Netanyahu sur une possible rencontre Trump-Rouhani : « je ne lui dicte rien »
Rechercher

Netanyahu sur une possible rencontre Trump-Rouhani : « je ne lui dicte rien »

Si de telles discussions ont lieu, le Premier ministre pense que le président américain fera preuve d'une approche "intransigeante et sobre"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte le 10 Downing Street à Londres le 5 septembre 2019 après une rencontre avec son homologue britannique, Boris Johnson. (Crédit : DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte le 10 Downing Street à Londres le 5 septembre 2019 après une rencontre avec son homologue britannique, Boris Johnson. (Crédit : DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a reconnu jeudi qu’une rencontre entre le président américain et son homologue iranien Hassan Rouhani, à laquelle il s’est toujours farouchement opposé, pourrait néanmoins avoir lieu dans un futur proche.

« La possibilité d’une rencontre entre Trump et Rouhani existe », a-t-il concédé aux journalistes après une rencontre avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson, à Londres jeudi. « Je ne dis pas au président qui rencontrer. »

Cela étant, si c’est bien le cas, Netanyahu s’est dit « certain que le président l’abordera de façon plus dure et plus sobre que ce que nous avons vu précédemment ».

Mercredi, Trump a fait savoir aux journalistes qu’il n’excluait pas de rencontrer Rouhani dans un futur proche. Interrogé à la Maison Blanche sur la possibilité d’un entretien avec le dirigeant iranien aux Nations unies, le chef de l’État américain a répondu : « Bien sûr, tout est possible ».

Ces dernières semaines, la France s’efforce de faire la médiation entre les États-Unis et l’Iran pour qu’ils trouvent une solution diplomatique à l’impasse nucléaire. Lors des récentes discussions au G7 à Biarritz, Emmanuel Macron a convié de façon inattendue le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. Il ne s’est pas entretenu avec Donald Trump, mais ce dernier a déclaré qu’il serait « certainement d’accord » pour rencontrer Rouhani bientôt dans les « circonstances appropriées », et qu’il y avait « une très bonne chance » que cela se produise.

Israël s’en inquiéterait sérieusement, redoutant que le président américain n’entame un dialogue avec l’Iran similaire à celui en cours avec la Corée du Nord, relâchant la pression sur Téhéran.

Jeudi matin, en route pour la capitale britannique, le Premier ministre israélien a appelé à accroître la pression sur la République islamique plutôt que de la réduire.

« Ce n’est pas le moment de mener des négociations avec l’Iran », a-t-il répété.

La visite de Zarif au G7 le 25 août a eu lieu le jour-même où Israël a frappé la Syrie, assurant avoir agi de façon préventive contre une attaque planifiée sur l’État juif soutenue par des combattants iraniens équipés de drones armés.

Netanyahu a indiqué jeudi que « l’invitation de Macron à Zarif le jour où l’Iran commet une agression était extrêmement inappropriée. Je l’ai dit à Macron ».

Il a ajouté que toutes négociations internationales avec Téhéran devaient être « de larges négociations : sur les armes nucléaires, les missiles balistiques et le conditionnement de tout accord à la fin de l’agression [de l’Iran] partout dans le monde ».

Le président iranien Hassan Rouhani en conférence de presse à Téhéran, le 26 août 2019. (Crédit : Bureau du président iranien via AP)

Mercredi, Rouhani annonçait réduire ses engagements vis-à-vis de l’accord nucléaire de 2015, promettant d’accélérer ses activités si l’Europe ne satisfaisait pas les exigences de l’Iran.

« À partir de vendredi, nous assisterons aux travaux de recherche et développement sur différents types de centrifugeuses et de nouvelles et ferons le nécessaire pour enrichir de l’uranium de façon accélérée », a assuré le président iranien lors d’une allocution à la télévision d’État. « Toutes limitations sur la recherche et le développement seront levées vendredi ».

« Ce matin, nous avons été informés d’une autre violation, encore plus grave, par l’Iran, cette fois-ci dans son effort visant à obtenir des armes nucléaires », a souligné Netanyahu jeudi

Et d’ajouter : « Cela s’inscrit dans le sillage des actions agressives de l’Iran contre la navigation internationale et contre les pays dans la région, mais aussi bien les efforts destinés à mener des attaques meurtrières contre l’Etat d’Israël, des efforts qui n’ont pas cessé ».

Le président américain Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron au sommet du G7 à Biarritz, le 25 août 2019. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Lors de sa rencontre avec Boris Johnson, Netanyahu a déclaré, « L’agression et le terrorisme de l’Iran nous met aux défis, et j’aimerais vous parler de la façon dont nous pouvons travailler ensemble sur les moyens de contrer cela au profit de la paix ».

Plus tard dans la journée, Netanyahu a rencontré le secrétaire d’État américain à la défense, Ben Wallace, et le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, qui se trouvait également à Londres.

Esper a fait savoir sur Twitter qu’il avait évoqué « nos défis sécuritaires communs » avec le Premier ministre israélien.

« J’apprécie qu’il ait pris le temps de se rendre à Londres pour que l’on se rencontre sur ces sujets importants », a assuré Esper.

Le Royaume-Uni est l’un des signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et continue à soutenir fermement l’accord, mais le pays s’est récemment opposé à la République islamique après que l’Iran a bloqué un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz. Les autorités britanniques avaient auparavant saisi un tanker transportant du pétrole iranien au large des côtes de Gibraltar.

Raphael Ahren et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...