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Pandémie et antisémitisme : une enquête de la série « La fabrique du mensonge »

L'épisode "Les nouveaux habits des antisémites" de la série de France 5 analyse les nouvelles formes de l'antisémitisme et la résurgence du phénomène pendant la crise sanitaire

Diffusé ce dimanche soir sur France 5 et désormais disponible en replay, le nouvel épisode, « Les nouveaux habits des antisémites », de l’émission « La Fabrique du mensonge », analyse les nouvelles formes de l’antisémitisme et la résurgence du phénomène en France pendant la crise sanitaire.

Elsa Guiol et Étienne Mélou, réalisateurs de l’enquête, expliquent ainsi comment la pandémie de coronavirus a ravivé d’anciennes théories antisémites et interrogent différents témoins.

Exemple de cet antisémitisme qui s’est banalisé au sein de la société française ces derniers mois : la large utilisation du slogan « mais qui ? », apparu dans les rues du pays au milieu de l’été 2021.

« Cette interrogation faussement innocente est devenue une formule pour désigner ceux que les antisémites voient comme ‘des élites juives qui tenteraient de contrôler et dominer les peuples’ », indique le résumé du documentaire. « Elle est le résultat de quinze mois de désinformation et de réapparition des vieux mythes. »

« Dans des périodes de crise, il faut toujours trouver un bouc émissaire et cette théorie du complot juif, c’est la théorie du bouc émissaire ultime », a observé Etienne Mélou sur Europe 1.

« Effectivement, dès le début du confinement, on a vu des théories ressurgir parce qu’on faisait face à un événement exceptionnel auquel on n’avait pas de réponse. Dans la tête des gens qui sont enclins à croire aux théories complotistes, c’était facile de tomber sur ce type de théorie et les propager à leur tour », a poursuivi Elsa Guiol.

Le documentaire s’intéresse également à une application qui a vivement contribué à la propagation de ces théories antisémites sur les réseaux sociaux et parmi les jeunes : TikTok.

La plateforme a en effet permis la large diffusion de blagues antisémites, de détournements d’images et de mises en scène.

Les réalisateurs expliquent ainsi que, si depuis longtemps « des membres de la fachosphère comme Alain Soral et Dieudonné » sont actifs, « dans leur sillage sont apparues des figures de plus en plus connues sur les réseaux sociaux qui sont les influenceurs de la ‘santé alternative’ ». « Il y a aussi des gens qui, au fil des mois de la pandémie, se sont mis à partager des théories antisémites sans même s’en rendre compte. Pour les personnes dans les manifestations qui ont porté des étoiles jaunes, cela n’avait rien d’antisémite. C’est là où est le danger », a affirmé Elsa Guiol.

Une étoile jaune portée par un militant anti-vaccins lors d’un rassemblement à Paris, le 17 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Michel Euler, File)

« Ces acteurs antisémites ont également investi de nouvelles plateformes comme TikTok pour réactiver leurs vieux mythes antisémites et toucher un nouveau public qui n’avait jamais été exposé », a abondé Etienne Mélou.

Dans de précédents épisodes, l’émission « La Fabrique du mensonge » s’était notamment intéressée à « l’ombre russe » sur la précédente élection présidentielle française, aux mensonges liés au Brexit, à Donald Trump, « pirate de la démocratie », aux terroristes présents sur les réseaux sociaux, ou encore aux « fake news », nouvelles armes utilisées en politique.

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