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Nucléaire iranien : Yair Lapid salue les puissances européennes pour leur fermeté

Lapid, qui va s'envoler vers l'Allemagne, a dit que cette dernière, la Grande-Bretagne et la France avaient eu des informations actualisées sur les activités nucléaires de Téhéran

Le Premier ministre Yair Lapid monte à bord d'un avion à l'aéroport Ben Gurion qui l'emmène à Berlin, en Allemagne, le 11 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon /GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid monte à bord d'un avion à l'aéroport Ben Gurion qui l'emmène à Berlin, en Allemagne, le 11 septembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon /GPO)

Dimanche, le Premier ministre Yair Lapid a remercié la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pour leur « positionnement ferme » vingt-quatre heures après que les puissances européennes ont fait part de leurs « graves doutes » concernant la réelle volonté de l’Iran de conclure un accord nucléaire.

« Je remercie la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pour leur positionnement ferme sur la question », a dit Lapid lors de la réunion hebdomadaire de cabinet.

« Ces derniers mois, nous avons eu un dialogue discret et intensif avec ces pays et nous leur avons transmis des renseignements actualisés sur les activités iraniennes en cours sur les sites nucléaires », a ajouté Lapid.

Le Premier ministre a indiqué qu’il travaillait aux côtés du Premier ministre d’alternance Naftali Bennett et du ministre de la Défense Benny Gantz « dans le cadre d’une campagne diplomatique réussie visant à stopper l’accord sur le nucléaire et à empêcher la levée des sanctions appliquées à l’Iran. »

« Ce n’est pas encore terminé. Le chemin est encore long mais il y a des signes encourageants », a continué Lapid.

Lapid doit partir en Allemagne dans l’après-midi de dimanche, et il y rencontrera le chancelier Olaf Scholz.

« L’objectif de cette visite est de coordonner nos positions sur le programme nucléaire iranien et de finaliser les détails d’un document stratégique, économique et de coopération sécuritaire que nous sommes sur le point de signer avec eux », a noté Lapid.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Yair Lapid (à droite), rencontre le chancelier allemand Olaf Scholz à Jérusalem, le 2 mars 2022. (Crédit : GPO)

Dans un communiqué commun diffusé samedi, les gouvernements français, allemand et britannique rappellent que « début août, après un an et demi de négociations, le coordinateur du JCPOA (l’accord de 2015, ndlr) a présenté un ensemble de textes finaux qui devait permettre à l’Iran de remplir à nouveau ses obligations au titre du JCPOA et aux Etats-Unis de revenir à l’accord ». « Dans ce paquet final, le coordinateur a apporté des modifications supplémentaires qui nous ont poussés aux limites de notre flexibilité », soulignent-ils.

« Malheureusement, l’Iran a décidé de ne pas saisir cette opportunité diplomatique décisive » et « poursuit l’escalade de son programme nucléaire bien au-delà de ce qui pourrait être justifié de manière plausible pour des raisons civiles », regrettent Londres, Paris et Berlin.

Téhéran avait récemment demandé une nouvelle fois la clôture d’une enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant des traces d’uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés, ce que le patron de l’Agence, Rafael Grossi, refuse.

« Cette dernière demande soulève de sérieux doutes quant aux intentions de l’Iran et à son engagement en faveur d’un résultat positif concernant le JCPOA », font valoir les trois pays.

Selon eux, « la position de l’Iran n’est pas conforme à ses obligations juridiquement contraignantes et compromet les perspectives de rétablissement du JCPOA », conclu en 2015 avec Téhéran par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) plus l’Allemagne.

« L’Iran doit coopérer pleinement et immédiatement avec l’AIEA, en toute bonne foi », ajoutent-ils.

« Compte tenu du fait que l’Iran ne conclut pas l’accord sur la table, nous discuterons avec nos partenaires internationaux de la meilleure façon de gérer l’escalade nucléaire continue de l’Iran et son manque de coopération avec l’AIEA », préviennent Paris, Londres et Paris.

La dernière réponse de l’Iran dans les négociations en cours est un pas « en arrière », avait déjà estimé vendredi à Bruxelles le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken.

Le vent avait commencé à tourner quand les États-Unis avaient transmis une réponse, à laquelle la république islamique a à son tour répondu en demandant, pour la toute première fois, que l’AIEA mette un terme à son enquête ouverte sur plusieurs sites nucléaires non-déclarés.

Cette image, réalisée le 17 avril 2021 et tirée d’une vidéo diffusée par Iran Broadcasting, IRIB, une chaîne de télévision d’État, montre plusieurs centrifugeuses bordant la salle endommagée le 11 avril 2021, à l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, à 322 km au sud de la capitale, Téhéran. (Crédit : IRIB via AP)

« Il est surprenant et regrettable que, alors que des contacts diplomatiques et des échanges de messages se poursuivent entre les parties en négociation », les trois pays européens publient une déclaration aussi « non constructive », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Nasser Kanani.

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont adopté la position qu’Israël voulait, a ajouté samedi le porte-parole iranien, dont le pays est l’ennemi juré de l’Etat hébreu, hostile à l’accord nucléaire. « Si une telle approche se poursuit, ils devront aussi porter la responsabilité » d’un échec des négociations, a-t-il mis en garde. Les « menaces » et les « sanctions » n’empêcheront pas le peuple iranien « de continuer à défendre ses droits et préserver ses intérêts », a-t-il encore ajouté.

L’Iran avait estimé jeudi que le rapport de l’AIEA était « sans fondement » après que l’instance onusienne eut émis des doutes la veille sur le caractère pacifique du programme nucléaire de Téhéran.

En 2018, le président américain de l’époque, Donald Trump, avait retiré les États-Unis de l’accord et il avait réimposé de fortes sanctions, amenant Téhéran à contrevenir ouvertement à ses engagements pris dans le cadre du JCPOA.

Le président Joe Biden, de son côté, favorise une remise en route de l’accord. Dans sa version proposée, la république islamique bénéficierait d’un allègement de sanctions et elle pourrait à nouveau vendre son pétrole dans le monde entier en échange de lourdes restrictions sur son programme nucléaire.

Lapid a aussi répété dimanche qu’Israël n’accepterait pas que la Syrie, dont le territoire est adjacent à celui de l’État juif, soit utilisée par l’Iran pour transférer des armes aux groupes terroristes, ajoutant que le pays n’acceptera pas non plus « l’installation de bases iraniennes ou de bases de milices iraniennes sur la frontière nord ».

Cette photo satellite de Planet Labs PBC montre les dégâts après une frappe israélienne présumée visant l’aéroport international d’Alep à Alep, en Syrie, le 7 septembre 2022. (Crédit : Planet Labs PBC via AP)

Des propos qui ont été tenus deux jours après la réouverture de l’aéroport d’Alep, touché à deux reprises en quelques jours par des attaques attribuées à Israël.

Depuis le début de la guerre civile en Syrie, en 2011, l’État juif a mené des centaines de frappes sur le territoire syrien, prenant pour cible des soldats du gouvernement ainsi que les forces soutenues par l’Iran et les combattants du Hezbollah.

L’AFP a contribué à la rédaction de cet article.

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