Paris : la situation turque “ne permet pas” la “poursuite des discussions” avec l’UE
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Paris : la situation turque “ne permet pas” la “poursuite des discussions” avec l’UE

“Il faut poursuivre le dialogue” mais “la négociation, de toutes façons, elle est suspendue, elle n'existe plus aujourd'hui. C'est ça la réalité”, a déclaré le porte-parole du gouvernement français

Christophe Castaner, ministre français des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, à l'Elysée, le 24 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Christophe Castaner, ministre français des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, à l'Elysée, le 24 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

La « situation politique de la Turquie » ne « permet pas d’envisager » une « poursuite de discussions » pour son adhésion à l’Union européenne, a estimé mardi le porte-parole du gouvernement français Christophe Castaner.

« Il faut poursuivre le dialogue » mais « la négociation, de toutes façons, elle est suspendue, elle n’existe plus aujourd’hui. C’est ça la réalité », a déclaré Castaner sur la radio France Inter, deux jours après qu’Angela Merkel, en campagne électorale en Allemagne, eut annoncé être favorable à un arrêt des négociations d’adhésion d’Ankara.

Ces déclarations de la chancelière allemande ont suscité la colère des autorités turques qui les ont qualifiées « d’attaque aux valeurs fondatrices de l’Union européenne ».

Le porte-parole du gouvernement français a évoqué « un gâchis politique. Ces dix dernières années, on a utilisé la Turquie comme un bouc émissaire pour justifier des positions politiques en France. On agitait la Turquie pour faire peur, alors que la réalité est que la Turquie fait partie de notre histoire commune ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, au centre, pendant un rassemblement au siège de son parti, à Istanbul, suite à l'annonce des résultats du référendum du 16 avril 2017. (Crédit : Bulent Kilic/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, au centre, pendant un rassemblement au siège de son parti, à Istanbul, suite à l’annonce des résultats du référendum du 16 avril 2017. (Crédit : Bulent Kilic/AFP)

« Mais une chose est sûre: la situation politique de la Turquie aujourd’hui ne permet pas d’envisager, sur les bases dans lesquelles nous sommes, une poursuite de discussion, une poursuite d’échanges et une espérance de renforcement d’intégration avec la Turquie. Moi je le regrette », a ajouté Castaner.

Entamées en 2005, les laborieuses négociations entre l’UE et la Turquie sont au point mort en raison de l’évolution de la situation politique dans ce pays, où le pouvoir est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire.

Avant son élection, Emmanuel Macron avait averti qu’il n’y aurait « pas d’avancées » dans les discussions d’intégration d’Ankara à l’UE, expliquant vouloir aider « les démocrates » dans ce pays marqué par « une dérive du régime, une dérive autoritaire, une sortie du cours de l’histoire de la Turquie. »

« Je suis aussi celui qui est obligé de parler avec Erdogan toutes les semaines, vous savez », a par ailleurs récemment déclaré le président français, un propos dans lequel le président turc n’a vu « rien de négatif ».

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