Netanyahu rentre en Israël ; l’armée ferme une station de ski du Golan
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Netanyahu rentre en Israël ; l’armée ferme une station de ski du Golan

La zone frontalière avec la Syrie a déjà été attaquée par le passé ; le Premier ministre, actuellement en Grèce, a annoncé interrompre son voyage suite à la mort de Soleimani

Des gens profitent de la neige à la station de ski du Mont Hermon dans le nord d'Israël, le 28 décembre 2019. (Basel Awidat/Flash90)
Des gens profitent de la neige à la station de ski du Mont Hermon dans le nord d'Israël, le 28 décembre 2019. (Basel Awidat/Flash90)

Vendredi matin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement en Grèce après avoir signé un accord majeur pour un gazoduc ce jeudi, a annoncé interrompre son voyage pour rentrer en Israël après la mort à Bagdad dans une frappe américaine du général iranien Qassem Soleimani. Benjamin Netanyahu devait rester à Athènes jusqu’à samedi.

Dans le même temps, une station de ski israélienne, située à proximité de la frontière syrienne et qui a déjà été visée par une précédente attaque de missile, a été fermée aux touristes par l’armée vendredi. L’armée craint que l’Iran ne cherche à se venger sur Israël pour l’élimination par les Etats-Unis du général.

L’armée israélienne a annoncé qu’elle avait ordonné la fermeture de la station de ski du mont Hermon sur le plateau du Golan pour la journée « dans le contexte d’une évaluation de la situation ». La station de ski du Mont Hermon est située dans le secteur nord du plateau du Golan. Elle se trouve sur la pente sud d’une crête qui va jusqu’en Syrie. Le site a déjà été ciblé dans deux attaques distinctes l’année dernière.

De son côté, le ministre de la Défense Naftali Bennett a convoqué une réunion avec les responsables de la Défense au quartier général militaire à Tel Aviv afin d’évaluer la situation.

Des médias israéliens ont fait savoir que le ministère des Affaires étrangères avait décidé de renforcer la sécurité des ambassades et de missions diplomatiques israéliennes dans le monde.

Israël a accusé ces derniers mois la force al-Qods de préparer des frappes de drones depuis la Syrie et de convertir, depuis le Liban et avec le Hezbollah libanais, des roquettes en missiles de précision pouvant causer d’importants dommages sur le sol israélien.

Le 20 janvier 2019, la Force Al-Qods avait tiré un missile dans la zone de la station de ski Hermon, selon l’armée israélienne.

Le système du Dôme de fer intercepte une roquette à la station de ski du mont Hermon, le 20 janvier 2019. (Capture d’écran : Twitter)

Le missile avait été intercepté par le système anti-missile du Dôme de fer alors que des skieurs effrayés observaient la scène depuis les pistes de ski.

En juin, deux roquettes supplémentaires ont été tirées sur la station de ski d’Hermon depuis la Syrie, même si l’armée n’avait pas précisé qui était responsable des tirs.

Des éclats d’une des roquettes avaient touché et endommagé un cable d’une remontée mécanique, qui n’était pas en fonction à ce moment-là.

Des combattants liés à l’Iran ont tiré des dizaines de missiles sur Israël ces dernières années, même si peu de missiles ont réussi à toucher le territoire israélien, selon Tsahal.

Soleimani était considéré par Israël comme le principal responsable de ces attaques de missiles.

De son côté, le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants, a condamné vendredi la frappe américaine contre le responsable militaire iranien, la qualifiant de « crime américain qui accroît les tensions dans la région ».

Impliqué dans trois guerres contre Israël depuis 2008, le Hamas a présenté « ses sincères condoléances » à l’Iran pour le « martyr » de Qassem Soleimani, « l’un des plus éminents chefs de guerre iraniens », a ajouté le mouvement dans un communiqué.

Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, grand allié de l’Iran, a promis vendredi « le juste châtiment » aux « assassins criminels » responsables de la mort du général iranien Qassem Soleimani.

Et le Front populaire de libération de Palestine (FPLP), groupe armé d’obédience marxiste, a appelé à une réponse « coordonnée » des « forces de la résistance » de la région à la suite du décès de Qassem Soleimani.

Ces derniers évènements et réactions surviennent quelques heures après qu’une frappe aérienne américaine sur deux voitures à l’aéroport de Baghdad a tué Qassem Soleimani, le puissant chef de la force d’élite Al-Qods de l’Iran. Soleimani était une pièce majeure dans l’activité des forces iraniennes et des alliés pro-Iran en Syrie.

D’autres cadres d’une milice pro-Iran en Irak ont également été tués.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif a tweeté que l’attaque sur Soleimani était « une escalade stupide ».

« Les Etats-Unis portent la responsabilité pour toutes les conséquences de leur aventurisme de voyou », a-t-il écrit.

Vendredi, Mohsen Rezaei, un ancien chef des Gardiens de la Révolution iranienne, dont la force Al-Qods fait partie, a menacé que Téhéran se « vengerait avec force » contre les Etats-Unis pour l’attaque.

Le haut conseil de sécurité de l’Iran a convoqué une réunion d’urgence vendredi pour discuter du « martyr » de Soleimani, a rapporté l’agence de presse semi-officielle ISNA.

Qassem Soleimani, commandant de la force Quds, participe à une marche commémorant l’anniversaire de la Révolution islamique de 1979, à Téhéran, Iran, le 11 février 2016. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)

« Dans quelques heures, une réunion extraordinaire du Conseil national suprême de sécurité aura lieu pour évoquer l’attaque meurtrière sur le véhicule du général Soleimani à Baghdad qui a conduit à son martyr », a déclaré Keyvan Khosravi, le porte-parole de son secrétariat, cité par ISNA.

Des officiels israéliens avait déjà exprimé des craintes que l’Iran, ou ses alliés en Syrie, ne puissent tirer des missiles contre Israël comme une forme de riposte sur les Etats-Unis pour les tensions régionales croissantes.

« Il y a bien un risque – il n’est pas haut, mais il existe – que les Iraniens puissent s’en prendre à Israël et nous entraîner dans tout cela », a déclaré le ministère des Affaires étrangères Israel Katz à la Radio de l’Armée mercredi. Ils doivent avoir clairement compris que nous répondrons avec force à toute attaque ».

Il n’y a pas eu d’autres réactions israéliennes immédiate à l’élimination de Soleimani, et l’armée n’a pas imposé d’autres restrictions spécifiques de déplacement.

A New York, le maire Bill de Blasio a déclaré que la police allait prendre des mesures supplémentaires pour protéger la ville contre toute attaque potentielle iranienne.

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