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Nucléaire: l’Iran veut un engagement du Congrès américain sur l’accord

"Par principe, l'opinion publique en Iran ne peut pas accepter comme garantie les propos d'un chef d'Etat", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, avant sa rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 6 octobre 2021. (Crédit : Kirill Kudryavtsev/Pool/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, avant sa rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 6 octobre 2021. (Crédit : Kirill Kudryavtsev/Pool/AFP)

L’Iran a affirmé vouloir une « déclaration politique » du Congrès américain dans laquelle les Etats-Unis s’engagent à revenir à l’accord sur le nucléaire et à le mettre en œuvre.

Lors des pourparlers de Vienne pour sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire, Téhéran a exigé des garanties fermes prévoyant qu’une future administration américaine ne se retirerait pas d’un éventuel accord comme elle l’a fait en 2018.

« Par principe, l’opinion publique en Iran ne peut pas accepter comme garantie les propos d’un chef d’Etat, et encore moins de celui des Etats-Unis en raison du retrait des Américains » en 2018, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, selon une copie de son interview mercredi avec le Financial Times publiée sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie iranienne a révélé avoir demandé aux négociateurs iraniens de proposer aux parties occidentales qu’au « moins leurs Parlements ou leurs présidents, y compris le Congrès américain, puissent proclamer sous la forme d’une déclaration politique leur engagement envers l’accord et à revenir à la mise en œuvre » de l’accord.

Le Palais Coburg de Vienne, où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos avec l’Iran, le 8 février 2022. (Lisa Leutner /AP)

Conclu à Vienne entre Téhéran et les membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) plus l’Allemagne, l’accord de 2015 offrait un allégement des sanctions à Téhéran en échange de restrictions sur son programme nucléaire, mais les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018 sous le président de l’époque, Donald Trump. Ils ont parallèlement rétabli de lourdes sanctions économiques, incitant l’Iran à commencer à revenir sur ses engagements.

Les pourparlers de Vienne, qui impliquent l’Iran ainsi que la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie directement et les Etats-Unis indirectement, visent à ramener Washington à l’accord nucléaire, notamment par la levée des sanctions contre l’Iran, et à garantir le plein respect par Téhéran avec ses engagements.

« Les engagements de l’Iran sont aussi clairs qu’une formule mathématique, a souligné M. Amir-Abdollahian. « Ce que nous sommes censés faire et comment ces mesures seront vérifiées par l’AIEA sont absolument clairs. Par conséquent, l’autre partie ne doit avoir aucune inquiétude », a-t-il ajouté.

« Mais restons préoccupés avant tout par les garanties », a-t-il déclaré, ajoutant que « nous rencontrons des problèmes pendant cette période car l’autre partie manque d’initiative sérieuse », a-t-il dit.

Les pourparlers sur le dossier nucléaire iranien ont repris fin novembre après plusieurs mois de suspension. Les Etats-Unis sont indirectement conviés pour la première fois depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden, qui dit vouloir réintégrer le pacte.

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