Netanyahu annonce vouloir rejoindre le pacte de libre voyage avec plusieurs pays
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Netanyahu annonce vouloir rejoindre le pacte de libre voyage avec plusieurs pays

Le Premier ministre a déclaré aux dirigeants de sept nations avec de faibles taux d'infection que Jérusalem était heureux de promouvoir le tourisme et le commerce

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participe à une visioconférence avec les leaders des pays qui sont parvenus à contrôler l'épidémie de coronavirus, le 7 mai 2020 (Crédit :  Amos Ben-Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participe à une visioconférence avec les leaders des pays qui sont parvenus à contrôler l'épidémie de coronavirus, le 7 mai 2020 (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi, lors d’une rencontre en ligne entre leaders internationaux, que l’Etat juif serait « heureux de participer à l’accord sur les déplacements aériens en toute sécurité » qui permettrait aux voyages internationaux de reprendre entre les pays étant parvenus à combattre avec succès la pandémie de coronavirus, selon son bureau.

Netanyahu a vanté le secteur high-tech qui a permis de gérer la pandémie relativement bien mais a ajouté que la technologie ne suffirait pas au maintien des liens internationaux.

« Les hautes technologies représentent une grande partie de notre économie. Il y a deux jours, une firme d’une valeur d’un milliard de dollars a été vendue ici dans le cadre d’un accord qui a été conclu via Zoom. Des gens ont investi un milliard de dollars dans le high-tech à Jérusalem, en utilisant Zoom ! », a dit Netanyahu, selon un communiqué de son bureau, alors qu’il évoquait l’acquisition, lundi, de la start-up Moovit par le géant technologique américain Intel pour la somme d’environ 900 millions de dollars.

Toutefois, a continué Netanyahu, « je ne pense que ce soit une solution parce que les gens veulent travailler, ils veulent pouvoir se parler et avoir l’occasion de se rencontrer les uns les autres ».

Netanyahu a été l’un des leaders mondiaux ayant pris part à la visioconférence qui avait été organisée par le chancelier autrichien Sebastian Kurz et qui visait à débattre des stratégies variées de prise en charge du virus – et notamment des moyens permettant de rouvrir petit à petit les économies des différents pays après des semaines de restrictions drastiques.

Parmi les autres dirigeants ayant participé à cette visioconférence, le Premier ministre australien Scott Morrison, la Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern, le Premier ministre danois Mette Frederiksen, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et le Premier ministre tchèque Andrej Babis.

Selon un reportage paru dimanche dans le Wall Street Journal, les pays – dont les leaders s’étaient déjà entretenus via visioconférence il y a deux semaines – ont décidé de se rassembler pour promouvoir le tourisme et le commerce entre eux, alors qu’ils recherchent à reconstruire les économies de leurs nations mises à mal par le virus.

Des avions d’El Al à l’aéroport international Ben Gurion, le 12 avril 2020. (Flash90)

L’initiative, qui a été proposée par l’Autrichien Kurz, offrirait une manière de rouvrir les frontières aux pays concernés – un grand nombre dépendent lourdement du tourisme – avec un risque moindre de laisser entrer les personnes transportant potentiellement le COVID-19.

Selon le bureau du Premier ministre, les leaders, jeudi, ont convenu d’organiser « des rencontres consacrées aux secteurs du tourisme et de l’aviation entre les ministres du Tourisme des différents pays ».

Le bureau du Premier ministre a indiqué que Netanyahu « a également souligné la nécessité de la reprise des vols vers les Etats-Unis ».

L’Etat juif interdit actuellement l’entrée de tous les étrangers sur son territoire. Les Israéliens de retour dans le pays, après un séjour à l’international, doivent eux respecter une quarantaine de deux semaines.

Annonçant lundi un allègement spectaculaire des restrictions de distanciation sociale et la levée des limitations sur les déplacements et les activités économiques, Netanyahu a expliqué qu’Israël cherchait un moyen « de se reconnecter au monde » mais sans exposer le pays au risque d’une éventuelle contagion de la part des ressortissants d’Etats qui présentent encore aujourd’hui un taux d’infection élevé.

Le Wall Street Journal a fait savoir qu’avant de procéder à l’ouverture des frontières, qui pourrait intervenir d’ici quelques semaines, des protocoles communs entre les pays seraient mis en place, sur la base du port du masque, des règles de distanciation sociale et du dépistage.

Evoquant les « moyens de revenir à une routine en toute sécurité », Netanyahu a déclaré aux dirigeants que même les pays affichant une tendance positive dans leur lutte contre le coronavirus devaient s’attendre à une seconde vague potentielle de la maladie.

« En fait, personne ne sait ce qui va arriver quand on ouvrira nos économies et nos écoles. Nous devons être prêts et préparés à faire face à un éventuel effet accordéon, et à la perspective que nous devions, encore une fois, nous replier sur nous-mêmes », a-t-il continué.

Selon le communiqué du bureau du Premier ministre, Netanyahu a présenté la politique israélienne de fermeture des « zones rouges », qui se caractérisent par des taux élevés d’infection, pour permettre aux autres secteurs présentant des taux plus bas de COVID-19 de continuer leurs activités de la manière la plus normale possible.

« Nous avons isolé les groupes et nous les avons différemment pris en charge. Nous avons fait intervenir l’armée dans ces secteurs – les militaires leur ont apporté une aide alimentaire et leur assistance jusqu’à ce que nous soyons parvenus à faire baisser le taux de manière raisonnable. Et là, nous avons ouvert la zone », s’est enorgueilli le Premier ministre. « Notre expérience a été très réussie. »

Des officiers de la police des Frontières tiennent un barrage conformément aux mesures du gouvernement pour aider à endiguer la propagation du coronavirus à Bnei Brak, le 3 avril 2020. (AP Photo / Oded Balilty)

Au cours de la visioconférence, les leaders ont également convenu que l’Autorité nationale de cybersécurité israélienne prendrait la tête des discussions sur « les bases de données sans nuire à la confidentialité » – faisant apparemment référence au suivi, par le pays, des informations personnelles sensibles des citoyens afin de localiser les porteurs potentiels du virus.

Jérusalem et Vienne auraient étroitement coordonné leurs réponses respectives à la crise causée par le coronavirus, Israël modelant ses stratégies de manière à alléger les restrictions sur l’Autriche, l’un des premiers pays d’Europe à rouvrir son économie.

Le taux d’infection au coronavirus, au sein de l’Etat juif, a chuté de manière significative ces derniers jours, avec un nombre de nouveaux cas en 24 heures qui a baissé à moins de cent de manière constante depuis le début de la semaine.

Le nombre de malades placés sous respirateur a également continué à décroître. Il s’élevait à 68, jeudi dans la soirée. Ces chiffres ont permis à Israël de commencer à s’ouvrir à nouveau et de réfléchir à mettre un terme à toute une série de restrictions.

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