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Orly Adas écarte les accusations de fraude de Netanyahu pour les villes arabes

La cheffe de la Commission centrale électorale a évoqué des incidents mineurs et affirmé que le vote s'était passé sans encombre

Photo d'illustration : Les Israéliens votent aux élections générales dans un bureau de Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Photo d'illustration : Les Israéliens votent aux élections générales dans un bureau de Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La responsable de la commission centrale électorale a fait savoir, mercredi matin, que le scrutin s’était déroulé sans encombre, répondant à Benjamin Netanyahu, à la tête du Likud, qui avait lancé des accusations de votes « falsifiés » sans apporter par ailleurs aucune preuve.

Orly Adas, directrice-générale de la Commission centrale électorale, a noté qu’il y avait eu de petites irrégularités isolées et mineures dans certains des 12 000 bureaux de vote installés dans tout le pays, alors que les Israéliens sont retournés aux urnes pour la cinquième fois en moins de quatre ans.

« Il y a eu un certain nombre d’incidents pendant les élections mais ils n’ont pas été dramatiques et ils ont été pris en charge », a-t-elle commenté.

« Dans l’ensemble, la journée s’est très bien passée pour nous », a-t-elle ajouté au micro de la radio militaire.

Netanyahu et son parti du Likud ont prétendu de manière répétée qu’il y avait eu des irrégularités dans certains bureaux de vote des communautés arabes, sans apporter d’élément permettant de soutenir cette accusation.

« Le Likud met en garde une initiative à grande échelle visant à falsifier de manière importante les résultats des élections », a indiqué la formation dans un communiqué, mardi, après la fermeture des urnes. Il a soutenu que les observateurs envoyés dans les bureaux par les factions de droite avaient essuyé des violences et des menaces et que les sondages de sortie des urnes montraient que « les résultats des élections dépendent des résultats de Balad ».

Le parti arabe Balad flirte avec le seuil électoral. Si il parvient à y entrer, il pourrait modifier les résultats et réduire l’écart entre les blocs pro-Netanyahu et anti-Netanyahu.

Netanyahu a encore répété cette accusation infondée d’irrégularités dans certains bureaux de vote des communautés arabes, affirmant qu’il attendait « le décompte réel, pas ce décompte falsifié que quelqu’un tente actuellement de subvertir en utilisant des violences ou des intimidations ».

Ahmad Tibi, chef du parti (Taal , dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote de la ville majoritairement arabe de Taybeh, dans le centre d’Israël, lors des élections nationales du 1er novembre 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

La commission centrale électorale a annoncé, en réponse, qu’il n’y avait aucune preuve d’irrégularités dans les bureaux de vote des communautés arabes.

« Dans la mesure où le décompte des votes n’a fait que commencer, il n’y a aucune justification à ces rumeurs infondées de ‘falsifications’ présumées dans une communauté ou dans une autre », a souligné la commission.

Une accusation qui a été aussi rejetée par la police, qui a fait savoir qu’aucun élément ne venait la soutenir.

Netanyahu a toutefois fait à nouveau allusion à ces affirmations pendant un discours qui a été prononcé devant ses partisans mercredi matin, réclamant « un décompte total des votes parce que c’est ce qui est à la base de la démocratie ».

Les sondages de sortie des urnes, mardi soir, ont indiqué qu’il manquerait probablement à Balad plusieurs milliers de voix pour franchir le seuil de représentation électorale nécessaire pour entrer à la Knesset, qui est de 3,25%. Deux autres partis arabes, Hadash-Taal et Raam, devraient réintégrer le Parlement avec quatre ou cinq sièges pour chacun d’entre eux.

Le leader du Likud Benjamin Netanyahu s’adresse à ses partisans au siège de campagne du parti à Jérusalem à côté de sa femme Sara, le 2 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

L’accusation de fraude dans l’électorat arabe est fréquente de la part du chef du Likud. En 2019, son initiative visant à installer des caméras dans les bureaux de vote avait largement été considérée comme une tentative dont l’objectif était de décourager la participation électorale chez les Arabes israéliens.

Il y a eu un certain nombre d’informations portant sur des incidents dans plusieurs secteurs pendant toute la journée – avec des exemples de violences dans des bureaux de vote à Carmiel, Rehovot, Taibe et dans la région des Krayot.

A Yarka, la police était stationnée devant les bureaux de vote et les employés des bureaux affiliés à un parti politique ont été remplacés par des officiels sans aucun lien partisan après qu’une information a fait état du vol d’enveloppes vides.

A Beit Shemesh, un bureau a été fermé et transféré à un autre endroit après que des extrémistes l’ont aspergé d’un liquide nauséabond, apparemment pour décourager les électeurs d’entrer.

Vers la fin du vote, le président de la Commission centrale électorale, Yitzhak Amit, a décidé que tous les bulletins présentant des petites déchirures, sales ou ayant été gribouillés à la main devraient être pris en compte dans le décompte suite à des plaintes variées portant sur des bulletins endommagés.

Photo d’illustration – Un bureau de vote à Kiryat Arba, le 1er novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Tous les bulletins seront pris en compte dans les résultats à moins qu’il soit impossible de les considérer comme valides, a-t-il écrit.

Mercredi à 5 heures du matin, environ 10 000 votes sur les 1,6 million de bulletins décomptés jusqu’à présent avaient été disqualifiés pour des raisons variées, selon les chiffres officiels.

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