Netanyahu n’a pas évoqué les négociations avec le Maroc avec Gantz et Ashkenazi
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Netanyahu n’a pas évoqué les négociations avec le Maroc avec Gantz et Ashkenazi

Les leaders de Kakhol lavan disent avoir été avertis grâce à l'administration Trump ; Netanyahu aurait parlé à Gantz quelques heures avant l'annonce, sans la mentionner

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan (à gauche), et le député Gabi Ashkenazi lors d'un événement de campagne électorale à l'approche des élections de mars, à Kfar Saba, le 12 février 2020. (Gili Yaari / Flash90)
Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan (à gauche), et le député Gabi Ashkenazi lors d'un événement de campagne électorale à l'approche des élections de mars, à Kfar Saba, le 12 février 2020. (Gili Yaari / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, une fois encore, gardé ses partenaires de coalition du parti Kakhol lavan dans l’ignorance de la conclusion d’un accord avec une nation arabe, ont fait savoir les médias jeudi. Ainsi, c’est la Maison Blanche, et non le bureau du Premier ministre, qui aurait évoqué le rétablissement des liens entre l’Etat juif et le Maroc au ministre de la Défense, Benny Gantz, et au ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, avant que cette reprise des relations diplomatiques ne soit annoncée officiellement.

Un porte-parole d’Ashkenazi a fait savoir que l’administration Trump avait informé les ministres Kakhol lavan il y a plusieurs semaines de progrès réalisés vers un accord. Et ils ont été notifiés de la finalisation de ce dernier mercredi par les Etats-Unis, a continué le porte-parole.

Pour sa part, Netanyahu, qui s’était entretenu au téléphone jeudi avec Gantz quelques heures avant l’annonce, n’a pas mentionné l’existence de ce dernier à son ministre, a précisé la Douzième chaîne.

Gantz et Ashkenazi avaient entendu parler des accords conclus entre Israël et les Emirats arabes unis et Bahreïn après les faits. Ils avaient été informés en amont de l’annonce que le Soudan prendrait des initiatives pour normaliser ses liens avec l’Etat juif, mais ils avaient été, une nouvelle fois, tenus à l’écart lors du voyage secret qu’aurait effectué Benjamin Netanyahu en Arabe saoudite, le mois dernier, où le Premier ministre avait rencontré le prince héritier Mohammed bin Salman et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo pour débattre d’une possible normalisation israélo-saoudienne. Les ministres Kakhol lavan n’avaient entendu parler de ce déplacement qu’après le retour de Netanyahu en Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et le roi du Maroc Mohammed VI. (Crédit : Abir Sultan, Evan Vucci et Palais royal du Maroc / AP)

« Organiser un tel déplacement nécessite l’implication de dizaines de personnes pour des arrangements sécuritaires. Mais comme d’habitude, personne n’était au courant », avait twitté à ce moment-là Yair Lapid, chef de l’opposition. « On ne les implique pas dans les questions diplomatiques. »

L’accord sur les EAU avait été accompagné par un arrangement souscrit avec les Etats-Unis portant sur la vente, à la nation du Golfe, d’avions-chasseurs F-35 avancés et d’autres armes de haut-niveau – une initiative à laquelle Gantz s’était opposé initialement, même s’il devait plus tard donner son accord. Le ministre de la Défense avait accusé Netanyahu de l’avoir gardé, ainsi que d’autres hauts-responsables de la Défense, dans l’ignorance dans ce dossier, et Netanyahu a insisté à plusieurs reprises qu’il n’avait jamais donné d’approbation à ces ventes au nom d’Israël.

Les relations entre le Likud et Kakhol lavan sont au plus bas alors que le parti de Gantz a voté, cette semaine, en faveur de la dissolution de la Knesset, ce qui entraînerait la quatrième élection en moins de deux ans. La principale inquiétude du parti centriste est le refus opposé par le Premier ministre à l’adoption immédiate d’un budget biannuel – un budget qui est la seule faille visible dans l’accord de coalition qui permettrait à Netanyahu d’empêcher Gantz de lui succéder au poste de Premier ministre au mois de novembre, comme les deux hommes en avaient convenu dans leur pacte.

Le leader du Likud a affirmé, la semaine dernière, qu’il ne pouvait pas respecter sa part de l’accord si Kakhol lavan continuait à violer « l’esprit » de leur accord d’unité.

Même s’il n’a pas été tenu au courant par Netanyahu, Ashkenazi a émis un communiqué, jeudi, saluant la reprise des relations avec le Maroc. Il a remercié Trump pour sa promotion « de la paix et de la stabilité » au Moyen-Orient et pour son soutien apporté à Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un vote à la Knesset, le 24 août 2020, pour repousser une échéance budgétaire et ainsi éviter des élections. (Crédit : Oren Ben Hakoon/POOL)

« C’est un autre grand jour pour la diplomatie israélienne – un jour de lumière – approprié à la fête de Hanoukka », a-t-il ajouté, en référence à la fête juive qui a commencé hier.

Cette annonce importante a été faite via un Tweet écrit par Trump dans la journée de jeudi.

Dans le cadre de l’annonce, Trump a aussi déclaré que les Etats-Unis reconnaîtraient la souveraineté du Maroc sur la région du Sahara occidental.

Alors qu’il se prépare à terminer son mandat, Trump a fait savoir que l’État juif et le Maroc reprendraient des relations diplomatiques et autres, avec notamment l’ouverture immédiate de bureaux de liaison à Rabat et à Tel Aviv, voire même l’ouverture éventuelle d’ambassades. Les responsables américains ont également évoqué la mise en place de lignes aériennes directes entre les deux pays.

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