Obama : l’ingérence israélienne dans les affaires américaines est sans précédent
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Obama : l’ingérence israélienne dans les affaires américaines est sans précédent

Au milieu de la bataille féroce entre la Maison Blanche et le lobby pro-israélien, le président dit qu'il ne se souvient pas d'un « exemple similaire » d’ingérence

Le président américain Barack Obama parle de l'accord nucléaire iranien sur CNN, le 7 août 2015. (Crédit : capture d'écran CNN)
Le président américain Barack Obama parle de l'accord nucléaire iranien sur CNN, le 7 août 2015. (Crédit : capture d'écran CNN)

Le président Barack Obama déclare que l’ingérence israélienne dans les affaires intérieures des États-Unis avant le vote du Congrès sur l’accord nucléaire iranien est sans précédent.

Dans une interview avec Fareed Zakaria de CNN, dont un extrait a été publié samedi avant l’intégralité de l’entretien dimanche, Obama répond à la question : est-il « approprié pour un chef de gouvernement étranger de s’ingérer dans une affaire américaine ».

Le président répond qu’il laissera Zakaria « poser cette question au Premier ministre [Benjamin] Netanyahu s’il vous accorde une interview, » avant d’ajouter : « Je ne me souviens pas d’un exemple similaire. »

Dans un autre extrait, Obama déclare que Netanyahu a tout faux lorsqu’il affirme que l’accord n’entravera pas les ambitions nucléaires iraniennes.

« Sur le fond, le Premier ministre a tort sur ce point, » a dit Obama. « Je peux montrer que les hypothèses de base qu’il a faites sur ce sujet sont incorrectes. » En fait, dit le président, l’accord est « très bon pour Israël ».

Israël est un adversaire véhément de l’accord, Netanyahu faisant valoir qu’il s’agit d’ « une erreur historique » qui donnera à l’Iran le statut d’Etat de seuil nucléaire.

Le lobby pro-israélien, American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), est également farouchement opposé à l’accord et a entrepris le mois dernier une action de lobbying de grande envergure contre l’accord, envoyant des centaines de militants de tout le pays à Washington pour convaincre les membres du Congrès de s’y opposer.

Le Congrès doit voter sur l’accord le mois prochain. La bataille oppose l’administration Obama à Israël et à l’AIPAC, suscitant des craintes d’un fossé grandissant entre Washington et Jérusalem.

Face à une opposition républicaine uniforme, 21 des 188 démocrates de la Chambre ont annoncé leur soutien tandis que neuf ont déclaré leur opposition, y compris les deux principaux démocrates juifs – Chuck Schumer et Eliot Engel.

Obama a promis d’opposer son veto à tout refus du Congrès. Dans ce cas, au moins 34 des 40 démocrates du Sénat devront voter en faveur de l’accord.

La Maison Blanche a vivement critiqué les opposants à l’accord, les mettant au défi de présenter des solutions alternatives.

Obama a prononcé un discours politique sur l’Iran la semaine dernière à l’Université américaine de Washington, dans lequel il a isolé Israël dans son opposition à l’accord et appelé les objections de Netanyahu à l’accord « sincères », mais « mauvaises ».

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