Rechercher

Netanyahu relaie un post accusant l’ex-chef du Shin Bet de s’être autoproclamé « Premier ministre de facto »

Selon le Premier ministre, Ronen Bar a mené une "rébellion" et une "campagne de dissimulation" ; Netanyahu aurait recruté des réservistes pour obtenir les comptes rendus de réunions à l'insu de Tsahal

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, (à gauche) et le chef du Shin Bet, Ronen Bar, au cours d’un toast avant Pessah, le 4 avril 2023. (Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, (à gauche) et le chef du Shin Bet, Ronen Bar, au cours d’un toast avant Pessah, le 4 avril 2023. (Kobi Gideon/GPO)

Lundi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié sur les réseaux sociaux un message accusant l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, d’avoir falsifié l’enquête menée par les services de renseignement sur le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 et de s’être positionné comme « Premier ministre de facto » après l’attaque.

Ce message est apparu pour la première fois vendredi sur le réseau social X, posté par l’ancien porte-parole du Likud, Erez Tadmor. Netanyahu l’a partagé presque mot pour mot trois jours plus tard sur son compte X, attribuant la paternité du message à Tadmor.

Tadmor, dans ce message, affirmait que Bar avait décrété que Netanyahu était « un Premier ministre sans légitimité, qui avait déjà entraîné Israël dans une guerre inutile [la guerre de Gaza de 2014]. Par conséquent, afin de l’empêcher de commettre une nouvelle erreur, Bar a décidé de s’auto-proclamer Premier ministre de facto dans la nuit du massacre [du 7-Octobre] ».

Il a en outre affirmé que « après que ses décisions ont conduit à la plus grande catastrophe de l’histoire du pays, Bar a réalisé que la seule chose qui pourrait s’avérer être pire que ces décisions irresponsables était qu’elles avaient été prises dans le cadre d’une rébellion contre le Premier ministre — et il a donc décidé de falsifier l’enquête du Shin Bet ».

« Les hauts responsables du Shin Bet en particulier, et les hauts responsables des services de sécurité en général, ont été contaminés par un virus antidémocratique », a continué Tadmor dans le message relayé par Netanyahu, ajoutant qu’ils avaient agi comme s’ils étaient tenus de « protéger l’État d’Israël du Premier ministre ».

« Après que la rébellion qu’ils ont menée a abouti au plus terrible désastre de l’Histoire de l’État, ils ont ajouté le péché au crime, se lançant dans une campagne qui visait à dissimuler, à falsifier et à réécrire l’histoire », a conclu Tadmor.

Cette republication, par Netanyahu, des allégations de Tadmor concernant une insurrection qui aurait été menée par Bar est intervenue environ huit mois après que le cabinet a voté le limogeage de Bar sur recommandation du Premier ministre, donnant lieu à une bataille juridique devant la Haute Cour de justice. Bar avait démissionné un mois plus tard, invoquant sa responsabilité personnelle dans l’incapacité de l’agence à prévenir l’attaque du 7-Octobre, mais confiant toutefois que Netanyahu cherchait à le destituer pour des raisons personnelles et politiques.

Alors qu’Israël se prépare pour les élections qui se dérouleront dans le courant de l’année, le Premier ministre a redoublé d’efforts pour se dédouaner de toute responsabilité concernant les événements du 7-Octobre, préférant rejeter la faute sur les services de sécurité.

Jeudi, il a publié un document de 55 pages dans lequel figurent des citations choisies, issues des réunions du cabinet au cours des années qui ont précédé le 7-Octobre. Un document qui dépeint l’image d’un Netanyahu qui aurait ostensiblement poussé à l’adoption de politiques agressives contre le Hamas, tandis que ses rivaux politiques actuels, ainsi que les chefs de la sécurité, auraient pour leur part préconisé des accords à long terme avec le groupe terroriste et bloqué l’assassinat de ses dirigeants. Le document contenait les réponses de Netanyahu à l’enquête, qui a depuis été mise en pause, menée par le contrôleur de l’État Matanyahu Englman sur l’attaque.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une séance plénière à l’occasion du 77e anniversaire de la Knesset, le 2 février 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À sa publication, ce document a été – vivement – dénoncé par Yoav Gallant, qui était le ministre de la Défense de Netanyahu le 7-Octobre et qui est encore membre du Likud, qualifiant sans détour le Premier ministre de menteur.

Il a également suscité de virulentes critiques de personnalités de l’opposition, notamment de la part de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui a décrit le Premier ministre comme « le Forrest Gump israélien« , « un personnage faible, pitoyable et impuissant, qui s’est retrouvé par hasard au cœur des événements ».

« Ce n’est pas un dirigeant, c’est un dirigé. Ce n’est pas un commandant, mais un subordonné », a déclaré Bennett. Le mot « nebbish » est un terme péjoratif yiddish, qui peut être traduit par « pauvre type ».

Le leader du parti HaMahane HaMamlahti-Kakhol lavan, Benny Gantz, a estimé, de son côté, que ce document était une « réécriture de l’histoire ».

Netanyahu occupe le poste de Premier ministre depuis 2009 – un règne qui n’a été interrompu que pendant une période de 18 mois, en 2021-2022. Il a appliqué une politique visant à encourager le Qatar à envoyer des centaines de millions de dollars dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Une politique qu’il a publiquement défendue comme essentielle pour maintenir la paix et prévenir une catastrophe humanitaire dans l’enclave côtière.

