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Opposé au thème de « l’héroïsme », le kibboutz Beeri refuse d’allumer la torche à Yom HaAtsmaout

Proche de Gaza, cette communauté qui a subi de lourdes pertes le 7 octobre estime que la cérémonie ne laisse aucune place à la "tragédie" vécue par ses membres, "abandonnés" aux terroristes

Des photos d'otages israéliens détenus dans la bande de Gaza placées sur une maison du kibboutz Beeri, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)
Des photos d'otages israéliens détenus dans la bande de Gaza placées sur une maison du kibboutz Beeri, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Le kibboutz Beeri, qui a été le théâtre des pires atrocités commises par le Hamas le 7 octobre dernier, a décliné l’offre qui lui avait été faite d’allumer une torche lors de la cérémonie de Yom HaAtsmaout, au motif que l’accent mis sur « l’héroïsme » ne reflétait pas la tragédie vécue lors de l’attaque.

Dans un communiqué publié samedi, le kibboutz a fait savoir que son équipe de sécurité locale avait été invitée à allumer l’une des 12 torches traditionnelles lors de la cérémonie qui donne le coup d’envoi des événements de la fête de l’indépendance.

Le 7 octobre, cette petite équipe de sécurité civile a dû se débrouiller seule pendant des heures, sans l’aide de l’armée, face à un très grand nombre de terroristes qui se sont déchaînés dans les maisons, massacrant ceux qu’ils y trouvaient. Plus de 100 personnes ont été tuées dans le kibboutz – soit plus de 10 % de sa population – et d’autres ont été kidnappées et emmenées à Gaza. Par ailleurs, des dizaines de maisons ont été incendiées.

Dans cette déclaration, le kibboutz explique que les rescapés de l’équipe de sécurité ont été informés, il y a de cela quelques semaines, de leur sélection pour représenter la communauté lors de la cérémonie d’allumage de la torche.

L’équipe, peut-on lire, « est honorée d’avoir été choisie pour les besoins d’une cérémonie officielle en mémoire à ses membres morts au combat ainsi qu’aux membres de la communauté assassinés ou kidnappés chez
eux ».

Mais – dans une pique destinée aux organisateurs -, elle ajoute : « Il est désormais patent que, cette année, la cérémonie de la flamme portera uniquement sur l’héroïsme, sans aucune allusion à la tragédie ou aux négligences qui ont conduit à ce que, de très longues heures durant, les communautés proches de Gaza soient abandonnées à leur triste sort par les autorités. »

Des maisons résidentielles, gravement endommagées lors de l’assaut du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre, bordent une rue dans le quartier des Oliviers du kibboutz Beeri, le 1er janvier 2024. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

« La tragédie n’est pas derrière nous – que ce soit en tant qu’Etat ou en tant que communauté – nous avons perdu 100 membres du kibboutz et 11 de nos membres sont toujours aux mains du Hamas, sur un total de 133 otages » détenus à Gaza, a relevé le kibboutz.

Dans sa propre déclaration, l’équipe de sécurité a indiqué que la cérémonie d’allumage de la torche ne donnerait pas « une image fidèle de la grave tragédie qui s’est abattue sur nous, les résidents ». Au contraire, a déclaré l’équipe, la cérémonie ne parle que de « l’héroïsme » des forces de sécurité arrivées bien plus tard dans la journée.

« Nous pensons que ce format n’est ni respectueux ni approprié et c’est pourquoi nous avons conjointement décidé de ne pas prendre part à la cérémonie », a déclaré l’équipe, en rendant hommage au soutien témoigné par la direction du kibboutz quant à sa position.

« Nous pensons que les événements du 7 octobre sont d’abord et avant tout la tragédie de communautés abandonnées à leur triste sort, et nous n’accepterons pas de prendre part à des événements qui ne leur donneraient pas la place requise », indique le communiqué.

C’est la deuxième fois cette année que des personnes pressenties pour l’allumage d’une torche lors de la cérémonie déclinent l’honneur qui leur est fait.

Le mois dernier, c’est l’artiste et soldat blessé Idan Amedi qui a décliné l’offre d’allumer une torche cérémonielle, affirmant que d’autres le méritaient bien davantage en raison de leur héroïsme depuis le 7 octobre.

Idan Amedi, chanteur-compositeur, acteur et réserviste israélien qui a été grièvement blessé lors de la guerre à Gaza lors d’une conférence de presse à l’hôpital Sheba, à Ramat Gan, le 25 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Chanteur, acteur, mais aussi réserviste, Amedi a été grièvement brûlé par une explosion, le 8 janvier dernier, en se battant en tant que commandant de réserve du Corps du génie de combat à Gaza. Six soldats ont été tués dans l’accident manifestement causé par les soldats eux-mêmes.

Amedi a expliqué avoir été contacté et s’être vu proposer d’allumer une torche à l’occasion de la cérémonie, sous la bannière de « l’héroïsme israélien », mais avoir décliné l’offre.

« Il n’y a pas de plus grand honneur mais hélas, je ne peux pas l’accepter cette année », a-t-il écrit sur Instagram. « Tant de héros se sont illustrés lors de ce Shabbat de triste mémoire. J’en ai côtoyé certains, par le passé, ou même lors de cette guerre. »

« Cette année, je resterai chez moi et je communierai avec leur mémoire, comme beaucoup d’autres en Israël », a-t-il écrit. « J’espère qu’à l’avenir, j’aurai l’honneur d’allumer le flambeau, grâce à ce que j’aurai écrit et non par héroïsme en temps de guerre. »

C’est un comité qui choisit les 12 personnes méritant des honneurs et auxquelles sont proposé d’allumer les flambeaux lors de la cérémonie au mont Herzl qui marque le passage de Yom Hazikaron à Yom HaAtsmaout, qui aura lieu cette année le 13 mai prochain.

La cérémonie compte habituellement des discours, des défilés militaires, des spectacles musicaux et des feux d’artifice, le tout devant un parterre de milliers de personnes réunies au mont Herzl, à Jérusalem.

La cérémonie de cette année, pour le 76e anniversaire de l’indépendance d’Israël, se déroulera dans des conditions spéciales : la cérémonie sera préenregistré et non diffusée en direct, sans feux d’artifice ni public. L’allumage des flambeaux sera filmé en amont au sein des communautés et des bases militaires de la zone frontalière de Gaza qui ont subi les plus grandes pertes le 7 octobre 2023.

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