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Nouveau mandat d’arrêt de la Turquie pour « génocide » visant Netanyahu

Ankara veut faire arrêter le Premier ministre et un autre Israélien pour l'interception de la flottille de militants pour Gaza en début d'année ; le Premier ministre rejette « la pitoyable tentative d'Erdogan » d'intimider Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, lors d'un vote sur le budget de l'État à la Knesset, à Jérusalem, le 29 mars 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90) ; cette photo de presse prise et diffusée par le service de presse de la présidence turque le 4 avril 2026 montre le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) lors d'une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky (hors champ) au palais présidentiel de Dolmabahçe, à Istanbul. (Crédit : Service de presse de la présidence turque / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, lors d'un vote sur le budget de l'État à la Knesset, à Jérusalem, le 29 mars 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90) ; cette photo de presse prise et diffusée par le service de presse de la présidence turque le 4 avril 2026 montre le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) lors d'une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky (hors champ) au palais présidentiel de Dolmabahçe, à Istanbul. (Crédit : Service de presse de la présidence turque / AFP)

Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a émis dans la journée de vendredi un nouveau mandat d’arrêt à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays suite à une frappe israélienne en Syrie.

Les autorités turques ont déjà émis des mandats d’arrêt à l’encontre de Netanyahu et d’autres hauts responsables pour « génocide », dans le cadre des actions menées par Israël lors de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza. Israël rejette fermement ces accusations.

Dans ce nouveau mandat, Netanyahu est accusé de « génocide » suite à l’interception, au mois de mai, d’une flottille à bord de laquelle se trouvaient quelque 430 militants en route vers la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas – une interception qui avait suscité un tollé international. La France, l’Italie et l’Australie ont également engagé des poursuites judiciaires.

Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a déclaré sur le réseau social X que son ministère avait demandé au ministère de l’Intérieur d’émettre une notice rouge d’Interpol à l’encontre de Benjamin Netanyahu et d’un autre Israélien, identifié comme Afek Moskovitch, dans le cadre d’une affaire plus large impliquant 35 personnes.

La notice rouge est une demande lancée aux forces de police du monde entier visant à localiser une personne et à la placer en détention provisoire en attendant son extradition. Interpol examine les demandes soumises par les États membres avant de décider d’émettre – ou non – de telles notices.

« Dans le cadre de la procédure judiciaire relative à l’attaque perpétrée dans les eaux internationales contre les militants de la flottille (…) et conformément aux mandats d’arrêt délivrés le 14 juillet 2026 à l’encontre de Benjamin Netanyahu et d’Afek Moskovitch pour “génocide”, le ministère de la Justice a demandé au ministère de l’Intérieur d’émettre des notices rouges en vue de leur arrestation internationale », a fait savoir Gurlek.

Le 18 mai 2026, les forces israéliennes ont lancé une opération d’interception des bateaux de la flottille Global Sumud au large des côtes chypriotes. (Crédit : Capture d’écran / Flottille Global Sumud)

Netanyahu et Moskovitch sont poursuivis pour « crimes contre l’humanité, génocide, privation de liberté aggravée, “coups et blessures volontaires”, torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de moyens de transport », a annoncé le ministère.

Le communiqué turc n’a fourni aucun détail supplémentaire sur Moskovitch. Aucune autre information le concernant n’a pu être trouvée.

En réponse, le cabinet de Netanyahu a déclaré qu’Erdogan « cherche désormais à étendre son attaque contre Israël à la Syrie. Israël ne le tolérera pas ». Le communiqué israélien a rappelé les accusations portées par le passé par Jérusalem contre Erdogan, le définissant comme « un dictateur antisémite qui a massacré des Kurdes, qui héberge des terroristes du Hamas, occupe la moitié de Chypre, et emprisonne un nombre record de journalistes et d’hommes politiques qui s’opposent à lui ».

« La pitoyable tentative d’Erdogan d’intimider les dirigeants et les soldats d’Israël, seule véritable démocratie du Moyen-Orient, ne mènera nulle part », peut-on également lire le communiqué.

Dans un autre communiqué rédigé en hébreu, le cabinet du Premier ministre a affirmé qu’« Israël continuera d’agir avec fermeté contre les tentatives de la Turquie visant à déstabiliser la région, ainsi que contre toute menace pesant sur sa sécurité ».

Le bureau d’Erdogan, quant à lui, a dénoncé les « tactiques politiques mesquines » de Netanyahu.

Dans un communiqué diffusé sur X, la présidence turque a condamné ce qu’elle a décrit comme une tentative du gouvernement Netanyahu « de présenter la Turquie comme une nouvelle menace ».

Des avions de l’armée de l’air syrienne hors service visibles à l’aéroport militaire d’Abu al-Duhur, après la prise de contrôle de la zone par les combattants de l’opposition syrienne, à l’est d’Idlib, le 7 décembre 2024. (Crédit : Omar Albam/AP)

Cette annonce d’Ankara est le dernier signe en date de l’effondrement des relations entre Israël et la Turquie depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre de Gaza qui a suivi. La Turquie a accueilli des dirigeants du Hamas, et Erdoğan a fait l’éloge de ce groupe terroriste tout en fustigeant Israël, mettant ainsi fin aux échanges commerciaux et aux vols directs entre les deux États.

La Turquie et Israël se sont également livrés à un guerre verbale au sujet de la Syrie, pays dans lequel Israël a mené cette semaine des frappes contre une base aérienne sur laquelle, selon lui, des troupes turques auraient pu être déployées – une frappe qui a entraîné la condamnation d’Ankara et les critiques des États-Unis. La Syrie et la Turquie ont toutes deux insisté sur le fait qu’il n’y avait aucun projet de déploiement de troupes turques sur cette base.

L’influence de la Turquie à Damas, en tant qu’alliée du président syrien Ahmed al-Sharaa, ancien commandant djihadiste, est une source d’inquiétude pour Israël depuis que les forces de Sharaa ont renversé le dictateur Bachar al-Assad en 2024.

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