a pas eu d’accord avec la Russie. La libération de Naama a été faite comme un geste du président [Vladimir] Poutine envers les Etats-Unis », avait déclaré un haut fonctionnaire d’un comité interministériel chargé de l’affaire aux journalistes de l’entourage de Netanyahu.

La Vieille Ville de Jérusalem vue de l’Eglise orthodoxe russe. (Crédit : © DEIAHL, Jerusalem)

Selon des médias israéliens, la Russie avait demandé à Israël de transférer au Kremlin une partie de la propriété de l’église orthodoxe russe située près de l’église du Saint-Sépulcre dans la Vieille Ville de Jérusalem, comme un geste de bonne volonté avant la libération d’Issachar.

La Russie exige depuis plus de dix ans qu’Israël cède ses droits à la Cour d’Alexandre, mais les fonctionnaires du ministère de la Justice ainsi que deux hauts responsables du Likud, Yuli Edelstein et Zeev Elkin, qui sont des immigrants de l’ex-Union soviétique, se sont opposés à cette mesure.

La semaine dernière, un ressortissant russe dont l’extradition d’Israël vers les États-Unis était supposée être liée au sort d’Isaachar, a plaidé coupable d’avoir dirigé un site web qui a aidé des personnes à commettre des fraudes de plus de 20 millions de dollars par carte de crédit. Aleksey Burkov, 29 ans, de Saint-Pétersbourg, en Russie, a plaidé devant un tribunal fédéral en Virginie pour des accusations de fraude et de blanchiment d’argent.

Le gouvernement a traité le cas d’Issachar non seulement en raison de la responsabilité de l’Etat envers tous ses citoyens mais aussi par désir de résoudre un problème « qui pourrait nuire aux relations sensibles entre la Russie et Israël », a ajouté le fonctionnaire, sous couvert d’anonymat.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le Président russe Vladimir Poutine ont coupé le ruban pour inaugurer le monument de la bougie commémorative à Jérusalem le 23 janvier 2020, en souvenir des habitants de Leningrad pendant le siège de la ville par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. (Amit SHABI / POOL / AFP)

La libération d’Issachar pourrait renforcer la popularité de Netanyahu avant les élections du 2 mars, la troisième en moins d’un an après l’échec du Premier ministre à former un gouvernement lors des deux tours de scrutin précédents. L’annonce par le bureau du Premier ministre de son voyage en Russie est intervenue moins d’une heure après que le procureur général Avichai Mandelblit a déposé une mise en accusation contre Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance auprès du tribunal de district de Jérusalem.

Issachar, 27 ans, a été condamnée par la Russie à 7,5 ans de prison après que près de 10 grammes de marijuana ont été trouvés dans ses bagages lors d’une escale dans un aéroport de Moscou en avril. Elle a nié avoir fait de la contrebande de drogue, en précisant qu’elle n’avait pas cherché à entrer en Russie pendant l’escale en route pour Israël depuis l’Inde, et qu’elle n’avait pas eu accès à ses bagages pendant son bref séjour dans l’aéroport russe.

Mardi, le gouverneur régional de Moscou, Andrei Vorobyev, a signé sa demande de grâce, dernière étape nécessaire avant que l’affaire puisse être prise en charge par Poutine.

Suite à la signature par Vorobyev de la pétition déposée par Issachar, le Kremlin a déclaré que « les procédures juridiques nécessaires sont en cours afin que le président puisse prendre sa décision sur cette question dans un avenir proche ».

Poutine était en Israël jeudi dernier pour une visite d’une journée afin d’assister au Forum mondial sur la Shoah, qui a marqué cette année le 75e anniversaire de la libération du camp de la mort d’Auschwitz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (au centre), sourit alors que Yaffa Issachar, (deuxième à gauche), la mère de Naama Issachar, qui est emprisonnée en Russie, serre la main du Président russe Vladimir Poutine, (à droite), à Jérusalem le 23 janvier 2020, avant le Forum mondial sur la Shoah. (Heidi Levine/Pool/AFP)

Lors de sa visite, Poutine avait rencontré Yaffa Issachar, la mère de Naama, et a déclaré dans un communiqué de presse après la réunion que « tout ira bien ». Il a dit qu’il était clair pour lui, après avoir rencontré Yaffa Issachar, que sa fille venait d’une « bonne et décente famille ».

Yaffa Issachar a alors déclaré aux journalistes israéliens qu’elle souriait après la réunion de Jérusalem car « Poutine m’a dit : ‘Je vais ramener la fille à la maison’. Vraiment. Attendons de voir, il n’y a pas de date pour la libération ».

Issachar est devenue une cause célèbre en Israël, où son arrestation et sa condamnation sont largement considérées comme politiquement motivées. Netanyahu a promis à la famille de travailler pour sa libération et a exprimé l’espoir d’obtenir une grâce.

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