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Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire prend ses distances avec la gauche radicale sur la question de l’antisémitisme

Le candidat socialite à la mairie de Paris exclut tout rapprochement électoral avec la liste LFI, ni au premier ni au second tour

Emmanuel Grégoire lors d’un meeting à Paris, le 14 janvier 2026. (Crédit : Martin Lelievre/AFP)
Emmanuel Grégoire lors d’un meeting à Paris, le 14 janvier 2026. (Crédit : Martin Lelievre/AFP)

Quelques jours avant les nombreuses condamnations et accusations visant le parti La France insoumise (LFI) suite à la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon le week-end dernier, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, avait pris ses distances avec le parti d’extrême gauche sur la question de l’antisémitisme. Dans un courrier adressé le 11 février aux représentants de la communauté juive parisienne, à un mois des élections municipales, il avait ainsi affirmé son « engagement total » dans la lutte contre l’antisémitisme tout en regrettant l’existence d’« angles morts à gauche et à l’extrême gauche » sur ce sujet.

Dans cette lettre, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a notamment marqué sa différence avec la liste de la députée LFI Sophia Chikirou, candidate à Paris.

Sa lettre était envoyée dans le contexte du vingtième anniversaire de l’assassinat d’Ilan Halimi, 23 ans, enlevé, séquestré et torturé en 2006 par le « gang des barbares » parce qu’il était Juif – crime qui reste un traumatisme majeur pour la communauté juive de France.

Dans son courrier, Emmanuel Grégoire évoque également la « recrudescence d’agressions ciblées » visant des Juifs depuis le 7 octobre 2023. Il cite notamment la récente agression d’un adolescent de 13 ans dans le 18ᵉ arrondissement de Paris alors qu’il portait une kippa à la main. « L’antisémitisme demeure une réalité dans notre capitale », écrit-il.

Le candidat socialiste affirme ainsi vouloir faire preuve de « la plus grande fermeté républicaine » et promet que « Paris ne sera jamais une ville où un enfant doit cacher sa kippa pour rentrer chez lui ». Il rappelle aussi plusieurs attaques antisémites qui ont marqué la France ces dernières années : la tuerie de l’école Ozar Hatorah à Toulouse en 2012, la prise d’otages de l’Hyper Cacher en 2015, ainsi que les meurtres de Sarah Halimi en 2017 et de Mireille Knoll en 2018 à Paris.

Il insiste également sur son refus de « conditionner la dénonciation de l’antisémitisme à une prise de position préalable sur la politique de l’État d’Israël ». Une formulation qui vise implicitement certains responsables de la gauche radicale accusés par leurs adversaires de lier la lutte contre l’antisémitisme aux débats sur la guerre à Gaza et au gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Emmanuel Grégoire estime que la banalisation de certains discours ne relève plus seulement de l’extrême droite, traditionnellement associée à l’antisémitisme en France, mais qu’elle peut aussi provenir d’une partie de la gauche. Sans citer explicitement Jean-Luc Mélenchon ou Sophia Chikirou, il évoque des « discours d’émancipation sociale » qui auraient pu, selon lui, « minimiser ou relativiser » des actes antisémites.

La campagne municipale parisienne montre ainsi les fractures entre socialistes et insoumis sur la question de l’antisémitisme. Ariel Weil, maire sortant de Paris Centre et figure de proue anti-LFI sur la liste d’Emmanuel Grégoire, a récemment dénoncé des attaques virulentes sur les réseaux sociaux, certains responsables LFI – comme Rima Hassan – accusant les socialistes de « promouvoir des discours génocidaires ».

Dans ce climat de tensions, Emmanuel Grégoire exclut tout rapprochement électoral avec la liste LFI, ni au premier ni au second tour – rapprochement qui parait encore plus improbable depuis la mort de Quentin Deranque et les accusations visant LFI à ce sujet.

Contre l’antisémitisme, le candidat socialiste propose plusieurs initiatives : renforcer la formation des enseignants face aux discours antisémites et négationnistes, garantir qu’aucun élève ne quitte le collège sans avoir visité un lieu de mémoire, et créer un poste d’officier de liaison chargé de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme en lien avec la Préfecture de police.

Il reste peu certain que ces engagements suffisent à convaincre l’électorat juif parisien, aussi courtisé par Rachida Dati (Les Républicains) et Sarah Knafo (Reconquête).

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