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Nucléaire : L’AIEA est comme « prise en otage » en Iran, selon son directeur général

Rafael Grossi a décrit la situation comme "très frustrante" alors que l'Agence internationale de l'énergie atomique poursuit ses activités là-bas, "mais au minimum"

Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)
Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)

L’Iran restreint « d’une manière sans précédent » la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui est comme « prise en otage », déplore son directeur général Rafael Grossi à l’AFP. L’instance peine depuis 2021 à contrôler le programme nucléaire iranien, qui ne cesse de monter en puissance bien que Téhéran nie vouloir fabriquer une bombe atomique.

« C’est une situation très frustrante. Nous continuons nos activités là-bas, mais au minimum », a décrit Rafael Grossi dans un entretien jeudi à l’AFP en marge de la réunion du Forum économique mondial à Davos. « Ils restreignent la coopération d’une manière sans précédent. » En particulier, « certains de nos inspecteurs ont été exclus des équipes à cause de leur nationalité », raconte-t-il. « Ce sont certains de nos meilleurs inspecteurs. Donc c’est une façon de nous punir pour des choses extérieures – quand il y a quelque chose qu’ils n’aiment pas, que la France, le Royaume-Uni ou les États-Unis disent quelque chose qu’ils n’aiment pas. » « C’est comme s’ils prenaient l’AIEA en otage de leurs disputes politiques avec d’autres » pays, une situation « inacceptable », dénonce-t-il. Les Iraniens « doivent laisser l’agence avoir tous les accès dont elle a besoin ».

L’Iran avait ralenti en cours d’année dernière son rythme de production d’uranium enrichi à 60 %, ce qui avait été vu comme un geste positif, alors que des pourparlers informels avaient repris avec les États-Unis. Mais il a de nouveau accéléré fin 2023. « Il y a un plateau en ce moment », selon M. Grossi, « mais ça peut changer dans quelques jours, on ne sait jamais ».

L’animosité entre Washington et Téhéran est remontée d’un cran avec le conflit entre Israël et le Hamas, que Washington et Téhéran s’accusent mutuellement d’aggraver. « La détérioration de la situation politique là-bas a un impact direct, au sens où les tensions sont exacerbées, les positions se cristallisent et deviennent plus tendues, il y a moins de flexibilité. Et c’est un cercle vicieux », regrette M. Grossi.

« Diplomatie, diplomatie, diplomatie » : cela reste pourtant pour lui la solution. « Nous devons continuer à parler, nous devons empêcher la situation de se détériorer jusqu’à un degré où ce sera impossible de s’en extraire. » « Je n’exclurais pas de retourner en Iran », dit-il, mais la situation doit, selon lui, se discuter à « un très haut niveau ».

Une étudiante observant des centrifugeuses construites en Iran lors d’une exposition sur les réalisations nucléaires du pays, à Téhéran, le 8 février 2023. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

La centrale ukrainienne de Zaporijjia elle aussi difficile d’accès

Autre endroit où l’AIEA bataille pour envoyer ses inspecteurs, c’est la centrale ukrainienne de Zaporijjia, dont la situation reste selon lui « très inquiétante ». Cette centrale nucléaire, la plus grande d’Europe, est depuis mars 2022 aux mains des forces russes, qui ont encore affirmé récemment avoir refusé à l’AIEA l’accès aux salles de réacteurs pour des raisons de « sécurité ». « Nous devons y aller », plaide pourtant M. Grossi.

« Parfois, nous demandons à aller à un endroit, les gens de la sécurité disent non, on insiste… » Ce n’est « pas toujours facile, mais nous sommes très insistants et nous finissons par voir ce que nous avons besoin de voir ». « Nous avons maintenant pu couvrir les toits de tous les réacteurs », dit-il.

« Nous avons pu confirmer qu’il n’y a pas de militarisation de la centrale », à savoir « de l’équipement militaire lourd ou de l’équipement d’artillerie ». « Et dans les derniers mois, il n’y a pas eu d’attaques directes sur la centrale », poursuit-il. Il évoque en revanche « des pannes de courant et des interruptions de l’alimentation externe en électricité, ce qui est tout aussi dangereux car si on perd l’électricité, on perd la capacité de refroidir les réacteurs, et il pourrait y avoir un accident ».

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