Netanyahu veut vérifier si les remarques d’un élu arabe sont des incitations à la violence
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Netanyahu veut vérifier si les remarques d’un élu arabe sont des incitations à la violence

Jamal Zahalka a appelé le leadership palestinien à rejoindre la “lutte populaire” et a rejeté l’action du Premier ministre, jugée “infondée”

Jamal Zahalka à la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Jamal Zahalka à la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé vendredi au procureur général Avichai Mandelblit d’examiner si les appels d’un député arabe aux Palestiniens pour qu’ils empêchent les juifs de visiter le mont du Temple constituaient une incitation à la violence.

Netanyahu faisait référence aux déclarations jeudi à un site internet palestinien de Jamal Zahalka, député de la Liste arabe unie, disant que les Palestiniens devraient empêcher les juifs de visiter le mont du Temple « par tous les moyens possibles ».

Zahalka a répondu que l’appel de Netanyahu « n’a pas de base » et affirmé que les actions du Premier ministre n’avaient pour but que de « gagner une popularité à bas prix en incitant [à la haine] contre le public arabe et son leadership. »

Pendant un entretien avec Donia Al-Watan jeudi, le député de la Liste arabe unie a également affirmé que le nombre de juifs visitant le point chaud augmentait quotidiennement.

Le mont du Temple est le lieu le plus saint du judaïsme, et l’emplacement des deux anciens Temples juifs. Il est également le troisième site le plus saint pour l’islam, après La Mecque et Médine, et accueille deux sanctuaires islamiques, la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher.

Benjamin Netanyahu à une conférence de presse à Jérusalem, le 23 mars 2016 (Crédit : Raphaël Ahren/Times of Israel)
Benjamin Netanyahu à une conférence de presse à Jérusalem, le 23 mars 2016 (Crédit : Raphaël Ahren/Times of Israel)

Le député a appelé les organisations palestiniennes à se lancer dans la « lutte populaire » contre Israël, six mois après le début d’une vague d’attaques terroristes palestiniennes contre des forces de sécurité et des civils israéliens qui a assassiné 29 Israéliens et quatre ressortissants étrangers. Près de 200 Palestiniens ont été tués pendant ces violences, les deux tiers d’entre eux pendant qu’ils menaient des attaques et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

« Pendant la deuxième intifada, nous avons sacrifié 4 000 martyrs pour le salut de la mosquée Al-Aqsa, et la continuation des [visites] des juifs est la cause de l’intifada actuelle », a déclaré Zahalka au site d’informations, citant un nombre augmenté de victimes palestiniennes pendant le violent soulèvement palestinien de 2000 – 2005, qui présentait de nombreux attentats suicides et d’autres attaques terroristes contre des Israéliens. Environ 1 000 Israéliens et 3 200 Palestiniens ont été tués pendant les violences, selon les chiffres officiels.

« La question est de savoir si les groupes [palestiniens] rejoindront la lutte populaire et agiront à un niveau national, où s’ils la laisseront aux jeunes qui mènent des attaques de loups solitaires ? »

Mais dans un communiqué publié après la publication des premiers articles en hébreu sur son entretien, Zahalka a édulcoré ses remarques, affirmant que son intention était d’éviter un bain de sang et que les autorités devraient empêcher les visites provocantes sur le mont.

« Il est de mon devoir public de prévenir de la possibilité d’une dangereuse détérioration, en conséquence de personnes de droite entrant à Al-Aqsa », a déclaré Zahalka dans son communiqué.

Il a cité les émeutes qui ont suivi une visite en septembre 2000 du Premier ministre de l’époque, Ariel Sharon, dont il dit qu’elle « a mené à l’éclatement de la deuxième Intifada et à l’assassinat de plus de 4 000 personnes », un nombre proche du total de victimes israéliennes et palestiniennes.

Cette semaine, une association israélienne a révélé qu’un mariage juif avait eu lieu sur le mont du Temple, en violation du fragile statu quo en vigueur sur le site, qui interdit aux juifs d’y prier.

« Tout doit être fait pour empêcher un bain de sang supplémentaire, et si le gouvernement israélien est intéressé à calmer les choses, il doit empêcher les visites provocantes dans la zone de la mosquée, a ensuite déclaré Zahalka dans un communiqué. Il doit comprendre que le problème réside dans les visites, et pas dans l’appel à y mettre fin. »

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