Odeh : Netanyahu, un « psychopathe dangereux » ciblant Arabes et Juifs de gauche
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Odeh : Netanyahu, un « psychopathe dangereux » ciblant Arabes et Juifs de gauche

L'attaque virulente du chef de la Liste arabe unie survient quelques heures après l'agression du député Ahmad Tibi par des activistes de droite lors d'un événement culturel

Le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, pendant une réunion de faction à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, pendant une réunion de faction à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Un éminent député arabe israélien a qualifié samedi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « psychopathe », l’accusant d’incitations à l’encontre de ses opposants.

« La haine et la violence de Netanyahu se propagent à la vitesse d’un feu de broussailles. Les Arabes, les Juifs de gauche, les journalistes, le système judiciaire et même les membres de son propre parti » sont attaqués au niveau idéologique, a écrit sur Twitter Ayman Odeh, dirigeant de la Liste arabe unie.

« Le Premier ministre sortant est un psychopathe dangereux qui ne connaît pas de limites. Un criminel qui se trouve le dos au mur. Quelqu’un doute-t-il encore du fait qu’il niera un mobile politique au prochain meurtre qui sera commis ? », a ajouté Odeh.

Cette réprimande a eu lieu quelques heures après que le législateur de la Liste arabe unie, Ahmad Tibi, a été accosté samedi par plusieurs douzaines d’activistes de droite lors d’un événement culturel et politique organisé à Shabbat dans la ville de Ramat Hasharon, au centre d’Israël.

Les manifestants y ont brandi des pancartes accusant Tibi d’être un « terroriste » et un « meurtrier », a fait savoir la Douzième chaîne. Un panneau disait « Tu n’es pas le bienvenu ici ! » et un autre « les soutiens des terroristes – pas dans notre ville ».

Lors de l’arrivée de Tibi, la police a dû le protéger contre les activistes qui lui ont lancé des insultes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu durant une visite sur une base militaire du plateau du Golan, surplombant le territoire syrien, le 24 novembre 2019 (Crédit : ATEF SAFADI / POOL / AFP)

La police a placé en détention deux manifestants soupçonnés d’avoir tenté de s’en prendre physiquement à Tibi lors de son entrée dans les locaux abritant l’événement.

Netanyahu et ses partisans ont, sans avancer de preuves, dépeint Tibi et les autres parlementaires arabes, ces dernières semaines, comme des soutiens des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

Alors que l’impasse politique qui paralyse une grande partie du pays depuis plus d’un an continue, Netanyahu a utilisé un langage considéré par ses critiques comme raciste pour éreinter les députés arabes, qu’il a accusés d’avoir déjoué l’opportunité de parvenir à un accord de coalition avec la formation Kakhol lavan, rivale du Likud.

Il a par ailleurs mis en garde contre la possibilité de la formation d’un gouvernement minoritaire par le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie à majorité arabe.

Au début du mois, le Premier ministre avait organisé un rassemblement au cours duquel il avait comparé un gouvernement minoritaire appuyé par la Liste arabe unie à un « attentat terroriste ». Il avait accusé les membres de la Liste arabe unie de chercher à « détruire le pays » et clamé, sans preuves, que les « dangereux » parlementaires arabes soutenaient les groupes terroristes contre lesquels Israël a lutté, ces dernières semaines.

Les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi lors d’une manifestation contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de la communauté arabe à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Tandis que certains parlementaires de la Liste arabe unie avaient condamné le meurtre ciblé du haut-commandant du groupe terroriste de l’Etat islamique, Baha Abu al-Ata, ce mois-ci, ainsi que les frappes commises par l’armée israélienne à Gaza, aucun d’entre eux n’avaient exprimé un soutien quelconque au Jihad islamique ou au ciblage des citoyens israéliens.

Tibi est un critique fervent du traitement par Israël des Palestiniens depuis des années et, en 2012, il avait accusé les soldats israéliens d’être des « assassins d’enfants ».

Les propos tenus par Netanyahu avaient entraîné les critiques de ses opposants politiques ainsi que celles du président Reuven Rivlin qui, dans une réprimande contre le Premier ministre qui sortait de l’ordinaire, avait condamné des paroles « immondes » à l’encontre d’une minorité israélienne.

Lors de l’événement de samedi, Tibi a déclaré que les « incitations » proférées par le Premier ministre avaient des conséquences.

« Si un gouvernement avait été formé avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie… un député arabe aurait été assassiné », a dit Tibi à l’assistance.

En référence aux accusations de longue haleine d’un soutien apporté par Netanyahu aux incitations à la violence contre le Premier ministre Yitzhak Rabin avant son assassinat, en 1995, Tibi a dit : « Ca a marché une fois pour Netanyahu. Nous sommes des cibles plus faciles à atteindre qu’un Premier ministre en exercice ».

Samedi également, l’ex-chef du Mossad Shabtai Shavit a dénoncé les incitations de Netanyahu, écrivant sur Twitter : « En lisant les journaux du week-end, et en tant que personnalité ayant vécu le processus qui aura entraîné comme résultat le meurtre du Premier ministre, nous ne pouvons faire autrement que de réfléchir à la possibilité qu’un Yigal Amir 2 soit parmi nous ».

Amir est l’assassin de Yitzhak Rabin. Il se trouve en prison.

Shavit avait, dans le passé, dénoncé Netanyahu et ses partisans.

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