Netanyahu a obtenu les procès-verbaux du 7-Octobre auprès de soldats

Alors que Netanyahu s’efforce de rejeter la responsabilité sur d’autres, lundi, le quotidien Haaretz a rapporté que le cabinet du Premier ministre avait recruté l’an dernier des soldats de réserve de l’unité de renseignement de l’armée israélienne, afin d’obtenir les procès-verbaux de différentes réunions de sécurité datant d’avant et d’après le 7-Octobre.

Selon l’article, les soldats ont été recrutés durant les mois de mai et juin 2024 par le secrétaire militaire de Netanyahu, Roman Gofman, à l’insu du chef de l’armée israélienne de l’époque, Herzi Halevi.

De gauche à droite : Le ministre de la Défense Yoav Gallant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi et le directeur de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet Ronen Bar dans la salle d’opérations spéciales supervisant une mission de libération d’otages dans la bande de Gaza, le 8 juin 2024. (Crédit : Agence de sécurité intérieure du Shin Bet)

Selon l’article, les réservistes n’ont pas été informés de l’objectif de leur mission. S’ils ont pu se demander si le fait de trier les procès-verbaux des réunions de sécurité était utile à l’armée, ils n’ont toutefois pas fait part de leurs interrogations à leurs commandants.

Une fois les procès-verbaux pertinents obtenus, rapporte l’article, Gofman les a transmis au secrétaire du Cabinet Yossi Fuchs. Celui-ci les a ensuite remis à Netanyahu, lequel les aurait – apparemment – utilisés dans son document de 55 pages.

En réponse à l’article, l’armée israélienne a fait savoir que les réservistes « avaient été affectés à des tâches professionnelles et opérationnelles dans le cadre des activités courantes du secrétariat militaire, et qu’ils les avaient accomplies ».

Le chef de l’opposition Yair Lapid, suite à la publication de l’article, a accusé Netanyahu d’avoir falsifié les procès-verbaux de sécurité, appelant la police à envisager l’ouverture d’une enquête pénale visant le Premier ministre.

« Le document de Netanyahu est une falsification des protocoles de sécurité dans un document officiel publié par le bureau du Premier ministre israélien, d’une manière qui ne peut être que délibérée », a déclaré Lapid.

Le chef de l’opposition Yair Lapid préside une réunion de son groupe parlementaire Yesh Atid à la Knesset à Jérusalem, le 9 février 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu « a commis une erreur », a-t-il ajouté. « Il a ouvert la boîte de Pandore. Et maintenant, ils s’efforcent de la refermer. Mais cela ne marchera pas. »

« Le problème n’est pas que Netanyahu ment. Le fait que Netanyahu puisse mentir n’est pas vraiment une nouveauté. C’est beaucoup plus grave que cela. Le fait de modifier de manière partiale des procès-verbaux de discussions sur la sécurité est constitutif d’une violation de la loi sur les secrets officiels », a poursuivi Lapid.

Les personnes impliquées dans la publication du document de 55 pages « sont également impliquées dans une opération de dissimulation, de fraude et de complot visant à tromper le contrôleur de l’État, la commission des Affaires étrangères et de la Défense et la population israélienne », a souligné Lapid. « Il s’agit d’un complot qui vise à nuire à notre capacité à tirer les enseignements du 7-Octobre et à nous défendre à l’avenir. »

Pour Lapid, la description donnée par Netanyahu de l’évaluation sécuritaire qu’il avait effectuée avec des hauts responsables de la Défense et de la sécurité le 1er octobre 2023, moins d’une semaine avant l’attaque, a omis des détails essentiels et ele n’a fourni qu’un seul paragraphe trompeur.

« Dans le résumé de la discussion proprement dite », a indiqué Lapid, « Netanyahu a donné pour instruction de poursuivre les accords civils avec le Hamas — ce qui signifie plus d’argent pour le Hamas et une augmentation du nombre de travailleurs entrant depuis Gaza — et d’aller de l’avant, et ceci est également une citation : ‘sous une directive de maintien du calme' ».

Selon la chaîne N12, lors de cette réunion, les chefs de la sécurité avaient recommandé à Israël d’assassiner les dirigeants du Hamas. Netanyahu, cependant, avait conditionné toute opération de ce type à l’éclatement d’un conflit. Même dans ce cas, il avait donné pour instruction à l’establishment de la Défense de se concentrer sur les dirigeants de Cisjordanie. Moins d’une semaine plus tard, les terroristes du Hamas avaient envahi le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes, kidnappant 251 otages à Gaza et déclenchant la guerre.

Netanyahu et son gouvernement ont résisté pendant plus de deux ans – depuis l’attaque – aux pressions réclamant la création d’une commission d’enquête nationale. Il n’a cessé d’affirmer qu’une commission nationale étant nommée par le pouvoir judiciaire (dont son gouvernement cherche à limiter les pouvoirs), elle risquerait de se montrer partiale à l’égard du gouvernement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, le 5 février 2026 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les personnalités de l’opposition, les groupes de surveillance du gouvernement, les organisations de protestation et les familles de plusieurs anciens otages, une commission nationale est l’unique outil qui permettrait d’enquêter sur la catastrophe de manière indépendante et exhaustive.

Mais au lieu de former une commission nationale, le gouvernement a proposé un projet de loi qui créerait ce qu’il appelle une « commission d’enquête nationale d’État », dont les membres seraient choisis par Netanyahu et sa coalition – l’opposition boycottant les débats, comme on pouvait s’y attendre.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.