Netanyahu: Le Hezbollah « ment ouvertement au monde » sur les sites d’armement
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Netanyahu: Le Hezbollah « ment ouvertement au monde » sur les sites d’armement

Le Premier ministre a déclaré que les envoyés à Beyrouth ont participé à une "visite trompeuse de propagande" ; le groupe terroriste avait trois jours pour nettoyer la zone

Capture d'écran d'une vidéo du Premier ministre Benjamin Netanyahu montrant un schéma d'un site détenu par le Hezbollah près de Beyrouth, lors de son discours devant la 73ème Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 27 septembre 2018. (Crédit : Nations Unies)
Capture d'écran d'une vidéo du Premier ministre Benjamin Netanyahu montrant un schéma d'un site détenu par le Hezbollah près de Beyrouth, lors de son discours devant la 73ème Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 27 septembre 2018. (Crédit : Nations Unies)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le groupe terroriste libanais du Hezbollah, mandataire de l’Iran, de « mentir ouvertement » à la communauté internationale sur les structures secrètes d’armement établies dans Beyrouth et dans ses environs et dont le Premier ministre israélien a révélé l’existence au monde dans son discours prononcé lors de l’Assemblée générale des Nations unies, la semaine dernière.

Netanyahu a expliqué dans une déclaration, lundi, que le ministre libanais des Affaires étrangères Gibran Bassil avait emmené 73 envoyés étrangers faire une « visite trompeuse de propagande » des sites de missiles présumés, tout en s’abstenant de montrer aux ambassadeurs les structures souterraines où le Hezbollah stockerait des missiles de précision.

« Le Hezbollah ment ouvertement à la communauté internationale avec cette visite trompeuse de propagande dirigée par le ministre libanais des Affaires étrangères qui a emmené les ambassadeurs au terrain de football [l’un des sites de missiles présumés] mais qui s’est abstenu de les emmener à la structure de production souterraine des missiles de précision », a dit Netanyahu.

Lundi, Bassil a emmené un groupe d’ambassadeurs visiter un complexe de natation et un stade de sport pour tenter de réfuter les accusations israéliennes.

« Aujourd’hui, le Liban élève la voix en s’adressant à tous les pays du monde… pour réfuter les affirmations faites par Israël », aurait dit Bassil. Selon la Dixième chaîne israélienne, le Liban craindrait que les sites ne fassent l’objet d’une attaque israélienne.

Netanyahu a ajouté que les envoyés « devraient se demander pourquoi [les autorités libanaises] ont attendu trois jours » pour faire cette visite. Le Premier ministre avait déclaré dans son discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre, que le Hezbollah avait installé des sites secrets de transformation de missiles à Beyrouth et dans ses environs.

L’un des sites présumés est situé sous un terrain de football utilisé par une équipe parrainée par le Hezbollah. Un autre se situerait au nord de l’aéroport international Rafik Hariri et un troisième serait enterré sous le port de Beyrouth, à moins de 500 mètres du tarmac de l’aéroport.

Les forces de sécurité libanaises à l’entrée du stade Al-Ahed, au sud de Beyrouth, durant une visite des sites de missiles présumés organisée par le ministre des Affaires étrangères libanais pour les ambassadeurs, le 1er octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Ces trois sites, estime l’armée israélienne, ne seraient pas les seuls à être utilisés par le Hezbollah pour la fabrication et le stockage de missiles de précision.

Le Hezbollah, a dit Netanyahu, a pris la peine de nettoyer les structures visitées de manière à ce que les diplomates puissent visiter le secteur.

« Il est affligeant de voir que le gouvernement libanais sacrifie la sécurité de ses citoyens tout en couvrant le Hezbollah qui a pris le Liban en otage dans son agression contre Israël », a dit Netanyahu.

Le ministre des affaires étrangères du Liban Gibran Bassil réunit 73 envoyés et journalistes étrangers au stade Al-Ahed, au sud de Beyrouth, le 1er octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Dans la matinée de lundi, les militaires israéliens ont diffusé une vidéo notant que trois jours se sont écoulés depuis que Netanyahu a présenté, dans le détail, la présence des structures présumées.

« En trois jours, il est possible de nettoyer une usine de missiles de précision, d’inviter des ambassadeurs étrangers et d’espérer que le monde n’y verra que du feu », a noté l’armée.

Elle a vivement recommandé à la communauté internationale de ne pas être leurrée par ce qu’elle a qualifié de « mensonges du Hezbollah ».

L’ambassadeur russe au Liban, Alexander Zasypkin, a expliqué que la visite avait été « très bien ».

« Dans les sphères diplomatique et politique, il y a de nombreuses déclarations », a-t-il dit à l’Associated Press. « Ce que nous avons vu ici, ce sont des faits. Il y a un club et un stade. Je ne peux pas imaginer quelque chose de secret se dérouler ici. Nous l’avons constaté de nos propres yeux ».

