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Nides: Biden a dit à Lapid que « nous ne lierons jamais les mains d’Israël » sur l’Iran

L'ambassadeur a réitéré son engagement à empêcher Téhéran de fabriquer l'arme nucléaire, alors que Menendez affirme que Biden s'est engagé à soumettre un accord sur le nucléaire au Congrès

Thomas Nides témoigne devant la Commission des Affaires étrangères du sénat au Capitole de Washington, le 20 décembre 2012. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite, File)
Thomas Nides témoigne devant la Commission des Affaires étrangères du sénat au Capitole de Washington, le 20 décembre 2012. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite, File)

L’ambassadeur américain en Israël, Thomas Nides, a déclaré lundi que la Maison Blanche avait assuré à Israël qu’elle ne chercherait jamais à l’empêcher de se protéger contre l’Iran.

Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, Nides a déclaré que le président américain Joe Biden avait donné l’assurance au Premier ministre Yair Lapid, lors de leur conversation téléphonique de la semaine dernière, que les États-Unis « ne permettront jamais à l’Iran d’obtenir une arme nucléaire ».

Selon Nides, Biden a également promis à Lapid que « nous ne lierons jamais les mains d’Israël ».

« Nous avons conscience de la position agressive de l’Iran », a-t-il ajouté. « [Biden] a été très clair avec le Premier ministre sur cette conviction ».

Dans un contexte d’incertitude permanente concernant un retour de l’Iran à l’accord nucléaire de 2015, l’année dernière a vu l’armée israélienne intensifier ses efforts pour préparer une menace militaire crédible contre les installations nucléaires de Téhéran.

Nides a déclaré que les États-Unis souhaitaient parvenir à un accord diplomatique pour rétablir l’accord de 2015 limitant le programme nucléaire iranien, mais seulement sous certaines conditions. Il a ajouté qu’il restait « beaucoup de divergences » entre les parties, après un revers dans les négociations la semaine dernière, alors que l’on prédisait qu’un accord pourrait bientôt être conclu.

Nides a ajouté qu’il devait rencontrer plus tard lundi Lapid pour discuter de la question de l’Iran.

Le président américain Joe Biden, à gauche, et le Premier ministre intérimaire israélien Yair Lapid souriant après avoir signé un engagement de sécurité à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Crédit : Atef Safadi/AFP)

Toujours en Israël lundi, le président de la commission des relations étrangères au Sénat américain a déclaré que l’administration Biden s’était engagée à soumettre tout accord sur le programme nucléaire iranien au Congrès pour examen.

Le sénateur démocrate Robert Menendez du New Jersey, qui fait partie d’une délégation du Congrès en visite à Jérusalem, a en effet déclaré lors d’une conférence de presse à l’hôtel King David de la capitale qu’un examen serait effectué par sa commission et qu’il y aurait un vote sur un quelconque accord.

Il a ajouté qu’il n’était pas certain que le résultat de ce vote « atteigne le seuil prévu par la loi pour invalider l’accord ».

Le sénateur républicain Lindsey Graham de Caroline du Sud a déclaré que la délégation avait été informée par le chef du Mossad, David Barnea, qui devait partir pour Washington plus tard lundi pour des entretiens avec de hauts responsables américains sur le programme nucléaire iranien.

Les sénateurs américains dont Lindsey Graham et Bob Menendez (au centre) lors d’une conférence de presse à Jérusalem le 5 septembre 2022. (Crédit ; Jeremy Sharon)

« Le voyage du chef du Mossad aux États-Unis sera axé sur le renforcement de la sécurité et de la coordination des renseignements avec les Américains autour de la question nucléaire iranienne », a déclaré dimanche un communiqué du bureau de Lapid.

Barnea s’est vigoureusement opposé à un nouvel accord sur le nucléaire iranien la semaine dernière, et Lapid lui aurait dit que ses commentaires étaient en décalage avec les points de discussion officiels.

Lors d’une réunion du cabinet dimanche, Lapid a fait valoir que son gouvernement exerçait effectivement des pressions pour s’assurer que les réserves d’Israël concernant le nouvel accord sur l’Iran soient entendues, tout en maintenant une relation solide avec les États-Unis.

Le Premier ministre s’en est pris au chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, qui était Premier ministre lors de la signature de l’accord initial entre l’Iran et les puissances mondiales. Lapid et Netanyahu se sont publiquement affrontés la semaine dernière après que le Premier ministre a fait un briefing de sécurité à l’ancien Premier ministre sur l’accord nucléaire émergeant entre l’Iran et les puissances mondiales.

Le Premier ministre Yair Lapid rencontre le chef du Mossad David Barnea le 1er septembre 2022. (Autorisation)

« Pour ceux qui nous disent que nous ne crions pas assez, ou que nous ne sommes pas assez directs, je vais vous rappeler ce qui s’est réellement passé dans le passé : En 2015, lorsqu’Israël a insisté pour avoir une confrontation inutile avec l’administration [Obama], ce fut un échec total », a déclaré Lapid, faisant référence à un discours que Netanyahu avait prononcé devant le Congrès malgré l’opposition de l’administration Obama.

« Les Américains ont tout simplement cessé de nous écouter. La relation avec eux a été endommagée, et ils sont également allés signer un mauvais accord. »

Netanyahu a riposté à Lapid lundi.

« Pour arrêter l’Iran, nous devons agir de toutes nos forces – au Congrès, au Sénat et dans les médias américains », a déclaré l’ancien Premier ministre dans un communiqué.

« Le 1er novembre, Israël passera de la défense à l’attaque et nous ferons en sorte que l’Iran n’ait jamais d’arme nucléaire », a-t-il ajouté, en référence aux prochaines élections en Israël.

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