Netanyahu à Poutine : les nazis nous ont appris à éradiquer le mal à la racine
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Netanyahu à Poutine : les nazis nous ont appris à éradiquer le mal à la racine

Le Premier ministre a accompagné le président russe à une exposition du musée juif de Moscou avant leur entretien sensé se focaliser sur la menace que représente l'Iran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, le président russe Vladimir Poutine, à gauche, le ministre de l'Environnement Ze'ev Elkin, deuxième à partir de la gauche, et le grand rabbin de Russie Berl Lazar, à droite, à Moscou, le 29 janvier 2018 (Crédit : PMO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, le président russe Vladimir Poutine, à gauche, le ministre de l'Environnement Ze'ev Elkin, deuxième à partir de la gauche, et le grand rabbin de Russie Berl Lazar, à droite, à Moscou, le 29 janvier 2018 (Crédit : PMO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré lundi le président russe Vladimir Poutine à Moscou, et lui a dit que les leçons apprises des nazis étaient que les idéologies meurtrières doivent être éradiquées à la racine, ce qui ressemblait à une allusion à la situation actuelle avec l’Iran.

Avant leur rencontre, qui était sensée porter sur les préoccupations israéliennes face à l’accord sur le nucléaire iranien et les tentatives de Téhéran d’établir une présence militaire en Syrie, les deux dirigeants se sont rendus au Musée juif et au Centre de la Tolérance, où ils ont vu une exposition dédiée au soulèvement du camp de Sobibor en 1943, en Pologne occupée, qui avait été orchestrée par un détenu juif et officier de l’Armée Rouge, Alexandr Pechersky.

À l’ancien camp d’extermination nazi de Sobibor, en Pologne orientale, un visiteur se promène avec son chien vers la zone des chambres à gaz récemment excavées – 11 novembre 2014. (Crédit : Lena Klaudel)

« J’apprécie cette invitation et votre présence, ici et aujourd’hui, qui reflète notre combat commun contre le plus grand mal que l’humanité a connu », a déclaré Netanyahu.

« Nous avons pu voir ici une exposition très émouvante sur les documents de la révolte de Sobibor, au cours de laquelle un officier juif de l’Armée Rouge, a, contre toute attente, réussi à amener à la liberté. »

« Je pense que la leçon principale que nous avons apprise de la montée du nazisme et de leur défaite, c’est le besoin de s’élever contre les idéologies meurtrières à temps », a déclaré Netanyahu au musée.

« C’est notre mission, aujourd’hui, et c’est ce dont je veux vous parler : nos efforts conjoints pour faire garantir la sécurité et la stabilité dans nos régions, et évidemment la coopération » entre la Russie et Israël.

Poutine a répondu en évoquant les liens historiques qui unissent les peuples juif et russe, et leurs souffrances durant la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle 6 millions de Juifs et 20 millions de Russes ont été tués.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine, au Jewish Museum and Tolerance Center à Moscou, le 29 janvier 2018. (Crrédit : (Kobi Gideon/GPO)

« Je vous remercie d’avoir accepté que l’on se rencontre ici et aujourd’hui », a déclaré Poutine selon une traduction en hébreu par le bureau du Premier ministre Netanyahu.

« C’est hautement symbolique, en ces jours ou le monde se rappelle des victimes de la Shoah », a-t-il dit, en allusion à la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste qui a eu lieu samedi, et qui marque la libération du camp d’Auschwitz par les forces soviétiques.

« Comme vous le savez, dans notre pays, il y a eu de nombreuses victimes, presque dans chaque famille », a poursuivi le chef d’État russe.

« Parmi les Juifs qui ont été tués par les Nazis, il y avait de nombreux citoyens de l’Union soviétique. Ce sont eux qui ont grandement contribué à la défaite des nazis. Nous utiliserons cette opportunité pour parler de nos relations bilatérales et évoquer la situation dans la région. »

Netanyahu a été accompagné par le chef du Conseil de la Sécurité intérieure Meir Ben Shabbat, et par le général de division Herzl Halevi, chef du Renseignement militaire, entre autres responsables.

Tout au long de l’année, Israël a mis en garde à plusieurs reprises des efforts mis en œuvre par l’Iran pour installer des usines d’armement au Liban, et pour implanter une présence militaire à la Frontière entre Israël et la Syrie.

Le groupe terroriste du Hezbollah, acteur politique majeur au Liban, est considéré comme un allié de l’Iran. Ses troupes ont combattu aux côtés des forces iranienne et syriennes pour aider le président Bashar el-Assad, durant la guerre civile qui fait rage depuis 7 ans.

Israël a également mis en garde contre l’établissement d’usines d’armement iraniennes en Syrie, ainsi que du transfert d’armes depuis l’Iran pour le Hezbollah. Des dizaines de frappes aériennes sur des convois d’armes à destination du Liban ont été attribués à Israël par les médias étrangers.

La Russie, le plus puissant allié d’Assad, a pour l’instant, manifesté sa tolérance face aux frappes israéliennes en Syrie, malgré sa lourde présence militaire en Syrie.

Netanyahu a souligné lundi que les négociations avec Poutine s’inscrivait dans les rencontres régulières qu’il entretient avec le dirigeant russe « pour garantir la coopération entre l’armée israélienne et les forces russes en Syrie ».

Les armées russe et israélienne observent un mécanisme dit « de déconfliction » pour s’assurer que les deux armées ne s’affrontent pas dans l’espace aérien syrien. Ces derniers mois, les conseillers à la sécurité israéliens ont rencontré régulièrement leurs homologues russes pour maintenir ce niveau de coopération.

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