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Interview

Nir Barkat : mieux vaut une première guerre d’Iran qu’une 3e guerre du Liban

Le député Likud affirme que les dirigeants iraniens préfèrent la destruction d'Israël à leur propre survie, et qu'une attaque du Hezbollah nécessiterait une frappe contre l'Iran

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le député du Likud Nir Barkat s'adresse au sommet national du Conseil israélo-américain le 9 décembre 2021. (Noam Galai)
Le député du Likud Nir Barkat s'adresse au sommet national du Conseil israélo-américain le 9 décembre 2021. (Noam Galai)

HOLLYWOOD BEACH, Floride – Le député du Likud Nir Barkat a déclaré samedi que si le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, tirait sur Israël depuis le Liban, Israël devrait répondre en visant Téhéran.

Dans une interview accordée au Times of Israel en marge du sommet national du Israeli American Council (IAC) en Floride, M. Barkat a déclaré que des tirs de représailles sur le Liban – comme Israël l’a fait dans le passé – ne seraient pas suffisants à eux seuls.

« Le Hezbollah étant un mandataire de l’Iran, nous devons changer l’équation et dire ouvertement que s’ils tirent des roquettes sur Israël, cela ne conduira pas à une troisième guerre du Liban, mais plutôt à une première guerre d’Iran ; et notre cible doit être Téhéran », a-t-il déclaré.

Lorsqu’on lui a demandé si la même logique devait s’appliquer aux tirs de roquettes en provenance de Gaza, étant donné que le Hamas, qui dirige l’enclave, reçoit également des fonds de l’Iran, M. Barkat a accepté le précepte dans le principe, mais a déclaré qu’il se concentrait davantage sur le Hezbollah et son stock de roquettes.

« Afin d’empêcher une troisième guerre du Liban, nous devons nous préparer à la première guerre d’Iran », a répété le législateur du parti d’opposition du Likud, affirmant que sa position sur l’Iran était plus « agressive » que celle de la coalition.

Alors que M. Barkat et le gouvernement actuel s’opposent à un retour à l’accord sur le nucléaire iranien, le député du Likud affirme que les dirigeants israéliens doivent également s’affirmer davantage dans la lutte contre l’Iran par le biais de la guerre conventionnelle.

Avant d’arriver en Floride pour le congrès de l’IAC, M. Barkat a passé plusieurs jours à Washington où, dit-il, il s’est efforcé d’expliquer sa position aux membres du Congrès.

Barkat a affirmé qu’Israël devrait avertir les Iraniens que s’ils attaquent l’État juif – que ce soit depuis Téhéran ou Beyrouth – « nous les ramènerons dix ans en arrière, nous les frapperons dans des zones civiles qui seront les plus douloureuses pour eux. Nous allons leur nuire économiquement – leur pétrole, leur électricité, leur infrastructure. » Le fait de cibler des sites civils pourrait exposer Israël à des accusations de crimes de guerre.

À la question de savoir si une frappe aussi intense attirerait une réponse iranienne contre Israël, Barkat n’a pas été déstabilisé.

« La guerre est la guerre », a-t-il simplement répondu.

Barkat est allé plus loin dans une autre interview ce week-end, confirmant l’existence de l’arsenal nucléaire d’Israël visant à menacer l’Iran.

« La stratégie est que nous ne serons pas les premiers dans notre région à utiliser la guerre nucléaire, mais nous ne serons pas les seconds », a-t-il déclaré de manière énigmatique au New York Post. « Nous avons l’intention de rester en vie. Nous n’avons pas l’intention de tomber dans le piège de nos ennemis et je ne recommande pas à nos ennemis de nous tester. »

Le député du Likud, qui dit qu’il se présentera à la direction du parti une fois que le président de longue date Benjamin Netanyahu aura quitté ses fonctions, a fait valoir que le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, et une partie des dirigeants du pays, sont plus intéressés par le fait de « figurer dans les livres d’Histoire comme ceux qui ont détruit l’État juif » que par leur propre survie.

« L’objectif de l’islam radical est de nuire à Israël autant que possible. Je les crois et je crois ce qu’ils disent », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que ce message est difficile à communiquer à un public occidental.

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