Normalisation des liens avec Israël : un ministre juif tunisien répond
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Normalisation des liens avec Israël : un ministre juif tunisien répond

"Je n'aimerai pas que ma judéité soit un motif de rejet, je n'aimerai pas qu'elle soit non plus un motif folklorique de soutien", a écrit René Trabelsi

Sur cette photo prise le 2 mai 2018, on voit René Trabelsi au téléphone devant la synagogue de la Ghriba de l'île de villégiature tunisienne de Djerba. Trabelsi, qui appartient à la communauté juive de Tunisie, a été nommé ministre du Tourisme lors du dernier remaniement gouvernemental, le 5 novembre 2018. (Crédit : FETHI BELAID / AFP)
Sur cette photo prise le 2 mai 2018, on voit René Trabelsi au téléphone devant la synagogue de la Ghriba de l'île de villégiature tunisienne de Djerba. Trabelsi, qui appartient à la communauté juive de Tunisie, a été nommé ministre du Tourisme lors du dernier remaniement gouvernemental, le 5 novembre 2018. (Crédit : FETHI BELAID / AFP)

Le ministre proposé pour le Tourisme dans le prochain gouvernement tunisien, René Trabelsi, un voyagiste juif, s’est défendu après plusieurs mises en cause et des appels à manifester contre la « normalisation des liens avec Israël ».

Une petite manifestation contre sa nomination a eu lieu dimanche, et une poignée de gens ont, à l’appel d’une organisation tunisienne se présentant comme communiste, à nouveau protesté lundi devant le Parlement, où se tenait la séance plénière consacrée au remaniement ministériel décidé le 5 novembre.

Lors de cette plénière, plusieurs députés notamment de gauche ont accusé le chef du gouvernement Youssef Chahed de « normaliser les liens avec Israël » en désignant M. Trabelsi comme ministre.

M. Trabelsi, 56 ans, est le troisième homme de confession juive à accéder au poste de ministre, plus d’un demi-siècle après Albert Bessis (1955) et André Barouch (1956), dans un pays qui comptait alors une centaine de milliers de citoyens de confession juive, contre 1 500 aujourd’hui.

« Je n’aimerai pas que ma judéité soit un motif de rejet, je n’aimerai pas qu’elle soit non plus un motif folklorique de soutien », a écrit M. Trabelsi dans une tribune publiée par le journal électronique Businessnews.

Il évoque « des récriminations fondées sur ma judéité (…) sur mon absence de diplômes » et sur le fait qu’il soit « tuniso-français ».

René Trabelsi a également été accusé d’avoir la nationalité israélienne ou encore d’avoir assisté ce week end à l’ouverture d’un bureau de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en Tunisie, qui a fait polémique – ce qu’il a réfuté, billet d’avion à l’appui.

Une page du site internet de la Licra, une organisation accusée par nombre de Tunisiens de soutenir Israël, annonçait le lancement officiel samedi d’une branche tunisienne – une page depuis supprimée du site.

Cela a déclenché un tollé, et un historien présenté comme son président d’honneur, Habib Kazdaghli, l’un des rares historiens non juifs à avoir étudié la communauté juive tunisienne, a été expulsé de son parti selon la presse tunisienne.

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