Dans son discours devant l’ONU prononcé jeudi, Netanyahu a montré une image par satellite présentant les trois sites utilisés par le Hezbollah et il a accusé le groupe terroriste chiite d’utiliser les résidents de Beyrouth comme des boucliers humains.

« Alors, j’ai également un message pour le Hezbollah aujourd’hui : Israël sait, Israël sait ce que vous êtes en train de faire. Israël sait où vous le faites. Et Israël ne vous laissera pas faire », s’est exclamé Netanyahu.

Benjamin Netanyahu à l’Assemblée générale de l’ONU, le 27 septembre 2018. (Crédit : AFP/TIMOTHY A. CLARY)

Le Hezbollah, dont les forces contrôlent le sud du Liban – à la frontière avec Israël – et les faubourgs du sud de Beyrouth, où est établi l’aéroport, n’a pas encore officiellement réagi aux accusations.

Bassil a fustigé Israël, lundi, un Etat qui, a-t-il dit, « a violé notre terre, notre espace aérien et notre espace maritime 1 417 fois au cours des huit derniers mois ».

Israël a tenté « de justifier une autre violation des résolutions de l’ONU et de justifier une autre agression contre un pays souverain », a-t-il poursuivi.

L’Etat juif s’est opposé au Hezbollah au cours de plusieurs conflits, dont le dernier remonte à 2006.

Bassil a expliqué que son gouvernement n’autoriserait pas la présence de structures de roquettes à proximité de l’aéroport et que le Hezbollah avait « trop de sagesse » pour les implanter à cet endroit. Il a ajouté que les affirmations faites par Netanyahu étaient basées sur des estimations « inexactes », sans aucune « preuve convaincante ».

« Le Liban demande qu’Israël cesse cette folie », a-t-il continué.

Bassil a noté que la visite de lundi, à laquelle ont participé les ambassadeurs et des journalistes, n’était pas une « mission d’enquête » mais qu’elle entrait dans le cadre d’une « contre-attaque diplomatique » visant à réfuter les allégations du Premier ministre israélien.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah s’est récemment enorgueilli de ce que son groupe possédait dorénavant des missiles « de haute précision » malgré les tentatives israéliennes de l’empêcher de s’en procurer.

Bassil a reconnu la véracité des propos de Nasrallah mais a ajouté que « cela ne signifie pas que ces missiles sont présents aux alentours directs de l’aéroport de Beyrouth ».

Peu après le discours de Netanyahu, jeudi, l’armée a diffusé des images des sites qui, selon elle, sont utilisés par le Hezbollah pour cacher des structures de production de missiles de précision.

Le ministre des affaires étrangères du Liban Gibran Bassil s’adresse aux médias après avoir réuni 73 envoyés et journalistes étrangers à proximité de l’aéroport international au sud de Beyrouth, lors d’une visite des sites missiles secrets présumés aux environs de la capitale libanaise, le1er octobre 2018 AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Ces sites sont très proches de l’aéroport de Beyrouth.

Les usines, qui servent à transformer des missiles en missiles de précision plus sophistiqués, ne seraient pas en fonctionnement. Les militaires israéliens ont déclaré qu’ils sont actuellement fabriqués avec l’aide de l’Iran.

La cible de la frappe aérienne israélienne du mois dernier, durant laquelle un avion espion russe a été abattu par erreur par les forces syriennes, était un équipement utilisé dans la production des missiles de précision en direction du Hezbollah, a appris le Times of Israel.

Une image d’un panneau montré par le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies montrant les sites de missiles de précision du Hezbollah cachés à Beyrouth (Crédit : GPO)

Selon Netanyahu, ces missiles de précision sont capables de frapper à 10 mètres de leur cible donnée. Le Hezbollah détiendrait un arsenal de 100 000 à 150 000 roquettes et missiles, même si la vaste majorité manquerait de technologie de précision.

Image satellite diffusée par les forces de défense israéliennes montrant un site proche de l’aéroport international de Beyrouth qui, selon l’armée, est utilisé par le Hezbollah pour convertir des missiles ordinaires en munitions à guidage de précision, le 27 septembre 2018. (Forces de défense israéliennes)

L’armée a expliqué que ces structures sont « un autre exemple de l’ancrage iranien dans la région et de l’influence négative de l’Iran ».

Netanyahu, pour sa part, a accusé le groupe terroriste libanais « d’utiliser délibérément la population innocente de Beyrouth comme bouclier humain ».

Selon l’armée israélienne, le Hezbollah a commencé à travailler sur ces usines de missiles sol-sol l’année dernière.

Des informations portant sur la construction d’usines de transformation de missiles souterraines au Liban avaient été révélées pour la toute première fois au mois de mars 2017.

Depuis, les responsables israéliens ont répété qu’Israël ne tolérerait pas de telles structures.

Au mois de janvier, Netanyahu a indiqué que le Liban « est en train de devenir une usine pour les missiles de précision qui menace Israël. Ces missiles représentent une menace grave pour Israël que nous ne pouvons pas accepter ».

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