Nucléaire : l’Iran accélère la production d’uranium enrichi à 60 %, selon l’AIEA
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Nucléaire : l’Iran accélère la production d’uranium enrichi à 60 %, selon l’AIEA

Désormais, "deux cascades de centrifugeuses" seront utilisées au lieu d'une seule précédemment - si l'on excepte un essai initial de quelques jours en avril

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, s'exprime avant le début de la réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA au Centre international de Vienne, en Autriche, le 9 mars 2020. (AP Photo/Ronald Zak)
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, s'exprime avant le début de la réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA au Centre international de Vienne, en Autriche, le 9 mars 2020. (AP Photo/Ronald Zak)

L’Iran a mis en place un nouveau processus pour accélérer le rythme de production d’uranium hautement enrichi, a indiqué mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), alors que les pourparlers diplomatiques pour tenter de sauver l’accord de 2015 sont au point mort.

Dans son dernier rapport, le directeur général de l’instance onusienne, Rafael Grossi, a informé les Etats membres que Téhéran avait « configuré un nouveau mode opérationnel pour la production d’uranium enrichi à 60 % » dans son usine de Natanz (centre), selon une déclaration transmise à l’AFP.

Désormais, « deux cascades de centrifugeuses » seront utilisées au lieu d’une seule précédemment – si l’on excepte un essai initial de quelques jours en avril -, explique l’AIEA, ajoutant que l’Iran a d’ores et déjà enclenché le processus.

Téhéran avait commencé mi-avril à enrichir l’uranium à un tel niveau, contre 20 % auparavant, soit bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l’accord international sur le nucléaire conclu à Vienne en 2015.

Pour fabriquer une bombe, l’enrichissement doit être poussé jusqu’à 90 % même si de nombreuses autres étapes sont nécessaires.

La République islamique, qui a toujours nié vouloir se doter de l’arme nucléaire, s’est progressivement affranchie des engagements pris pour limiter son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions occidentales et onusiennes.

Le retrait des Etats-Unis en 2018 sous l’égide de Donald Trump a en effet torpillé l’accord.

Son successeur Joe Biden souhaite le réintégrer et des discussions indirectes, par l’entremise des Européens, ont démarré en avril à Vienne.

Mais les diplomates se sont séparés le 20 juin sans avancée concrète.

L’UE a évoqué une possible reprise des pourparlers début septembre, tandis que le nouveau président iranien ultra-conservateur, surnommé le « boucher » Ebrahim Raïssi s’est dit favorable aux efforts menés pour lever les sanctions américaines qui étranglent l’économie de son pays.

Les Etats-Unis ont de nouveau exhorté lundi Téhéran à revenir à la table des négociations, exprimant leur inquiétude sur une autre entorse iranienne : la production d’uranium métal enrichi à 20 %.

Selon le rapport présenté par M. Grossi, l’Iran en a fabriqué 200 grammes, après avoir annoncé un tel projet en juillet à des fins de recherche.

L’Iran ne possède « aucun besoin crédible de produire de l’uranium métal », a réagi le département d’Etat américain. Il s’agit d’un sujet sensible car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d’armes nucléaires.

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