Netanyahu ordonne le raccordement à l’électricité de 12 avant-postes illégaux
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Netanyahu ordonne le raccordement à l’électricité de 12 avant-postes illégaux

Huit jours avant le scrutin, le bureau du Premier ministre dit que ces communautés sauvages, construites avec au moins un soutien partiel de l'Etat, pourront être légalisées

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Une maison d'un habitant d'implantation à Esh Kodesh en Cisjordanie, le 20 juillet 2015 (Crédit : Garrett Mills/Flash 90)
Une maison d'un habitant d'implantation à Esh Kodesh en Cisjordanie, le 20 juillet 2015 (Crédit : Garrett Mills/Flash 90)

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné, dimanche, le raccordement de douze avants-postes illégaux en Cisjordanie au réseau électrique de l’Etat – un geste du Premier ministre en direction des partisans du mouvement pro-implantation à seulement huit jours des élections du 2 mars.

Le directeur-général du bureau du Premier ministre, Ronen Peretz, a écrit dans un courrier adressé à Avi Roeh, conseiller aux affaires des implantations, une unité du ministère de la Défense, que cette douzaine de communautés sauvages qui auront droit au raccordement « ont été établies il y a de nombreuses années sur des terres considérées comme appartenant à l’Etat, souvent avec l’encouragement du gouvernement et sur la base de considérations sécuritaires ».

Peretz a ajouté que le gouvernement était actuellement en train de légaliser un grand nombre des plus de cent avants-postes de Cisjordanie. Mais en même temps, ces résidents se retrouvent à vivre « sans jouir des conditions de vie de base, comme l’approvisionnement en électricité et en eau », a déploré la lettre de Peretz.

« Cette dure réalité pose une menace sécuritaire réelle lorsque tous les avants-postes se trouvent dans l’obscurité totale pendant la nuit », a-t-il ajouté.

Tandis que la communauté internationale considère toutes les activités d’implantation comme illégales, Israël, pour sa part, fait la différence entre des constructions qui ont été érigées en toute légalité et avec l’autorisation du ministère de la Justice sur des terres appartenant à l’Etat et les avants-postes illégaux édifiés sans les permis nécessaires, parfois sur des terres palestiniennes privées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours de la cérémonie d’inauguration d’un nouveau quartier dans l’implantation de Kiryat Arba, le 23 février 2020 (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Les avants-postes cités dans la missive de Peretz sont Nofei Nehemiah, Havat Yair, Hilltop 851, Maoz Zvi et Shaharit dans le nord de la Cisjordanie ; Pnei Kedem, Tekoa D, Esh Kodesh et Achiya dans le centre de la région et Asahel dans le sud.

Jusqu’à présent, ces petites communautés – constituées majoritairement de plusieurs douzaines de familles – obtenaient l’électricité via des générateurs reliés aux implantations voisines.

David Elhayani, président de l’organisation-cadre des maires d’implantation, le conseil de Yesha, a remercié Netanyahu dans un communiqué, qualifiant sa décision de « nouveau pas effectué vers la légalisation de toutes les implantations israéliennes » en Cisjordanie.

Le chef du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a également salué cette initiative tout en appelant le Premier ministre à ne pas oublier les douzaines d’avants-postes restants qui ne disposent pas d’un approvisionnement en électricité stable, comme c’est le cas de Havat Gilad.

Le cabinet a voté la légalisation de cette communauté sauvage du nord de la Cisjordanie l’année dernière, mais ce processus doit encore être finalisé et la ville reste actuellement déconnectée du réseau électrique.

L’avant-poste de Havat Gilad, en Cisjordanie, le 10 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cette directive donnée dimanche par Netanyahu est le dernier geste en direction des habitants d’implantation et des partisans du mouvement à une semaine des élections, une initiative visant à glaner les soutiens pour son bloc de droite.

La semaine dernière, Netanyahu avait annoncé qu’il avait levé les restrictions entravant la construction du quartier Givat Hamatos à Jérusalem-Est – un projet controversé – disant que 3 000 habitations seraient construites pour les résidents juifs, là-bas, en plus de 2 200 unités de logement pour les Juifs dans le quartier voisin de Har Homa.

Cette annonce de Netanyahu avait eu lieu moins de deux semaines après l’avancée d’un projet du ministère du Logement, visant à construire un large quartier juif dans un secteur de Jérusalem-Est qui semblait pourtant avoir été destiné, par le plan de paix de l’administration Trump, à l’édification d’un centre palestinien de tourisme.

Netanyahu a pris la parole, dimanche, lors d’une cérémonie inaugurant un nouveau quartier dans l’implantation de Kiryat Arba, dans le sud de la Cisjordanie. Il s’est vanté d’avoir été profondément impliqué dans l’élaboration du plan de paix de Trump, qui comprend la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain ainsi que sur toutes les implantations de Cisjordanie.

Il a confirmé que les membres américains d’une commission chargée de cartographier les zones de Cisjordanie qui pourraient être annexées par Israël dans le cadre de la proposition de paix allaient arriver sous peu au sein de l’Etat juif.

« Ce plan a été mené à bien parce que je me suis battu en sa faveur… J’ai résisté à des pressions que jamais un Premier ministre n’avait subies auparavant », a clamé Netanyahu, qui a ajouté que sa capacité « à influencer l’opinion publique américaine » avait fait de lui un Premier ministre plus « dur » que ne l’avait été le père fondateur et tout premier chef du gouvernement de l’Etat juif David Ben-Gurion.

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