Netanyahu est certain que la vaccination de masse lui fera gagner les élections
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Netanyahu est certain que la vaccination de masse lui fera gagner les élections

Crédité de 40 sièges lors du vote, le Premier ministre dit à ses proches que Saar est un "ballon qui va éclater" ; le recrutement de l'envoyé US Ron Dermer a échoué pour l'instant

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu après avoir été vacciné une première fois contre le coronavirus dans le cadre d'un programme national de vaccination, au centre médical Sheba, à Tel Hashomer, près de Tel Aviv, le 19 décembre 2020. (Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu après avoir été vacciné une première fois contre le coronavirus dans le cadre d'un programme national de vaccination, au centre médical Sheba, à Tel Hashomer, près de Tel Aviv, le 19 décembre 2020. (Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serait convaincu que le programme de vaccination de masse contre le coronavirus donnera à son parti, le Likud, un coup de pouce pour remporter les élections de mars prochain, expliquant à ses proches que cela augmenterait le nombre de sièges alloués à la faction Likud de la Knesset.

Les personnes qui se rendent au bureau de Netanyahu peuvent régulièrement voir deux graphiques colorés qu’il conserve sur son bureau, l’un montrant les chiffres de l’infection par le virus, l’autre le classement du Likud dans les sondages d’opinion, selon un article publié mercredi par Zman Yisrael, le site jumeau du Times of Israel en langue hébraïque.

Les graphiques montrent qu’après la sortie du pays de son premier confinement au printemps dernier, après avoir réussi à faire baisser le nombre d’infections quotidiennes à deux chiffres, le Likud a été crédité dans les sondages d’une quarantaine de sièges à la Knesset, contre 36 auparavant.

Cependant, une rapide levée des restrictions de confinement a vite été suivie d’une augmentation des infections virales conduisant à un deuxième confinement en septembre, puis, à partir de dimanche de cette semaine, à un troisième confinement du pays, qui devrait se poursuivre pendant au moins deux semaines et probablement plus.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à son bureau de Jérusalem lors d’un appel téléphonique avec le dirigeant des Émirats arabes unis, Mohammed Ben Zayed, le 13 août 2020. (Kobi Gideon/PMO)

Dans les mois qui ont suivi, alors que la crise du virus a eu un impact sur l’économie, faisant augmenter le chômage et imposant des restrictions sur de nombreux aspects de la vie publique, le Likud a régulièrement chuté dans les sondages pour atteindre un certain nombre de sièges à la Knesset de 20 ou 32 sièges selon les propres sondages du parti.

Cela, dit Netanyahu aux gens dans son bureau, va maintenant changer car le programme de vaccination apporte un soulagement très attendu. Le 23 mars, jour du scrutin, il s’attend à ce que le Likud ait atteint un nouveau sommet de popularité, estimant que le parti remportera 38 à 40 sièges.

Netanyahu a l’habitude de dire à ses invités que les vaccinations, ainsi que le sentiment d’être enfin libéré du coronavirus, vont changer radicalement l’état d’esprit de l’économie et de la société.

« En fin de compte, les gens votent en fonction des actions entreprises, des résultats, des réalisations », déclare M. Netanyahu. « Au moment de vérité, ils savent qui leur a apporté les vaccins, et qui les sort de la crise. »

Le coronavirus sera au cœur du vote à venir, affirme-t-il, et « les élections porteront sur cela et sur rien d’autre ».

Mardi, Netanyahu a visité un centre de vaccination, posant avec le 500 000e citoyen vacciné. Des photos semblables sont attendues à chaque étape du programme national de vaccination.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (4e à gauche) et le ministre de la Santé Yuli Edelstein ( 2e à droite) en compagnie de David Herzl Levy, qui devient le 500 000e Israélien à être vacciné contre le coronavirus. (Amos Ben-Gershom/GPO)

Netanyahu écarte également la menace que l’ancien membre du Likud Gideon Saar, qui a créé au début du mois le parti Tikva Hadasha pour défier directement Netanyahu pour le pouvoir, et la désertion de l’ancien ministre Zeev Elkin, un confident du Premier ministre, qui est passé à Tikva Hadasha en disant qu’il ne peut plus soutenir Netanyahu en toute bonne conscience. D’autres députés du Likud ont également rejoint le parti de Saar.

« Saar n’est qu’un ballon gonflé qui va éclater », aurait dit Netanyahu à ses invités, qualifiant le défi de Tikva Hadasha d’“amateurisme” et de « non-sens », et affirmant que le parti n’a pas les racines politiques, la base ou la tradition nécessaires pour devenir une force dirigeante.

Gideon Saar pendant une visite à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 16 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il aurait fait remarquer qu’historiquement, à part le Parti travailliste, aucun autre parti n’a fait face au Likud et n’a résisté à l’épreuve du temps.

De récents sondages ont ainsi montré que les Travaillistes ne devraient pas franchir le seuil de la Knesset. Le partenaire du gouvernement d’union du Likud, le parti du ministre de la Défense Benny Gantz, Kakhol lavan, a chuté dans les sondages et se situe juste au-dessus du seuil, bien qu’il ait remporté 33 sièges lors des dernières élections.

Au sein du Likud, Netanyahu est en train de consolider sa position. Bien que le tribunal interne du parti ait décidé dimanche que les primaires devraient avoir lieu, sa commission législative et son secrétariat devraient mettre l’idée en veilleuse, selon le reportage. Dans le même temps, Netanyahu cherche à réserver des places pour trois choix personnels sur la liste du parti, pour finalement obtenir les positions 5, 26 et 30.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Ron Dermer, à la maison d’hôtes du président, à Washington, DC, le 14 février 2017. (Avi Ohayon/GPO)

M. Netanyahu veut pourvoir la cinquième place de haut-rang avec l’ambassadeur sortant d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer, qui terminera son mandat avec le début de la nouvelle administration Biden en janvier.

Cependant, on dit que M. Dermer ne s’intéresse pas pour l’instant à l’arène politique ou publique, étant plus enclin à rejoindre un groupe de réflexion. Il a également refusé l’offre de Netanyahu de diriger le Conseil national de sécurité, a rapporté Zman.

Le prochain changement d’administration aux États-Unis a été accompagné de rumeurs selon lesquelles le président américain sortant Donald Trump, qui a coopéré étroitement avec Netanyahu pendant son mandat, pourrait se rendre en Israël en février dans ce qui pourrait être un coup de pouce pour le Premier ministre. Cependant, des sources proches de Netanyahu nient qu’une visite soit prévue, selon le rapport.

Un sondage d’opinion de la Douzième chaîne publié dimanche prévoit 28 sièges pour le Likud, 19 pour Tikva Hadasha, 16 pour Yesh Atid-Telem de Yair Lapid, 13 pour Yamina, 11 pour la Liste arabe unie, 8 chacun pour le Shas et Yahadout HaTorah, 7 pour Yisrael Beytenu et 5 pour à la fois Kakhol lavan et Meretz. Les Travaillistes ne franchissent pas le seuil d’entrée à la Knesset dans le sondage.

Les résultats du sondage ont montré que ni le Likud ni son rival Tikva Hadasha ne seraient capables de former une coalition sans l’autre.

Les élections, les quatrièmes en deux ans, ont été convoquées la semaine dernière après que le gouvernement de partage du pouvoir du Likud et de Kakhol lavan ne soit pas parvenu à s’entendre sur un budget avant la date limite du 23 décembre.

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