Moshe Gafni souhaite que le mont du Temple reste fermé aux Juifs
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Moshe Gafni souhaite que le mont du Temple reste fermé aux Juifs

Le site le plus saint du judaïsme est fermé aux visiteurs juifs depuis le 10 mai, quand des émeutes palestiniennes, dans le complexe, avaient déclenché le conflit avec le Hamas

Les forces de sécurité israéliennes lancent des gaz lacrymogènes pôur disperser des Palestiniens au sein du complexe de la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit :  Ahmad GHARABLI / AFP)
Les forces de sécurité israéliennes lancent des gaz lacrymogènes pôur disperser des Palestiniens au sein du complexe de la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Le chef de Yahadout HaTorah a vivement recommandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu, samedi soir, de ne pas rouvrir le mont du Temple aux visiteurs juifs dans un contexte de tensions qui se concentrent sur le lieu saint de Jérusalem.

« Ne pas monter sur le mont du Temple est la preuve la plus profonde de notre appartenance à ce lieu saint, auquel nous consacrons nos prières », a commenté Moshe Gafni, président de Yahaout HaTorah et proche allié du Premier ministre. « Je vous demande de maintenir le mont du Temple fermé aux Juifs ! »

De nombreux haredim pensent que les Juifs – qui, sous les accords existants, ont l’autorisation de se rendre sur le mont du Temple mais ont l’interdiction d’y prier – ne doivent pas entrer sur le site à cause de son caractère sacré.

Il a été interdit aux Juifs de visiter le mont du Temple qui est le lieu le plus saint du judaïsme – c’est l’ancien site ayant accueilli les temples bibliques mais qui compte aussi le troisième tombeau le plus sacré de l’Islam – depuis Yom Yeroushalayim, en date du 10 mai, quand les autorités ont pris la décision de fermer le complexe aux non-musulmans dans un contexte d’escalade des tensions dans la ville.

Des drapeaux du Hamas sur la mosquée Al-Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Des affrontements majeurs avaient éclaté sur le mont du Temple, opposant la police et les émeutiers palestiniens, ce jour-là, faisant des centaines de blessés.

Dans la soirée, le groupe terroriste du Hamas avait menacé de tirer des roquettes sur l’État juif si la police ne se retirait pas du site et du quartier voisin de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. Le Hamas avait lancé des projectiles en direction de la capitale et d’autres villes du pays, déclenchant onze jours de conflits entre Israël et les groupes terroristes de la bande – qui se sont achevés vendredi matin, avec un cessez-le-feu.

Les propos de Gafni pourraient entraîner des désaccords au sein du bloc de partisans de droite et religieux de Netanyahu, qui comprend le Likud du Premier ministre, les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah et le Sionisme religieux d’extrême-droite.

Le leader du Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, a indiqué jeudi que Netanyahu pouvait « oublier la formation d’un gouvernement » si le cessez-le-feu avec le Hamas contenait des clauses liées à Jérusalem. Les membres de sa formation avaient été critiques de la décision initiale de fermer le mont du Temple.

Le député Itamar Ban-Gvir, du parti Sioniste religieux lui aussi, a condamné l’appel lancé par Gafni et demandé au gouvernement d’autoriser les visiteurs juifs à entrer dans le complexe dès dimanche matin.

« Le mont du Temple doit être ouvert aux Juifs demain matin dès sept heures. Fermer aux Juifs le mont du Temple est une capitulation devant le Hamas », avait-il estimé.

Les politiciens israéliens ont indiqué que le cessez-le-feu était inconditionnel, avec « le calme en échange du calme ». Le Hamas a déclaré avoir demandé des concessions sur le mont du Temple à l’État juif en échange de l’apaisement des violences.

Moshe Gafni de Yahadout HaTorah participe à une conférence à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les Palestiniens ont encore affronté les forces de l’ordre sur le mont, dans la journée de vendredi, quelques heures seulement après la conclusion d’un cessez-le-feu suite au conflit avec Gaza. Il est encore difficile de dire ce qui a entraîné cette confrontation. Selon la police israélienne, les agents avaient tenté de contenir une émeute des fidèles.

« Immédiatement après les prières de l’après-midi, une émeute a éclaté sur le mont du Temple et des centaines de jeunes ont notamment jeté des pierres et un cocktail Molotov sur les agents », a fait savoir un communiqué de la police.

Ces affrontements avaient été le premier test du cessez-le-feu conclu entre l’État juif et les groupes terroristes de la bande de Gaza.

Des Palestiniens aux prises avec la police israélienne devant le tombeau du Dôme du rocher et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, le 21 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Dans des vidéos filmées depuis l’esplanade qui entoure la mosquée al-Aqsa, la police jette des grenades incapacitantes en direction des Palestiniens, tentant de disperser la place. Plus d’une dizaine de fidèles ont été arrêtés.

Sur une autre vidéo, un agent est agressé par un homme qui le frappe violemment, le faisant tomber au sol, acclamé par les autres Palestiniens, visiblement ravis, qui se trouvent autour de lui.

Les médias palestiniens ont affirmé que les agitations avaient débuté quand la police israélienne avait cherché à confisquer les drapeaux palestiniens brandis par les fidèles.

Vingt palestiniens ont été blessés et deux ont été hospitalisés, a noté le croissant rouge palestinien.

Des affrontements ont aussi éclaté samedi entre la police et des dizaines de manifestants à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est qui a été au centre des tensions récentes en raison de l’expulsion en suspens de plusieurs familles palestiniennes d’habitations revendiquées par des nationalistes juifs.

Les forces de l’ordre ont fait savoir que certains manifestants avaient jeté des bouteilles en direction des agents tout en scandant des slogans et en chantant des chansons saluant les « martyrs ». Les agents ont œuvré à « restaurer l’ordre » et à disperser le mouvement de protestation, ont indiqué les policiers dans un communiqué.

Les expropriations du quartier de Sheikh Jarrah ont été un élément central des agitations majeures à Jérusalem, au début du mois.

Ces expropriations sont permises en partie par une loi de 1970 qui autorise les Juifs à revendiquer des terres, à Jérusalem-Est, qui appartenaient à des Juifs avant 1948. Mais aucune loi équivalente n’existe pour les Palestiniens ayant perdu leurs habitations dans ce qui est maintenant Israël pendant la guerre de l’Indépendance, en 1948. De plus, la majorité des Juifs qui s’installent aujourd’hui à Sheikh Jarrah sont motivés par l’idéologie et non par le biais d’un lien familial à ces maisons.

Un Palestinien a commis une attaque à la voiture-bélier, la semaine dernière, dans le quartier de Sheikh Jarrah, blessant sept agents.

Samedi, la police et les services de sécurité du Shin Bet ont aussi fait savoir qu’un deuxième homme avait été arrêté dans une attaque à la bombe incendiaire contre une habitation de Jaffa, au cours de laquelle un jeune garçon de 12 ans a été grièvement blessé.

Le suspect est le frère d’un résident de Jaffa, âgé d’une vingtaine d’années, qui avait été arrêté au début de la semaine dernière pour cette attaque, selon un communiqué de la police.

Dans le cadre des émeutes entre Arabes et Juifs, les agresseurs avaient lancé une bombe artisanale sur une habitation arabe de la ville côtière, vendredi soir dernier, blessant deux enfants. Une fillette de dix ans avait été légèrement touchée et Muhammad, son frère, grièvement.

Les forces de l’ordre pensent que les attaquants étaient des Arabes qui ont cru que la maison était habitée par des Juifs.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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