Netanyahu veut réduire des versements à l’AP après le meurtre d’Ori Ansbacher
L'AP verse 330 M $ par an aux proches de terroristes palestiniens détenus ou tués après avoir mené des attaques terroristes contre des Israéliens - soit 7 % de son budget annuel
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche son intention de réduire à partir de la semaine prochaine des fonds reversés aux Palestiniens, trois jours après le meurtre d’une jeune Israélienne aux abords de Jérusalem attribué à un Palestinien par la police.
Le corps d’Ori Ansbacher, 19 ans, a été retrouvé jeudi soir dans le sud de Jérusalem. Les services de sécurité israéliens ont annoncé samedi l’arrestation de Arafat Irfaiya, un Palestinien originaire de Hébron, en Cisjordanie, soupçonné d’avoir commis le meurtre.
En réaction à ce meurtre qui a provoqué une très vive émotion en Israël, M. Netanyahu, qui n’a pas employé le terme de « terroriste », a annoncé dimanche que son gouvernement allait prendre les mesures nécessaires pour appliquer, à partir de la semaine prochaine, une loi votée en juillet dernier.
Le ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh a fait savoir, pour sa part, que son gouvernement n’accepterait pas de tels agissements.
Le texte en question permettrait à Israël de soustraire les sommes octroyées par l’Autorité palestinienne aux détenus palestiniens de l’argent qu’Israël lui reverse au titre des taxes prélevées sur les biens destinés aux territoires palestiniens.
La loi, bien que votée à la Knesset, n’avait pas été appliquée jusqu’à présent.
Appliquer la loi « immédiatement »
Selon le député israélien à l’origine de loi, l’Autorité palestinienne verse 330 millions de dollars par an aux familles de terroristes palestiniens détenus par Israël ou qui ont été tués après avoir mené des attaques terroristes contre des Israéliens. Cela représente 7 % de son budget annuel.
« Je vais réunir le cabinet dimanche prochain et nous ferons passer la décision nécessaire pour réduire ces transferts. Que personne n’ait le moindre doute, cela sera fait la semaine prochaine », a prévenu M. Netanyahu, à l’issue du Conseil des ministres.
Hussein al-Sheikh, proche confident du président Mahmoud Abbas, a indiqué à l’AFP que « l’Autorité palestinienne refusera de recevoir l’ensemble des fonds reversés si Israël en prélève une partie ». Il a dénoncé une « menace explicite pour semer le chaos ». Il n’a cependant pas précisé ce qu’entreprendrait l’Autorité palestinienne.
Auparavant, le ministre de l’Education Naftali Bennett avait appelé sur Twitter « le Premier ministre à appliquer cette loi immédiatement ».
M. Bennett, chef de HaYamin HaHadash, une formation qui se situe à la droite du Likud, le parti de M. Netanyahu, a lancé son appel alors que la campagne pour les élections législatives du 9 avril bat son plein.
Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan s’est déclaré lui favorable à la peine de mort « pour les terroristes ». « S’il est devenu clair qu’il n’y a pas de possibilité de réhabilitation du meurtrier et qu’il a maltraité sa victime, dans ce cas, la peine capitale peut être appliquée », a affirmé le ministre.
La peine capitale est légale en Cisjordanie, mais les tribunaux militaires devant lesquels sont traduits les Palestiniens s’abstiennent d’y avoir recours.
Un projet de loi facilitant l’application de la peine de mort a été voté l’an dernier en première lecture par le Parlement israélien.
Peine de mort
Il prévoit que les tribunaux militaires siégeant en Cisjordanie pourront prononcer la peine capitale, non plus à l’unanimité des trois juges comme c’est le cas actuellement, mais à la majorité, pour les crimes « terroristes ». Le texte final n’a cependant toujours pas été adopté.
Dans les faits, cette disposition ne s’appliquerait qu’aux Palestiniens : les Israéliens de Cisjordanie ne sont pas jugés devant des tribunaux militaires, mais devant la justice civile.
Sur le terrain, l’armée israélienne a mené dans la nuit de samedi à dimanche une opération à Hébron pour prendre les mesures de la maison du suspect palestinien en vue de son éventuelle démolition, a indiqué un porte-parole militaire.