Moshe Kantor appelle à vacciner rapidement les survivants de la Shoah
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Moshe Kantor appelle à vacciner rapidement les survivants de la Shoah

Lors d'un événement de commémoration de l’Holocauste organisé lundi avec la Commission européenne, le responsable a aussi dénoncé la montée de l’antisémitisme et de l’extrémisme

Moshe Kantor à Jérusalem, le 6 janvier 2020. (Menahem Kahana/AFP)
Moshe Kantor à Jérusalem, le 6 janvier 2020. (Menahem Kahana/AFP)

Lundi, lors d’un événement de commémoration de l’Holocauste avec la Commission européenne, Moshe Kantor, président du Congrès juif européen, a appelé les États membres de l’Union européenne à vacciner le plus rapidement possible contre la COVID-19 les survivants de la Shoah.

« La pandémie actuelle a fortement perturbé nombreux d’entre nous et tout particulièrement les survivants de l’Holocauste », a déclaré le Dr. Kantor. « Tout au long de leur vie, ils ont fait preuve d’une grande résilience, mais dans la crise actuelle, beaucoup souffrent d’un isolement extrême, se battent pour leur vie ou nous ont malheureusement quitté, seuls et dans la douleur. J’appelle donc les dirigeants européens à faire en sorte que les survivants de l’Holocauste aient accès à une vaccination sûre et efficace, et ce en priorité. »

Selon le Bureau central des statistiques israélien, 900 survivants de la Shoah sont morts de la COVID rien qu’en Israël. 3 500 survivants auraient contracté le coronavirus dans le pays, ce qui signifie que le taux de mortalité parmi les survivants est de 17 %.

Le rapport de l’institution note qu’à la fin 2020, 179 600 personnes définies comme étant des survivantes de la Shoah vivaient en Israël. 3 000 personnes ont été reconnues comme survivantes du génocide en 2020 et 17 000 sont mortes – avec notamment les 900 victimes qui ont succombé des suites du coronavirus.

Moshe Kantor a également dénoncé la montée de l’antisémitisme et de l’extrémisme.

« Alors que nous rendons hommage aux victimes de la plus grande tragédie de l’histoire, nous ne pouvons oublier que les temps de crise sont des terreaux fertiles à la montée des extrémismes. C’est une des leçons fondamentales à retenir », a déclaré le Dr. Kantor.

« La pandémie a créé les conditions sociales dans lesquelles l’antisémitisme et l’extrémisme prospèrent. L’esprit humain, tout comme le corps humain, est fragile face aux virus en mutation. Il en va de même pour nos démocraties et nos valeurs communes. »

« Nous avons la responsabilité d’empêcher la propagation des discours de haine et des théories du complot, et je suis heureux que l’Union européenne et les États membres s’attaquent enfin à cette nouvelle menace en reconnaissant que l’antisémitisme doit être combattu dans tous les domaines d’action. »

Margaritis Schinas, vice-président de la Commission européenne et principal intervenant lors de l’événement, a lui déclaré : « Dans le contexte de la pandémie, nous sommes amenés à trouver de nouvelles formes de commémoration […] C’est un rappel douloureux de l’incroyable privilège qu’a notre génération de pouvoir écouter les récits de témoins directs de la tragédie de l’Holocauste. Nous avons le devoir d’écouter. De nous souvenir. Mais aussi d’agir de manière déterminée contre l’antisémitisme sous ses formes contemporaines. »

Le grand rabbin Pinhas Goldschmidt, président de la Conférence des rabbins européens. (Crédit : Conference of European Rabbis / Facebook)

Ce mercredi 27 janvier, Pinchas Goldschmidt, Grand Rabbin et président de la Conférence des rabbins européens (CER), était lui invité par le président du Parlement européen, David Sassoli, à donner un discours face aux eurodéputés. Il s’agissait de la première fois que le président d’une organisation juive était invité au Parlement européen à prendre la parole à l’occasion de la journée de commémoration des victimes de la Shoah.

« L’Europe se trouve à nouveau à la croisée des chemins, mettant à l’épreuve sa résistance et ses valeurs », a déclaré le rabbin.

Le Grand Rabbin a également plaidé pour un futur juif en Europe, précisant que « les États qui limitent les libertés religieuses des minorités […] s’écartent des principes de base sur lesquelles l’Europe post-Holocauste a été construite ».

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