Odeh : on préfère protéger un Premier ministre criminel qu’endiguer la violence
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Odeh : on préfère protéger un Premier ministre criminel qu’endiguer la violence

Benjamin Netanyahu avait annoncé la formation d'une commission chargée de lutter contre le phénomène en octobre

Les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi lors d'une manifestation contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de la communauté arabe à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)
Les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi lors d'une manifestation contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de la communauté arabe à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Sur fond de nouveau week-end sanglant dans les villes arabes d’Israël, minées par la violence armée depuis des années, le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a accusé samedi le gouvernement d’être responsable du regain actuel, soulignant que les députés se soucient plus de protéger le Premier ministre de ses déboires judiciaires que de protéger la vie des citoyens arabes.

Ayman Odeh a déclaré dans un communiqué qu’à la suite des protestations de masse dans la communauté, « un programme de grande ampleur pour combattre la violence » dans la communauté arabe était retardé en raison des dernières élections nationales.

Plus tôt cet automne, les Arabes israéliens ont manifesté en grands nombres contre la violence dans leurs communautés, appelant les autorités à en faire plus pour lutter contre le phénomène.

Les dirigeants arabes reprochent à la police israélienne d’ignorer les actes violents, qui comprennent querelles familiales et mafieuses, violence domestique et crimes d’honneur.

Ces dernières années, les Israéliens arabes ont été impliqués dans un plus grand nombre de fusillades que les Juifs. D’après un rapport du contrôleur de l’État publié en 2018, le taux de crimes par armes à feu était 17,5 fois plus élevé parmi les Arabes de 2014 à 2016.

Alors que plusieurs responsables politiques et militants arabes israéliens dénoncent l’inaction des forces de l’ordre israéliennes, les représentants de la sécurité affirment qu’ils peinent à gagner la confiance des membres de la communauté pour obtenir de l’aide dans les enquêtes.

En octobre dernier, Netanyahu a annoncé la formation d’une commission chargée de lutter contre le phénomène. Mais on ignore ce qu’elle a fait jusqu’à présent, le pays étant plongé dans un troisième scrutin électoral en moins d’un an.

Faisant référence au retard de la mise en place d’une réforme, Ayman Odeh estime « [qu’]il s’agit d’un gouvernement qui préfère protéger le criminel qui le dirige que les civils [menacés par] des organisations criminelles ».

Cette déclaration est survenue quelques heures après une série de violences par armes à feu dans des villes arabes.

Samedi, la maison du maire de Sakhnin, en Galilée, a été la cible de tirs. Les assaillants ont également incendié la voiture du maire Safwat Abu Raya.

Abu Raya se trouvait à l’étranger au moment des faits, qui n’ont fait aucun blessé. Deux suspects ont été interpellés, mais aucun motif n’a été avancé pour l’instant.

Le conseil municipal a organisé une réunion d’urgence samedi matin pour discuter des récentes violences à Sakhnin.

Cet incident est survenu au lendemain d’autres attaques contre des dirigeants municipaux arabes, dont une fusillade mardi au domicile du responsable du conseil local de Jadeidi-Makr local qui a blessé un agent de sécurité.

Également samedi, Juhar Abu Jabbar, âgé de 27 ans, a été abattu dans la ville de Kafr Qassem, dans le centre du pays.

La police était à la recherche d’un suspect masqué ayant fui les lieux.

Plus de 70 fusillades ont touché des communautés arabes cette année, presque autant qu’en 2018 et 2017. Alors que les Arabes représentent 20 % de la population, ils constituent plus de la moitié des victimes d’assassinats dans le pays.

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