Rechercher

Nucléaire iranien: Berlin, Londres et Paris prêts à réimposer des sanctions

Dans un courrier adressé mardi à l'ONU, l'E3 se dit "pleinement engagé en faveur d'une résolution diplomatique de la crise provoquée par le programme nucléaire iranien"

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy (à droite) et le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul (2e à droite) saluant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (à gauche) avant une réunion sur le programme nucléaire de Téhéran, à l'hôtel Intercontinental de Genève, le 20 juin 2025. (Document fourni par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères / AFP)
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy (à droite) et le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul (2e à droite) saluant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (à gauche) avant une réunion sur le programme nucléaire de Téhéran, à l'hôtel Intercontinental de Genève, le 20 juin 2025. (Document fourni par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères / AFP)

L’Allemagne, le Royaume Uni et la France sont prêts à déclencher le mécanisme de réimposition de sanctions contre l’Iran si aucune solution négociée n’est trouvée sur le programme nucléaire iranien d’ici fin août.

Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et au Conseil de sécurité, obtenue par l’AFP et confirmant une information du quotidien Financial Times, les trois ministres des Affaires étrangères soulignent avoir « clairement indiqué que si l’Iran ne souhaite pas parvenir à une solution diplomatique avant fin août 2025, ou ne saisit pas l’opportunité d’une prolongation », ils sont « prêts à déclencher le mécanisme » permettant de rétablir l’ensemble des sanctions internationales à l’encontre de Téhéran.

Le trio européen Allemagne, France, Royaume-Uni – connu sous le nom E3 – fait partie des puissances mondiales, avec la Chine, la Russie et les Etats-Unis, qui avaient négocié l’accord nucléaire historique de 2015 avec Téhéran, prévoyant un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée des sanctions internationales.

Le texte est devenu caduc lorsque Washington a décidé de se retirer unilatéralement du traité sous la première présidence de Donald Trump, et Téhéran s’est affranchi des engagements pris.

Depuis, les Occidentaux tentent de renégocier un traité encadrant le programme nucléaire alors qu’ils suspectent Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, ce que les autorités iraniennes réfutent.

Dans leur courrier adressé mardi à l’ONU, le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul, ses homologues français Jean-Noël Barrot et britannique David Lammy se disent « pleinement engagés en faveur d’une résolution diplomatique de la crise provoquée par le programme nucléaire iranien et poursuivront leurs échanges en vue de parvenir à une solution négociée ».

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’exprime au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à Paris, le 4 juillet 2025 ; Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est photographié avant une réunion avec le président russe au Kremlin à Moscou le 23 juin 2025. (Crédits : Aurelien Morissard et Alexander KAZAKOV / AFP)

Mais ils font aussi une liste « non exhaustive » des engagements nucléaires pris dans le cadre de l’accord qui avait été signé en 2015 que « l’Iran n’a pas respectés », dénonçant en particulier l’accumulation d’un stock total d’uranium enrichi, « plus de 40 fois » supérieur à la limite fixée par le traité.

« Préoccupant »

« Depuis 2019, l’Iran s’est délibérément et publiquement écarté de ses engagements (…) comme en témoignent plus de 60 rapports de l’AIEA sur six ans », écrivent-ils. « Le non-respect par l’Iran de ses engagements (…) est aussi flagrant que préoccupant ».

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est l’unique pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à un niveau élevé (60 %), bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l’accord de 2015.

Cette lettre intervient alors que l’échéance – fin août – pour enclencher le mécanisme de retour des sanctions internationales approche.

Elle est ausi envoyée alors que l’avancement du programme nucléaire iranien fait l’objet de nombreuses spéculations depuis les frappes israéliennes et américaines en juin.

La guerre des douze jours avait mis un coup d’arrêt aux négociations entamées entre Téhéran et Washington d’une part et aux discussions avec le E3 d’autre part.

En outre, l’Iran avait suspendu sa coopération, déjà limitée, avec l’AIEA.

Le 25 juillet, les émissaires français, britanniques et allemands ont toutefois repris langue avec leurs homologues iraniens lors d’une réunion à Istanbul sans résultat tangible.

Dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi avait annoncé qu’un directeur général adjoint de l’agence était attendu lundi à Téhéran pour discuter d’un nouveau cadre de coopération pour les inspections des sites iraniens.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi lors d’une interview diffusée le 30 juin 2025 (Crédit : capture d’écran/CBS)

S’agissant des sanctions, il avait affirmé le 20 juillet que le E3 n’avait pas de légitimité à réenclencher le mécanisme de sanctions, également dans un courrier adressé à l’ONU.

Les trois ministres répondent dans leur lettre que ces affirmations sont « infondées ».

Les trois pays, en tant que participants au traité de 2015 connu sous l’acronyme JCPOA, « seraient clairement et sans ambiguïté juridiquement fondés à utiliser les dispositions pertinentes de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité des Nations unies pour déclencher le mécanisme », préviennent-ils.

Lors de négociations en Turquie le mois dernier, les E3 avaient évoqué la possibilité de repousser la date limite de fin août si Téhéran acceptait de reprendre les négociations avec les États-Unis et la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Mais, le E3 fait le constat que leur offre de prolongation est restée sans réponse de la part de l’Iran.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.