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Nucléaire iranien: trêve dans les discussions, les nouvelles caméras fonctionnent

Le porte-parole du nucléaire iranien a réitéré les trois conditions posées pour la réinstallation des caméras sur le site de Tesa

L'usine de fabrication de pièces détachées de centrifugeuses près de Karaj, en Iran, une photo publiée en ligne par Edward Majnoonian,  usager de Google, au mois de mai 2019. (Capture d'écran/Google Maps)
L'usine de fabrication de pièces détachées de centrifugeuses près de Karaj, en Iran, une photo publiée en ligne par Edward Majnoonian, usager de Google, au mois de mai 2019. (Capture d'écran/Google Maps)

Le contrôle technique des nouvelles caméras de surveillance, qui doivent être installées sur le site nucléaire de Tesa, dans la ville de Karaj, à l’ouest de Téhéran, a commencé dimanche, a affirmé le porte-parole du nucléaire iranien Behrouz Kamalvandi.

Ces caméras, fournies par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), doivent remplacer celles qui avaient été endommagées le 23 juin, selon l’Iran lors d’une opération de « sabotage » d’Israël, son ennemi juré – accusation rejetée par le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi.

M. Kamalvandi a réitéré les trois conditions posées pour la réinstallation des caméras sur le site : des « enquêtes juridico-sécuritaires sur les sabotages », leur « condamnation » par l’AIEA, et une « enquête technique et sécuritaire des caméras en Iran avant de les installer », a rapporté la télévision d’Etat.

L’AIEA a trouvé cette semaine un arrangement avec l’Iran pour remplacer le matériel, qualifié de « très important » par Grossi.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, accorde une interview à l’Associated Press, à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, le 14 décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)

Le refus iranien entravait l’avancement des pourparlers de Vienne sur le nucléaire iranien qui ont repris le 29 novembre dans la capitale autrichienne entre l’Iran, la Russie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et la Chine.

L’instance onusienne n’a toutefois pas pu récupérer les cartes mémoire d’une caméra détruite dans l’incident du 23 juin, ni même des fragments, et M. Grossi a émis des doutes vendredi sur la disparition de certaines données.

A Karaj, où sont fabriquées des centrifugeuses, comme sur les autres sites où l’Iran restreint les inspections onusiennes depuis février, l’AIEA ne pourra visionner le contenu des caméras qu’une fois les sanctions américaines levées.

Les négociateurs sur le nucléaire iranien se sont quittés vendredi en faisant état de légers progrès, mais les Européens ont insisté sur « l’urgence » de se retrouver au plus vite.

Le Palais Cobourg, lieu des pourparlers de relance du Plan d’action global conjoint (JCPOA), à Vienne, le 29 novembre 2021. (Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP)

« Quelques avancées sur le plan technique ont été réalisées au cours des dernières 24 heures » de pourparlers à Vienne pour sauver l’accord de 2015, toutefois « il reste très peu d’espace », ont déclaré d’une même voix des hauts diplomates de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni (E3).

Réunis avec leurs homologues d’Iran, de Chine et de Russie, ils ont bouclé cette septième session après plusieurs jours de discussions « dures et intenses » selon Téhéran. Ils n’ont pas fixé de nouveau rendez-vous, espérant se retrouver avant le Nouvel an.

Le chef de la délégation iranienne Ali Bagheri a souhaité retourner à Téhéran, explique l’E3 qui a déploré « une interruption décevante » dans les pourparlers, pour une raison indéterminée.

L’ensemble des autres partenaires étaient « prêts à poursuivre les discussions », ont-ils souligné, appelant les Iraniens à les « reprendre rapidement » et à accélérer le rythme.

Le secrétaire général adjoint et directeur politique du Service européen d’action extérieure, Enrique Mora, s’adresse aux médias devant le « Grand Hotel Vienna » où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos, à Vienne, en Autriche, le 20 juin 2021. (Crédit : Florian Schroetter/AP)

« Nous n’avons pas des mois devant nous, mais plutôt des semaines », a abondé le coordinateur de l’Union européenne (UE), Enrique Mora qui s’est exprimé face à la presse devant le palais Cobourg de la capitale autrichienne où se déroulent les négociations.

« Je ne peux pas encore annoncer de date formelle » pour la reprise, a-t-il ajouté.

Les débuts ont été difficiles mais « nous nous sommes enfin mis d’accord sur la base de départ pour les discussions », a indiqué une source au sein de l’E3, qui pointait il y a quelques jours les exigences « radicales » de Téhéran. Et d’ajouter : « Maintenant il faut entrer dans le vif du sujet ».

L’ambassadeur russe Mikhaïl Oulianov, s’est félicité sur Twitter du « succès » des dernières discussions qui ont « préparé une base solide pour des négociations plus intensives ».

Jake Sullivan s’exprime au Queen theater, à Wilmington, dans le Delaware, le 24 novembre 2020. (Crédit : AP/Carolyn Kaster)

Le président démocrate Joe Biden soutient le retour des Etats-Unis au sein de l’accord, tout en demandant à ses négociateurs de se préparer pour le cas où la diplomatie échouerait.

« Cela ne va pas bien car il n’y a pas encore de voie vers un retour » dans l’accord, a indiqué le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan.

« Nous payons le prix d’une décision désastreuse » prise par M. Trump, a-t-il déclaré, notant que l’accord « met le programme nucléaire sous l’éteignoir ».

Il a toutefois souligné que des « progrès à la table des négociations » avaient été faits ces derniers jours. Washington, a dit M. Sullivan, coopère avec l’E3 mais aussi la Russie et la Chine, avec qui les relations sont pourtant très tendues.

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