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Nucléaire iranien : Lapid dit avoir donné à Scholz des informations « sensibles »

Le chancelier allemand dit "regretter" l'absence de "réponse positive" de l'Iran ; La réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA s'ouvre lundi à Vienne

Le chancelier allemand Olaf Scholz, à droite, et le Premier ministre israélien Yair Lapid, à gauche, s'adressent aux médias lors d'une conférence de presse conjointe dans le cadre d'une réunion à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le lundi 12 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)
Le chancelier allemand Olaf Scholz, à droite, et le Premier ministre israélien Yair Lapid, à gauche, s'adressent aux médias lors d'une conférence de presse conjointe dans le cadre d'une réunion à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le lundi 12 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)

Dans sa déclaration prononcé aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre Yair Lapid a affirmé lundi avoir présenté des « informations sensibles et pertinentes » sur le programme nucléaire iranien.

Il a souligné que l’Allemagne avait prêté une attention particulière aux positions d’Israël.

« Nous avons discuté de la nécessité d’une nouvelle stratégie pour stopper le programme nucléaire iranien », a déclaré le Premier ministre, soulignant qu’il était temps de mettre un terme aux négociations nucléaires.

« Revenir sur l’accord nucléaire, dans les conditions actuelles, serait une erreur critique », a affirmé Lapid.

Lapid a expliqué que sa visite « vise à conclure les derniers détails d’un accord de partenariat stratégique entre Israël et l’Allemagne ».

« C’est une expression concrète de l’engagement de l’Allemagne en faveur de la sécurité d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, un engagement que vous avez réaffirmé lors de votre prise de fonction », a-t-il dit.

« Israël jouera un rôle dans la construction de la nouvelle force de défense de l’Allemagne », a poursuivi Lapid, « principalement dans le domaine de la défense aérienne ».

Lapid a également souligné que les démocraties doivent être « désireuses et capables » de se défendre.

« Parfois, la liberté doit être défendue par la force », a-t-il ajouté.

Le chancelier allemand Olaf Scholz (à droite) salue le Premier ministre Yair Lapid à Berlin le 12 septembre 2022 (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

Scholz a presque semblé appuyer la candidature de Lapid en amont des prochaines élections israéliennes.
« J’apprécie le talent politique que vous déployez dans votre représentation d’Israël dans le monde », a-t-il déclaré à la Chancellerie Fédérale. « Israël est entre de bonnes mains », a continué Scholz qui s’exprimait en allemand.

Scholz a aussi « regretté » l’absence de « réponse positive » de Téhéran aux propositions destinées à relancer l’accord sur le nucléaire iranien.

« Je regrette que l’Iran n’ait pas encore donné de réponse positive aux propositions des coordinateurs européens », a déclaré le dirigeant allemand.

« Il n’y a aucune raison pour que l’Iran n’accepte pas ces propositions. Mais nous devons prendre note que ce n’est pas le cas et que cela n’arrivera certainement pas dans un proche avenir », a regretté le chancelier.

Dans un communiqué commun diffusé samedi, les gouvernements français, allemand et britannique avaient rappelé que « début août, après un an et demi de négociations, le coordinateur du JCPOA (l’accord de 2015, ndlr) a présenté un ensemble de textes finaux qui devait permettre à l’Iran de remplir à nouveau ses obligations au titre du JCPOA et aux Etats-Unis de revenir à l’accord ».

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi s’exprimant lors d’une conférence de presse à Vienne, en Autriche, le 17 décembre 2021. (Crédit : Michael Gruber/AP)

Mais Téhéran a de son côté demandé une nouvelle fois la clôture d’une enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant des traces d’uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés, ce que le patron de l’Agence, Rafael Grossi, refuse sans réponses « crédibles » de la part de Téhéran. L’agence onusienne avait aussi indiqué mercredi « ne pas être en mesure de garantir » que le programme iranien soit « exclusivement pacifique ».

Cette demande du régime iranien a fait naître de « sérieux doutes » du côté de Berlin, Londres et Paris concernant sa réelle volonté de relancer l’accord sur le nucléaire.

« La République islamique est prête à coopérer avec l’AIEA pour balayer les fausses impressions concernant ses activités nucléaires pacifiques », a déclaré lundi le porte-parole, Nasser Kanani, lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Cette déclaration intervient alors que la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA s’ouvre lundi à Vienne.

Le directeur général de l’AIEA s’est redit « prêt » à trouver une solution avec l’Iran. « Notre but n’est pas d’aggraver la situation ou de créer des problèmes, nous voulons juste clarifier cette question », a expliqué M. Grossi.

« C’est très simple. Nous avons trouvé des traces d’uranium dans des endroits qui n’ont jamais été déclarés, qui n’étaient jamais censés avoir hébergé une activité nucléaire, et nous posons des questions », a-t-il souligné.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, à gauche, et le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian se serrent la main avant leur réunion, à Téhéran, le 5 mars 2022. (Crédit : AP Photo)

« A notre connaissance, aucun projet de résolution (à propos de l’Iran) n’a été soumis pour la réunion » du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, a encore dit M. Kanani.

« Cependant, la République islamique répondra en fonction de l’approche de l’agence », a-t-il ajouté.

L’accord avait été conclu en 2015 avec Téhéran par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) plus l’Allemagne. Donald Trump avait décidé en 2018 de sortir les Etats-Unis du cadre négocié trois ans plus tôt.

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