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Paris et Berlin mettent en garde contre une catastrophe humanitaire à Rafah

En Israël, la cheffe de la diplomatie allemande a fait par des ses craintes concernant les Palestiniens refugiés dans le sud de l'enclave ; Macron a exprimé son opposition à "tout déplacement forcé de populations"

Des Palestiniens déplacés se tenant devant leurs tentes, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)
Des Palestiniens déplacés se tenant devant leurs tentes, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

L’Allemagne et la France ont exprimé mercredi leur opposition à l’offensive israélienne prévue sur Rafah, la ville la plus au sud de Gaza, où plus de la moitié de la population de l’enclave a trouvé refuge, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est engagé à poursuivre l’offensive dans le cadre de la guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Jérusalem, la ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock, a déclaré : « Un million trois cent mille personnes attendent là, dans un espace très restreint. Si l’armée israélienne devait lancer une offensive sur Rafah dans ces conditions, ce serait une catastrophe humanitaire ».

« Des centaines de milliers de personnes ont cherché refuge à Rafah sur ordre d’Israël, ces personnes doivent pouvoir continuer à y trouver une protection », avait  déclaré mardi la ministre des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse avec son homologue de l’Autorité palestinienne Riyad al-Maliki à Berlin.

« Le point le plus important est d’éviter l’offensive contre Rafah et que Rafah ne soit pas détruite », a estimé ce dernier.

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock lors d’une conférence de presse à Jérusalem, lors de sa visite de deux jours, le 14 février 2024. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

« Mais au cas où nous n’y parviendrions pas ou qu’Israël insiste, il est alors d’autant plus important de protéger les personnes » qui y sont massées, a-t-il ajouté.

Mme Baerbock a réaffirmé la position de l’Allemagne en faveur d’une solution à deux Etats. « La souffrance du peuple israélien ne peut prendre fin que si la souffrance des Palestiniens prend fin », a-t-elle déclaré.

« Ce conflit ne se résoudra pas seulement militairement », a-t-elle insisté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a récemment ordonné à son armée de préparer une offensive sur cette ville et réitéré sa détermination à poursuivre « la pression militaire jusqu’à la victoire complète », une perspective qui inquiète au plus haut point la communauté internationale.

Le président français Emmanuel Macron a exhorté mercredi Netanyahu à mettre fin aux opérations militaires à Gaza et à avoir le « courage » d’offrir à son pays un « avenir de paix ».

Lors d’un entretien téléphonique avec le chef du gouvernement israélien, le dirigeant français a souligné que les opérations israéliennes à Gaza « devaient cesser » car « le bilan humain et la situation humanitaire » sont « intolérables », a rapporté l’Elysée.

Emmanuel Macron a également « exprimé l’opposition ferme de la France à une offensive israélienne à Rafah, qui ne pourrait qu’aboutir à un désastre humanitaire d’une nouvelle magnitude, comme à tout déplacement forcé de populations, qui constitueraient des violations du droit international humanitaire et feraient peser un risque supplémentaire d’escalade régionale ».

Les dirigeants israéliens ont déclaré que l’objectif de démanteler le Hamas ne peut être atteint sans débarrasser Rafah des terroristes et sans détruire les tunnels de contrebande présumés qui passent sous la frontière avec l’Égypte.

« Nous nous battrons jusqu’à la victoire complète et cela inclut une action puissante à Rafah également, après avoir permis à la population civile de quitter les zones de combat », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué en hébreu sur Telegram.

Alors que la communauté internationale s’inquiète de plus en plus du projet de l’armée israélienne de pénétrer dans la ville de Rafah, à l’extrême sud de la bande de Gaza, Israël a élaboré un plan d’évacuation pour les civils le long de la côte, selon un article publié mardi.

Selon le Wall Street Journal, le plan prévoit 15 sites contenant chacun 25 000 tentes à travers la bande de Gaza, depuis la limite sud de la ville de Gaza jusqu’à la zone d’al-Mawasi, au nord de Rafah.

Des Palestiniens déplacés par l’incursion terrestre israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza installant un camp de tentes dans la zone d’al-Mawasi, le 7 décembre 2023. (Crédit : Fatima Shbair/AP Photo)

Emmanuel Macron a insisté sur « l’extrême urgence qu’il y avait à conclure, sans plus de délai, un accord sur un cessez-le-feu qui garantisse enfin la protection de tous les civils et l’entrée massive de l’aide d’urgence. »

Il a rappelé que la « libération de tous les otages, dont nos trois compatriotes, était une priorité absolue pour la France », alors que des pourparlers se poursuivent en ce sens et en faveur d’une trêve.

Le chef de l’Etat français a qualifié d' »injustifiable » l’accès humanitaire insuffisant selon lui à une « population en situation d’urgence humanitaire absolue » et jugé « impératif d’ouvrir le port d’Ashdod, une voie terrestre directe depuis la Jordanie » ainsi que « tous les points de passage » afin d’acheminer de l’aide.

Le président français a aussi réitéré la « condamnation » française « de la politique de colonisation israélienne et appelé au démantèlement des avant-postes », appelant « à éviter toute mesure susceptible de conduire à une escalade incontrôlée à Jérusalem et en Cisjordanie ».

Il a par ailleurs exhorté « le Premier ministre et tous les responsables israéliens à avoir le courage d’offrir à leurs concitoyens un avenir de paix », que « seule la solution des deux États », et donc la « création d’un État palestinien », peut à ses yeux permettre.

Le gouvernement israélien refuse de discuter d’une « solution à deux Etats » et M. Netanyahu a réaffirmé à plusieurs reprises son opposition à une « souveraineté palestinienne ».

Emmanuel Macron a souligné une nouvelle fois « l’importance d’éviter un embrasement dans la région, particulièrement au Liban et en mer Rouge », où la situation est extrêmement tendue.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Pour les Palestiniens, Rafah, à l’extrémité sud de la bande de Gaza, a servi de ville de refuge pendant l’offensive israélienne. Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé dirigé par les terroristes du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 10 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

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