Netanyahu violemment critiqué alors que l’affaire Bezeq s’emballe
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Netanyahu violemment critiqué alors que l’affaire Bezeq s’emballe

L'ex-ministre de la Défense Yaalon dénonce le "silence" du Likud ; Pour la chef du Meretz, la corruption "systémique" de Netanyahu a fait d'Israël le paradis des oligarques

Moshe Yaalon (Miriam Alster / Flash90)
Moshe Yaalon (Miriam Alster / Flash90)

L’ancien ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a appelé samedi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner à cause de l’aggravation des soupçons de corruption à son encontre, affirmant qu’Israël méritait mieux que son leadership raté et sa « politique de survie ».

Réagissant aux informations selon lesquelles la police disposerait de preuves « solides » de la corruption de Netanyahu, Yaalon a également critiqué sévèrement les autres membres du Likud du Premier ministre, qui le soutiennent aveuglément.

« Je constate ce ‘silence des agneaux’ au Likud ; sont-ils tous si préoccupés par des considérations de survie à courte vue, pour compromettre nos valeurs et nos intérêts nationaux ? » a demandé Yaalon lors d’un événement culturel à Tel Aviv.

« Je pense que toute personne censée devrait demander à Netanyahu de démissionner ou de dissoudre la coalition et de convoquer de nouvelles élections », a-t-il ajouté.

« Le pays est dans cet état parce que ses dirigeants sont préoccupés par les questions de survie politique », a dit Yaalon. Le temps est venu pour nous d’avoir un Premier ministre qui n’a pas besoin d’être interrogé. Le temps est venu de remettre Israël sur les rails. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense d’alors, Moshe Yaalon, à Jérusalem, le 8 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yaalon, ancien chef d’état-major de Tsahal, a rejoint le Likud en novembre 2008, représentant le parti à la Knesset de 2009 à 2016, les quatre dernières années en tant que ministre de la Défense. L’année dernière, il a démissionné du parti en invoquant les « forces extrémistes et dangereuses » qui, selon lui, prenaient Israël et le Likud en otage.

Peu de temps après avoir quitté le Likud, Yaalon a révélé qu’il avait l’intention de former son propre parti, qui, selon lui, représenterait la « droite responsable » et se présenterait contre Netanyahu aux prochaines élections.

Lors d’un événement culturel distinct samedi, la présidente de Meretz Zehava Galon a déclaré que Netanyahu s’enrichit en aidant ses amis à voler le pays.

« Quiconque a vu le film ‘Inside Man’ [de Spike Lee, avec Denzel Washington, Clive Owen, Jodie Foster et Christopher Plummer] sait que pour un braquage parfait, vous avez besoin d’un complice à l’intérieur pour vous aider. Depuis 10 ans, Netanyahu est le complice de ceux qui ont volé Israël. »

Elle a poursuivi en accusant Netanyahu de « corruption systémique » et a dit qu’il avait transformé Israël en « paradis pour les oligarques ».

Vendredi, les responsables de la commission d’enquête de Bezeq sur la corruption ont déclaré que Netanyahu aura du mal à expliquer les soupçons « concrets » et les preuves « solides » contre lui, a rapporté le journal télévisé de Hadashot.

Les responsables ont également déclaré à Hadashot que les soupçons à l’encontre de Netanyahu dans le cadre de l’enquête, connue sous le nom de l’affaire 4 000, sont plus graves que ceux qui lui ont été attribués dans les affaires précédentes 1 000 et 2 000 – dans les deux cas, la police a recommandé qu’il soit inculpé pour fraude, abus de confiance et corruption.

Zehava Galon, présidente du parti Meretz, lors d’une réunion du comité des finances à la Knesset le 11 septembre 2017. (Miriam Alster / FLASH90)

Selon Hadashot, les enquêteurs de la police croient que les éléments de preuve qu’ils détiennent, y compris les témoignages, les preuves matérielles et les cassettes audio, établissent un lien direct entre Netanyahu et sa femme et les délits présumés.

Une source anonyme a déclaré à la chaîne de télévision que l’affaire avait « une conclusion très claire » et que les enquêteurs ne voyaient pas comment Netanyahu pourrait expliquer les éléments de preuve recueillis contre lui. Une autre source a déclaré que le Premier ministre avait été pris en flagrant délit de mensonge lors des précédentes séries d’interrogatoires – concernant les enquêtes sur les affaires 1 000 et 2 000.

Selon le reportage, Netanyahu et sa femme Sara, qui ont été interrogés séparément dans le cadre de l’enquête de Bezeq vendredi pendant cinq heures chacue, risquent tous deux de devoir subir d’autres interrogatoires dans le cadre de cette affaire.

L’affaire Bezeq, également connue sous le nom de l’affaire 4 000, concerne des soupçons que Shaul Elovitch, actionnaire principal du géant des télécommunications Bezeq, aurait ordonné au site d’information Walla, dont il est également propriétaire, d’accorder une bonne couverture médiatique aux Netanyahu en échange de l’avancement de la réglementation par le Premier ministre en sa faveur.

Les médias israéliens ont rapporté que le couple avait été interrogé avec précaution en tant que suspect dans cette affaire. Lorsqu’on lui a demandé de confirmer si le Premier ministre ou sa femme étaient traités comme des suspects criminels, un porte-parole de la police est resté vague, disant uniquement au Times of Israel que les interrogatoires ont eu lieu « en général dans le cadre de l’enquête ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara lors de l’inauguration d’une nouvelle unité d’urgences à l’hôpital de Barzilai d’Ashkelon, le 20 février 2018 (Crédit : Flash90)

Le mois dernier, la police a recommandé que le Premier ministre soit mis en accusation pour une série d’accusations graves de corruption, notamment de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans deux autres affaires.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et son épouse sont soupçonnés d’avoir reçu des dons illicites de bienfaiteurs milliardaires, d’une valeur d’environ 1 million de shekels (282 000 dollars) de cigares et de champagne du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan et du propriétaire de la station balnéaire australienne James Packer en échange de certains avantages.

L’affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé illicite entre Netanyahu et l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth Arnon Mozes, selon lequel le Premier ministre aurait affaibli un quotidien concurrent, Israel Hayom, soutenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable de la part de Yedioth.

Netanyahu nie tout acte répréhensible dans ces cas.

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