Nous « ne permettrons pas » une implantation iranienne en Syrie, avertit l’armée
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Nous « ne permettrons pas » une implantation iranienne en Syrie, avertit l’armée

Le nouveau chef de la division du Golan a expliqué qu’il préparera les réservistes pour "l’épreuve de la guerre" alors que les tensions se poursuivent

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

De gauche à droite : le nouveau chef de la 210e Division 'Bashan' de l’armée israélienne, le brigadier-général Amit Fisher ; le chef du Commandement du Nord, le major-général Yoel Strick ; et le chef sortant de la 210e Division, le brigadier-général Yaniv Assur, lors d'une cérémonie à la base de l'armée de Nafah sur les hauteurs du Golan, le 11 février 2018 (Forces de défense israéliennes)
De gauche à droite : le nouveau chef de la 210e Division 'Bashan' de l’armée israélienne, le brigadier-général Amit Fisher ; le chef du Commandement du Nord, le major-général Yoel Strick ; et le chef sortant de la 210e Division, le brigadier-général Yaniv Assur, lors d'une cérémonie à la base de l'armée de Nafah sur les hauteurs du Golan, le 11 février 2018 (Forces de défense israéliennes)

Le chef du commandement du nord de l’armée israélienne a averti dimanche l’Iran « qu’il ne permettra pas » l’implantation de la République islamique en Syrie, tout en affirmant qu’Israël ne souhaitait pas une escalade de la situation pour le moment.

« L’Iran veut établir une base avancée d’opérations en Syrie dont le but est d’attaquer Israël. Nous ne le permettrons pas. Nous ne permettrons pas que des citoyens israéliens soient menacés. Nous ne permettrons pas que l’Iran menace la stabilité de la région entière, a déclaré le général Yoel Strick. Nous ne voulons pas d’escalade, mais nous avons de très grandes capacités et nous n’hésiterons pas à les utiliser ».

Strick s’exprimait lors d’une cérémonie marquant la prise de fonction du général Amit Fisher en tant que nouveau chef de la 210ème division « Bashan » du Commandement du Nord, qui est responsable de la protection de la frontière syrienne et des Plateaux du Golan. Fisher remplacera le général Yaniv Assur, qui occupait cette fonction depuis 2015.

« C’est ainsi que nous avons opéré dans le passé, c’est ainsi que nous opérions hier et c’est de cette manière que nous répondrons à toute menace, quand c’est nécessaire », a déclaré Strick.

Une photo prise au kibboutz de Harduf, dans le nord d’Israël, montre les restes d’un F-16 israélien qui s’est écrasé après avoir été la cible des forces aériennes syriennes (Crédit : AFP / Jack GUEZ)

Les commentaires sont intervenus un jour après ce que l’armée israélienne a décrit comme la frappe la plus importante sur des défenses aériennes syriennes depuis la Première guerre du Liban en 1982. Le bombardement israélien s’est produit après qu’un drone iranien a violé l’espace aérien israélien et qu’un F-16 israélien a apparemment été abattu par un missile syrien anti-aérien, blessant le pilote et le navigateur.

Assur, le chef sur le départ de la 210ème division qui va bientôt occuper la fonction de chef de la Division des Opérations de l’armée, a déclaré que l’escarmouche prouvait ce que des officiels israéliens disent depuis longtemps : « Le Hezbollah et l’Iran essaient de s’implanter dans la zone, ce qui a pu être observé samedi dernier », a-t-il expliqué.

Assur a ajouté que la réponse israélienne « a envoyé un message clair à nos ennemis : nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté et à répondre avec force et sagesse à tout type de menace ».

Le nouveau chef de la 210e Division « Bashan » de Tsahal, le brigadier-général Amit Fisher, discoure lors d’une cérémonie marquant son entrée à ce poste, alors que le responsable du Commandement du Nord, le major-général Yoel Strick, au centre, et le chef sortant de la 210e Division, le brigadier-général Yaniv Assur, à droite, observe la base de l’armée de Nafah sur les hauteurs du Golan, le 11 février 2018 (Forces de défense israéliennes)

Fisher, le nouveau chef de la division, a déclaré que l’armée devait se « préparer en terme d’opérations et de renseignements à la menace croissante qui se trouve à notre porte : le retour de l’armée syrienne et de ses soutiens, les forces iraniennes, le Hezbollah et d’autres ».

« La mission supplémentaire, qui doit être réglée rapidement, est la préparation de la division, tout particulièrement ses nombreuses unités réservistes, à l’épreuve ultime – l’épreuve de la guerre », a-t-il expliqué.

Juste avant 4h30 du matin samedi, le drone iranien, qui était opéré par un opérateur iranien selon l’armée israélienne, a pénétré l’espace aérien israélien depuis la Syrie et a été abattu. Des avions de chasse israéliens ont conduit plusieurs frappes aériennes en réponse, au cours desquelles le F-16 israélien a apparemment été touché par un obus de missiles anti-aérien et s’est crashé dans le nord d’Israël. Le pilote a été gravement blessé et le navigateur a subi des blessures légères.

Le centre de commandement mobile d’où, selon Israël, un drone iranien aurait été activé depuis la Syrie avant de pénétrer dans l’espace aérien israélien, le 10 février 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Des avions de chasse israéliens ont mené une deuxième série de frappes, en ciblant spécifiquement des batteries de défense aérienne syrienne et des positions militaires iraniennes dans le pays, a déclaré l’armée.

Selon des forces rebelles, à la fois des soldats syriens et iraniens ont été tués dans les frappes de l’armée de l’air israélienne. L’Observatoire syrien pour les Droits de l’Homme, qui surveille la guerre civile, a déclaré que les raids ont tué six combattants pro-régime, mais il n’a pas précisé leur nationalité.

« Le nombre de morts va surement augmenter parce qu’il y a des gens dans une situation critique », a expliqué l’Observatoire samedi.

L’affrontement de samedi matin a constitué la première fois où Israël a publiquement reconnu avoir conduit des frappes aériennes contre des positions iraniennes en Syrie.

Des chefs militaires et des responsables politiques israéliennes préviennent depuis longtemps que la République islamique cherche à établir des bases navales et aériennes locales d’où elle pourrait armer le Hezbollah et d’autres groupes chiites en Syrie, tout comme mener des attaques de sa propre décision.

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dans un message vidéo en anglais que les événements de la journée prouvaient les affirmations d’Israël.

« Ce matin l’Iran a brutalement violé la souverainté d’Israël. Ils ont envoyé un drone iranien depuis le territoire syrien vers Israël, a-t-il expliqué. Et cela démontre que nos avertissements étaients corrects à 100% ».

Le Premier ministre a ajouté : « Israël veut la paix, mais nous continuerons à nous défendre avec détermination contre toute attaque contre nous et toute tentative de l’Iran de s’implanter militairement en Syrie ou ailleurs ».

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