Oren et Le Gal se querellent sur la réaction de Macron à l’attaque de Pittsburgh
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Oren et Le Gal se querellent sur la réaction de Macron à l’attaque de Pittsburgh

Le vice-ministre accuse le président français de ne pas avoir reconnu le caractère antisémite de la fusillade dans la synagogue, alors que Macron l'avait effectivement dénoncé

Michael Oren, député de Koulanou, à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Michael Oren, député de Koulanou, à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le vice-ministre Michael Oren s’est opposé dimanche à l’ambassadrice française en Israël Hélène Le Gal après qu’il a accusé le président Emmanuel Macron d’avoir « refusé de mentionner l’antisémitisme ou les Juifs » lors de sa condamnation de l’attaque à l’arme à feu meurtrière perpétrée samedi dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Le tweet d’Oren condamnant Macron a été publié à 11h07 du matin – heure israélienne – dimanche, douze heures très exactement après que le président français a tweeté le message suivant : « Je condamne cet acte horrible d’antisémitisme à Pittsburgh ».

Cette accusation erronée a fait réagir l’ambassadrice française Le Gal, qui a jugé le commentaire d’Oren inapproprié. « Même un jour comme aujourd’hui, alors que nous pleurons, vous trouvez le temps d’attaquer le président Macron pour la tragédie de Pittsburgh », a-t-elle écrit.

Le président français avait suscité la colère du vice-ministre avec un tweet initial posté à 21 heures 07, samedi, qui disait en français : « Tristesse et pensées pour celles et ceux qui sont tombés à Pittsburgh lors de la fusillade. Nous sommes avec le peuple américain, une nouvelle fois endeuillé ».

La matinée suivante, Oren avait critiqué Macron, écrivant sur Twitter que « le président de la France Macron, leader d’un pays en proie à des violences antisémites qui ont coûté la vie à de nombreux Juifs, condamne le massacre de Pittsburgh mais refuse de mentionner l’antisémitisme ou les Juifs. Il envoie ainsi un nouveau message qui enhardit les antisémites français ».

A 11h23 dimanche – 16 minutes seulement après la plainte d’Oren – Le Gal a répondu en soulignant un deuxième tweet envoyé samedi soir par Macron, qui a fait explicitement référence au caractère antisémite de la fusillade dans la synagogue.

Le deuxième tweet de Macron, posté à 23h11 samedi, plus de deux heures après le premier, disait en anglais : « Je condamne avec force cet acte d’antisémitisme horrible à Pittsburgh. Toutes mes pensées sont avec les victimes et toute ma sympathie à ceux qu’ils aimaient ».

Dans son tweet, Macron a inclus un lien avec un post publié par le président américain Donald Trump qui annonçait « une fusillade horrible qui a ciblé et tué des Juifs américains à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, en Pennsylvanie ».

Cet échange n’est pas le premier où Oren et Le Gal s’opposent.

Le 2 juin, Oren avait critiqué la France qui avait soutenu une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée aux violences frontalières à Gaza. Il avait dit que Paris était hypocrite dans son soutien apporté à une « résolution antisémite ».

Les propos d’Oren – qui avaient là aussi été tenus sur Twitter – avaient suscité l’indignation de Le Gal, qui avait accusé Oren de ne pas avoir lu la résolution et d’avoir « insulté la France ».

Le 1er juin, les Etats-Unis avaient opposé leur veto à la résolution qui avait été élaborée par le Koweït et qui était soutenue par les pays arabes, qui réclamait des mesures de protection contre les Palestiniens et qui avait remporté l’appui de dix pays au Conseil de Sécurité. Une résolution américaine qui condamnait le groupe terroriste palestinien du Hamas pour les violences avait également été mise en échec.

Après les votes, Oren avait tweeté : « Merci aux Etats-Unis pour s’être opposés à la résolution du Conseil de sécurité sur Gaza qui ne mentionnait pas le Hamas et qui condamnait l’armée israélienne, coupable de défendre Israël ».

Il ajoutait : « Honte à la France pour l’avoir soutenue. Le gouvernement français ne peut pas dire qu’il s’oppose à l’antisémitisme et voter pour cette résolution antisémite ».

Sa critique n’avait pas été bien accueillie par Le Gal.

« Honte à vous, M. Oren, pour insulter la France à la veille de la visite de votre Premier ministre à Paris », avait-elle écrit, ajoutant : « Vous n’avez pas lu la résolution. Elle n’est pas parfaite mais elle a condamné toutes les violences contre Israël. La France soutient avec ferveur la sécurité d’Israël ».

Lors de ce vote aux Nations unies, la France, la Chine et la Russie avaient voté en faveur de la résolution avancée par le Koweït au nom des pays arabes. Quatre pays, l’Ethiopie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Pologne s’étaient abstenus.

L’ambassadrice Nikki Haley avait déclaré au Conseil de sécurité que la mesure était « largement inexacte dans sa caractérisation des événements récents à Gaza » en condamnant Israël pour les violences. Le texte appelait des « mesures permettant de garantir la sécurité et la protection » des civils palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, et demandait un rapport de l’ONU permettant de proposer un « mécanisme international de protection ».

Les Etats-Unis, pour leur part, avaient présenté leur propre texte au Conseil : Une proposition condamnant le Hamas pour son rôle dans l’escalade des violences à Gaza. Les Etats-Unis avaient été le seul pays à voter pour ce projet de texte au Conseil de sécurité. Onze pays s’étaient abstenus tandis que la Bolivie, le Koweït et la Russie s’y étaient opposés.

L’AFP a contribué à cet article.

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