Netanyahu rencontrera Pence et Pompeo au prochain sommet sur le Moyen-Orient
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Netanyahu rencontrera Pence et Pompeo au prochain sommet sur le Moyen-Orient

Divers aspects de l'hostilité iranienne seront "la priorité de l'agenda", a dit le Premier ministre au sujet de cette conférence qui commencera mercredi à Varsovie

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le vice-président américain Mike Pence, à gauche, salué par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 22 janvier 2018 (Crédit :  Hadas Parush/Flash90
Le vice-président américain Mike Pence, à gauche, salué par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 22 janvier 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu va rencontrer le vice-président américain Mike Pence et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo lors d’une conférence organisée en milieu de semaine à Varsovie au sujet du Moyen-Orient.

« En tête d’agenda, il y a l’Iran – comment continuer à l’empêcher de s’implanter en Syrie, comment déjouer ses agressions dans la région et, surtout, comment empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires », a commenté Netanyahu dimanche au cours de la réunion hebdomadaire de son cabinet.

Netanyahu doit décoller mardi pour la capitale polonaise, où il s’exprimera lors de la « conférence ministérielle de promotion d’un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient », qui a été organisée conjointement par la Pologne et les Etats-Unis et qui se tiendra les 13 et 14 février prochains.

Le Premier ministre rencontrera d’autres leaders internationaux, a-t-il indiqué dimanche, sans donner davantage de détails sur son emploi du temps.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Brasilia, le 1er janvier 2019 (Avi Ohayon/GPO)

Les initiatives visant à déjouer les agressions iraniennes dans la région – et notamment ses tentatives d’ancrage militaire, ses efforts de modernisation de son arsenal balistique et ses ambitions nucléaires – devraient être au centre du sommet, même si les organisateurs ont affirmé que l’objectif de la conférence n’était pas de dénigrer l’Iran.

Le conflit israélo-palestinien pourrait être un autre sujet débattu à Varsovie, même si les responsables palestiniens ont fait savoir, la semaine dernière, qu’ils boycotteraient l’événement.

« Concernant les déclarations faisant état du fait que nous avons été invités, nous pouvons dire qu’à ce jour, nous n’avons eu des contacts qu’avec les Polonais », a écrit vendredi sur sa page Twitter le secrétaire-général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat.

« Notre positionnement reste clair : nous n’assisterons pas à cette conférence et nous répétons que nous n’avons confié à personne la mission de parler au nom de la #Palestine, », a-t-il ajouté.

La déclaration d’Erekat est intervenue après qu’un responsable de la Maison Blanche a indiqué aux journalistes que les Palestiniens avaient été conviés à la conférence.

« La conférence de Varsovie est une tentative d’outrepasser l’Initiative de paix arabe et de détruire le projet national palestinien », a ajouté Erekat, faisant référence à une proposition saoudienne d’élargir la reconnaissance par les pays arabes de l’Etat juif en échange d’un retrait aux lignes d’armistice pré-1967 et de la mise en place d’une « solution équitable » pour les réfugiés palestiniens.

Des manifestants palestiniens brandissent des portraits de feu le leader palestinien Yasser Arafat et du président américain Donald Trump lors d’un rassemblement en soutien au Fatah, à Naplouse, en Cisjordanie, le 17 juillet 2018 (Crédit : AFP Photo/Jaafar Ashtiyeh)

Cette déclaration a eu lieu vingt-quatre heures après que le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a qualifié la conférence de « conspiration américaine ».

L’AP boycotte l’administration Trump depuis la reconnaissance par le président américain de Jérusalem en tant que capitale d’Israël en 2017 – une initiative qui, selon l’Autorité palestinienne, empêche dorénavant les Etats-Unis de tenir le rôle d’intermédiaire honnête dans d’éventuelles négociations de paix.

Les relations entre les deux parties ont continué, depuis, à se détériorer. L’administration américaine a mis un terme aux aides fournies aux Palestiniens et a coupé ses versements au président de l’AP Mahmoud Abbas en raison de son refus d’entrer dans des négociations et des paiements effectués par Ramallah aux terroristes condamnés et à leurs familles.

Selon un haut-responsable américain, Jared Kushner, le conseiller de Trump – également son gendre – évoquera l’initiative de paix de la Maison Blanche pendant le sommet et répondra aux questions du public.

« Nous aurions été très heureux d’entendre le point de vue de l’Autorité palestinienne au cours de ces discussions. Je veux vraiment souligner qu’il ne s’agit pas de négociations mais bien d’un débat et que nous sommes impatients d’avoir une conversation constructive à Varsovie », aurait ajouté le responsable, selon Reuters.

Sur cette photo du jeudi 21 juin 2018, prise par l’agence de presse égyptienne MENA, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, (à droite), rencontre le gendre et conseiller principal du président Donald Trump, Jared Kushner, (deuxième à gauche), et l’envoyé du Moyen Orient Jason Greenblatt au Caire, en Égypte, lors de la dernière étape d’une tournée régionale pour examiner un schéma directeur pour un accord de paix Israélio-palestinien. (MENA via AP)

Kushner sera accompagné en Pologne par Jason Greenblatt, envoyé de Trump pour la paix israélo-palestinienne.

Aux côtés de l’envoyé américain pour l’Iran, Brian Hook, et d’autres responsables de l’administration, les deux hommes devraient se rendre au Moyen-Orient, ce mois-ci, pour livrer des informations sur la section économique de la proposition de paix américaine aux diplomates d’au moins cinq pays.

Des haltes à Oman, au Bahrein, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar ont été confirmées. D’autres pourraient venir s’ajouter, selon un responsable de la Maison Blanche.

Le plan de paix américain comprendrait une proposition de développement économique en faveur des Palestiniens qui prévoirait des travaux industriels et d’infrastructure majeurs, particulièrement dans la bande de Gaza. Pour que le plan réussisse, il aura besoin du soutien initial de l’Etat juif et des Palestiniens ainsi que des États du Golfe – à qui, selon les responsables, il pourrait être demandé de substantiellement financer le volet économique.

Un responsable américain a indiqué la semaine dernière au Times of Israel que la date de divulgation du plan n’avait pas encore été été décidée, reconnaissant que « de nombreuses considérations » étaient susceptibles de jouer un rôle et qu’il serait, au mieux, rendu public à la mi-mai.

Parmi ces considérations, les élections du 9 avril en Israël et le processus de construction de la coalition qui suivra, les fêtes de Pessah (du 19 au 26 avril), le Ramadan (du 5 mai au 4 juin) et les journées de Commémoration et de l’Indépendance israélienne (du 7 au 9 mai).

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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