Netanyahu réclame un plan de défense aérienne de 1 milliard de NIS contre l’Iran
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Netanyahu réclame un plan de défense aérienne de 1 milliard de NIS contre l’Iran

Le projet serait axé spécifiquement sur la menace des missiles de croisière ; l'approbation complète du budget devra attendre la prestation de serment du prochain gouvernement

Illustration: Le missile Arrow 3 est lancé depuis la base aérienne de Palmachim dans le centre d'Israël le 10 décembre 2015. (Ministère de la Défense)
Illustration: Le missile Arrow 3 est lancé depuis la base aérienne de Palmachim dans le centre d'Israël le 10 décembre 2015. (Ministère de la Défense)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu insiste pour faire avancer un vaste projet de défense aérienne visant à contrer la menace d’une attaque de l’Iran, a rapporté dimanche la chaîne publique Kan.

Le projet d’1 milliard de shekels (250 millions d’euros) mettrait particulièrement l’accent sur la défense du pays contre les attaques au missile de croisière, à l’instar des frappes sur les installations pétrolières saoudiennes le mois dernier imputées à l’Iran.

Des fonctionnaires du Trésor ont dit au radiodiffuseur Kan que le projet de défense aérienne fait l’objet de discussions depuis un certain temps, mais qu’une grande partie du financement ne pourra être approuvée qu’une fois que le prochain gouvernement aura prêté serment. Les pourparlers entre la coalition et le gouvernement d’unité n’ont pas progressé depuis les élections du mois dernier, qui n’ont pas permis de sortir d’une impasse politique qui avait commencé après les élections précédentes en avril.

Le ministère des Finances a proposé des options pour le financement du projet de défense, y compris à partir du budget existant du ministère de la Défense. Toutefois, cette option semble peu probable, selon le rapport, et les coûts sont plus susceptibles d’être couverts par des réductions des budgets civils et des augmentations d’impôts.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime pendant l’ouverture de la 22ème Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dimanche, le cabinet de sécurité de haut niveau s’est réuni pour la première fois en deux mois, alors que les dirigeants israéliens ont lancé ces derniers jours des avertissements énigmatiques concernant une menace sécuritaire croissante venant d’Iran. La réunion a commencé en fin d’après-midi et s’est poursuivie pendant près de six heures.

Les discussions se fondent sur la crainte que l’Iran, enhardi par une récente série d’attaques qui n’ont suscité aucune réponse militaire de la part de l’Occident ou de ses ennemis du Moyen Orient, ne vise à attaquer Israël, selon la Douzième chaîne.

Les autorités iraniennes pensent que l’Iran aurait publié des informations sur un complot « israélo-arabe » visant à assassiner le général Qassem Soleimani, chef de la Force d’élite Al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique en Iran, sous prétexte d’attaquer Israël, selon la Douzième chaîne.

Tant Netanyahu que le président Reuven Rivlin ont mentionné des besoins cruciaux en matière de sécurité ces derniers jours lorsqu’ils ont appelé à la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Netanyahu, lors d’un discours prononcé jeudi lors de la prestation de serment de la nouvelle Knesset, a également appelé à la mise en place d’un « gouvernement d’unité nationale », affirmant que les défis sécuritaires du pays exigeaient une stabilité politique.

« Ce n’est pas une pirouette, ce n’est pas un caprice, ce n’est pas ‘Netanyahu essayant de nous faire peur’, a-t-il dit. Quiconque connaît la situation sait que l’Iran est de plus en plus fort et qu’il attaque le monde entier en disant clairement : ‘Israël va disparaître’. Ils y croient, ils y travaillent, nous devons les prendre au sérieux ».

Netanyahu a fait pression sur son rival Kakhol lavan pour qu’il rejoigne une coalition dirigée par lui et comprenant des partis de droite et des partis Haredi. Benny Gantz, le dirigeant de Kakhol lavan, a jusqu’à présent refusé de faire partie d’une coalition avec Netanyahu, tant que le dirigeant du Likud sera accusé de corruption, et il ne veut pas rejoindre un gouvernement constitué de partis de droite et ultra-orthodoxe. Kakhol lavan a dit qu’un gouvernement d’unité avec le Likud pourrait être formé « en une heure » si Netanyahu se retirait.

Le 14 septembre, une attaque de missiles de croisière et de drones contre les installations pétrolières de l’Arabie saoudite a détruit la moitié de la production pétrolière du royaume. Bien que les rebelles yéménites Houthi soutenus par l’Iran aient revendiqué cette attaque, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Arabie saoudite ont accusé l’Iran d’être derrière cette attaque.

Dommages à l’infrastructure du champ pétrolier de Kuirais de Saudi Aramco à Buqyaq, en Arabie Saoudite, le 15 septembre 2019. (Gouvernement américain/ Digital Globe, annotations comprises, via AP)

L’Iran menace régulièrement Israël, le considérant comme un puissant ennemi allié des États-Unis et des pays sunnites de la région contre Téhéran et ses ambitions nucléaires.

Israël a également contrecarré les opérations iraniennes en Syrie voisine où ses combattants et ceux du mandataire iranien Hezbollah combattent aux côtés des forces fidèles au président syrien Bashar el-Assad depuis 2011.

Israël s’est juré d’empêcher les milices régionales mandatées par l’Iran d’obtenir des armes avancées à utiliser contre l’État juif et a mené des centaines de frappes aériennes en Syrie qui, selon lui, devaient empêcher la livraison des armes et faire cesser le retranchement militaire de l’Iran dans ce pays.

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